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Rendements obligataires et marchés actions : les raisons de la récente hausse

Rendements obligataires et marchés actions : les raisons de  
la récente hausse  
Ces dernières semaines, les marchés actions ont affiché de solides performances. Aux États-Unis en particulier, il est difficile d’y voir une  
amélioration des anticipations de bénéfices ou la perspective de baisses du taux officiel supérieures aux anticipations. L’évolution des  
marchés actions serait, alors, principalement due au repli de la prime de risque demandée Les rendements des Treasuries ont aussi  
bondi, ce qui serait largement imputable à l’augmentation de la prime de terme. La diminution de la prime de risque actions et la hausse de  
la prime de terme obligataire ont la même origine : la réduction du risque de perte économique extrême (tail risk), suite aux progrès des  
négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine et à la stabilisation de certaines données d’enquête ■La moindre probabilité  
d’évolutions économiques très négatives a dopé les marchés actions et réduit l’attrait des obligations comme couverture face au risque  
inhérent aux actions. Résultat : les rendements obligataires ont évolué à la hausse en synchronie avec les marchés actions.  
Les marchés actions américains ont affiché des performances  
particulièrement robustes ces dernières semaines (graphique 1), un constat  
qui vaut également pour leurs homologues européens. Plusieurs facteurs  
peuvent l’expliquer : une amélioration de la croissance bénéficiaire attendue,  
une révision à la baisse des perspectives de taux d’intérêt ou un repli de la  
prime de risque demandée par les investisseurs.  
Concernant les États-Unis en particulier, la première explication ne joue  
probablement pas un rôle significatif, étant donné que, ces derniers mois, les  
révisions nettes des prévisions de résultats ont été de plus en plus négatives  
TAUX D'INTÉRÊT AMÉRICAIN À 10 ANS & SP 500  
Rendement du bon du Trésor américain à 10 ans, %  
3
,0  
,8  
3 200  
3 100  
3 000  
2 900  
2 800  
2 700  
2 600  
2 500  
2 400  
Indice SP 500 (é.d.)  
2
2,6  
2,4  
2,2  
2,0  
1,8  
(
graphique 2). De plus, les analystes s’attendent à un léger recul du bénéfice  
par action l’année prochaine (graphique 3). S’agissant des perspectives de  
taux d’intérêt, le message récent du FOMC, repris par le président de la  
Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, dans son discours devant la  
Commission économique conjointe du Congrès, est qu’il faudra une  
modification significative des perspectives pour qu’un changement du taux  
des fonds fédéraux intervienne. Cela n’a pas empêché la remontée récente  
des rendements des Treasuries, comme le montre le graphique 1.  
1,6  
1,4  
01/2019  
Graphique 1  
04/2019  
07/2019  
10/2019  
Sources : Datastream, BNP Paribas  
La Réserve fédérale décompose dans ses calculs les rendements des  
Treasuries en deux parties : le rendement neutre en termes de risque, ou « risk-neutral yield » (qui reflète les anticipations de trajectoire future des  
rendements des Treasuries à court terme), et la prime de terme (qui récompense les investisseurs en obligations à longue échéance pour le risque  
que la trajectoire future des taux courts diffère des attentes).  
.
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Revue des marchés  
Baromètre  
Scénario économique  
2
Ecoweek 19-42 // 15 novembre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Comme le montre le graphique 4, la hausse des rendements des Treasuries est presque exclusivement due à une augmentation de la prime de terme,  
1
désormais moins négative . En Europe, les rendements du Bund ont suivi, dans une large mesure, les mouvements des rendements des Treasuries  
(
graphique 5) et, compte tenu du choix de la BCE d’une forward guidance liée à l’état de l’économie, cela devrait refléter aussi une hausse de la prime  
de terme. Autrement dit, la très forte corrélation entre les marchés d’actions et d’obligations, ces dernières semaines (graphique 1), s’explique par une  
baisse de la prime de risque actions et une hausse de la prime de terme obligataire. La première est très probablement due aux nouvelles relatives  
aux négociations commerciales sino-américaines et à la stabilisation des enquêtes de conjoncture. Ces deux évolutions signifieraient, en effet, une  
diminution de la probabilité de développements économiques très défavorables. Cela a pour effet de réduire l’attrait des obligations d’État comme  
couverture face au risque de perte extrême pour des investisseurs qui optent principalement pour les actions : avec la diminution du risque présumé  
de perte extrême, on assiste à une baisse de la demande de couverture et, par conséquent, de la demande d’obligations d’État. Les rendements  
obligataires sont ainsi poussés à la hausse, ce qui, en raison d’anticipations inchangées concernant la politique monétaire, entraîne une augmentation  
de la prime de terme.  
1 Dans le graphique 4, le rendement ajusté représente le rendement estimé sur la base d’un modèle statistique. La différence avec le rendement observé est très faible. Le modèle sert à  
décomposer le rendement obligataire en un rendement à risque neutre et une prime de terme  
William De Vijlder  
RÉVISIONS DES BÉNÉFICES PAR ACTION DES ENTREPRISES US  
CROISSANCE DES BÉNÉFICES PAR ACTION DES ENTREPRISES US  
MSCI US, bénéfices /action dans 12 mois : révisions (positives -  
négatives) par rapport au mois dernier (nombre d'entreprises)  
MSCI US, bénéfices par action (pondérés), dans 12 mois, g.a. %  
30  
4
3
2
1
00  
00  
00  
00  
0
25  
20  
15  
10  
5
0
-
-
-
100  
200  
300  
-5  
2016  
2017  
2018  
2019  
2016  
2017  
2018  
2019  
Graphique 2  
Source : IBES, Datastream, BNP Paribas  
Graphique 3  
Source : IBES, Datastream, BNP Paribas  
DÉCOMPOSITION DU TAUX AMÉRICAIN À 10 ANS  
TAUX D'INTÉRÊT À 10 ANS : ÉTATS-UNIS VS ALLEMAGNE  
Rendement du bon du Trésor américain à 10 ans, %  
Rendement du Bund allemand à 10 ans, %  
Ecart de taux à 10 ans, % : Etats-Unis - Allemagne  
Prime de terme  
Taux à risque neutre  
Taux estimé  
3
3
2
2
1
1
0
0
,5  
,0  
,5  
,0  
,5  
,0  
,5  
,0  
3
2
2
1
1
0
0
,0  
,5  
,0  
,5  
,0  
,5  
,0  
-0,5  
-1,0  
-1,5  
-
0,5  
1,0  
-
0
1/2019  
04/2019  
07/2019  
10/2019  
0
1/2019  
04/2019  
07/2019  
10/2019  
Source : Bloomberg, BNP Paribas  
Graphique 4  
Graphique 5  
Source : Bloomberg, BNP Paribas  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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