Perspectives

Retour à la normale

e
economic-research.bnpparibas.com  
Eco Perspectives // 4 trimestre 2021  
2
4
SUÈDE  
RETOUR À LA NORMALE  
D’abord tenté par l’expérience d’une immunité collective contre la Covid-19, le plus endeuillé des pays scandinaves  
s’est largement converti au vaccin et se dirige vers un retour à la normale. La Suède tire profit de sa spécialisation dans  
les machines et matériels de transport, pour lesquels la demande mondiale est aujourd’hui forte. Ses exportations sont  
dynamiques, et entrainent avec elles l’investissement des entreprises. Alors que la Risksbank s’apprête à mettre fin  
à sa politique de rachats d’actifs, le gouvernement suédois évite de retirer trop brusquement son soutien budgétaire.  
Alors que la campagne de vaccination contre la Covid-19 avance (64%  
de la population était complétement couverte au moment d’écrire ces  
lignes) l’économie suédoise se redresse. Le taux de croissance du PIB  
devrait largement dépasser 4% en 2021, de quoi effacer les pertes liées  
à la pandémie dès l‘été ; il atteindrait encore 3,3% en 2022, selon la  
Commission européenne.  
CROISSANCE ET INFLATION (%)  
Croissance du PIB  
Inflation  
Prévisions  
Prévisions  
5.0  
.0  
4.4  
4
3.3  
2.3  
RETOUR DE LA CROISSANCE, REBOND DE L’INFLATION  
3.0  
2.0  
1.0  
0.0  
-1.0  
1
.8  
1
.6  
Grâce à sa spécialisation dans les machines et matériels de transport,  
secteur actuellement très sollicité par la reprise mondiale, la Suède  
connait une performance remarquable de son commerce extérieur.  
Bien que par à-coups (imputables aux différentes vague épidémiques),  
les exportations se redressent, beaucoup plus vite par exemple qu’en  
Finlande ou au Danemark. Mi-2021, elles dépassaient leur niveau  
pré-pandémique.  
1.1  
0
.7  
-2.0  
-3.0  
-4.0  
-2.9  
Les ventes à l’étranger tirent les achats d’équipements des entreprises.  
Les dernières statistiques de commandes à l’industrie (en hausse de  
2020  
2021  
2022  
2023  
2020  
2021  
2022  
2023  
GRAPHIQUE 1  
SOURCES : COMMISSION EUROPÉENNE, BNP PARIBAS  
1
0,8% sur un an en juillet) ont ainsi confirmé la bonne tendance de  
l’investissement, qui devrait croître d’au moins 5% en moyenne sur  
l’année 2021.  
La politique budgétaire a, elle aussi, joué un rôle essentiel pour contrer  
Après une longue période d’épargne forcée, les Suédois retrouvent le les effets dépressifs de l’épidémie (16 points de PIB injectés en 2020,  
chemin de la dépense. Jusqu’à l’été 2021, leur consommation s’est sous forme de transferts directs ou prêts garantis). Soucieux de ne  
inscrite sur une pente à 4%, rythme qui devrait s’être maintenu cet pas retirer trop tôt son soutien, le gouvernement s’est engagé pour  
automne. Malgré la propagation du variant « Delta » du coronavirus, 2022 dans un ambitieux programme de transition énergétique, en  
l’indice de confiance des consommateurs demeure à un niveau très partie couvert par les fonds européens du plan Next Generation EU  
élevé en août. Les perspectives restent favorables puisque la Commis- (à hauteur de SEK 34 mds). Il tient aussi à contenir le chômage qui, à  
sion européenne table sur une hausse de la consommation privée de 9,4% de la population active (moyenne de 2021), reste élevé en Suède,  
5
,5% en 2022  
notamment chez les jeunes.  
Après une brève incursion en territoire négatif durant le printemps En dépit de la sévérité de la crise et des efforts consentis pour la  
2
2
020, la course des prix a retrouvé une orientation haussière. En août contrer, la situation des finances publiques est restée solide. En 2021,  
021, l’inflation s’est établie à 2,5%, en grande partie du fait des prix la dette plafonne à 41% du PIB (selon les estimations de la Commission  
de l’énergie (en hausse de 15% sur un an) et de l’alimentation. Hors européenne), un ratio qui devrait reculer dès 2022 au bénéfice du  
ces deux composantes, l’inflation dite « sous-jacente » a été mesurée retour de la croissance.  
à 1,7%, une zone qui reste conforme à la cible de 2% fixée par la Banque  
centrale (Riksbank).  
Achevé de rédiger le 23/09/2021  
FIN DU QUANTITATIVE EASING, PRUDENCE BUDGÉTAIRE  
Afindesoutenirl’économiedurantlapandémie,laRiksbankamisenplace  
une politique monétaire très accommodante, consistant notamment à  
racheter SEK 700 mds ou 15 points de PIB d’actifs (obligations d’État  
et obligations garanties pour l’essentiel). Ce « quantitative easing »,  
assez comparable à celui de la Banque centrale européenne (dont  
le Pandemic Emergency Purchase Programme représente 16 points  
de PIB) s’achèvera au dernier trimestre de 2021, par le rachat d’une  
dernière tranche de SEK 68,5 milliards de titres, le bilan de la Banque  
centrale devant ensuite être stabilisé. Le principal taux directeur est,  
quant à lui, maintenu à 0%.  
Romane Surel (alternante)  
romane.surel@bnpparibas.com  
La banque  
d’un monde  
qui change  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 1586 articles et 280 vidéos