Perspectives

Situation somme toute enviable

e
Eco Perspectives // 2 trimestre 2021  
economic-research.bnpparibas.com  
2
6
DANEMARK  
SITUATION SOMME TOUTE ENVIABLE  
Avec relativement peu de décès et une chute limitée de son PIB en 2020, le Danemark a plutôt bien résisté à la  
pandémie de Covid-19. Début 2021, une seconde vague de contaminations forçant à des mesures sanitaires plus  
contraignantes a décalé l’horizon de la reprise, sans toutefois la compromettre. Celle-ci interviendra, à la faveur  
d’une campagne vaccinale qui va bon train et d’un soutien budgétaire qui se prolonge. De manière à mieux contrôler  
le « peg » liant la couronne à l’euro, la Banque centrale du Danemark a procédé à d’importants ajustements de sa  
politique monétaire.  
L’activité économique du Danemark s’est contractée de 3,3% en 2020.  
Ce recul est moins important que celui précédemment estimé par la  
Commission européenne et, surtout, sans commune mesure avec la  
baisse de près de 7% du PIB enregistrée en zone euro. Le poids des sta-  
bilisateurs automatiques, la spécialisation du commerce (en produits  
agricoles, pharmaceutiques, etc.) autant que la bonne gestion de la  
crise sanitaire expliquent sans doute cette résistance.  
CROISSANCE ET INFLATION  
Croissance du PIB  
Inflation  
Prévisions  
Prévisions  
4.0  
3.5  
3.5  
3.0  
2.5  
2.0  
2
.8  
2.4  
Après une fin d’hiver difficile, marquée par une recrudescence de  
l’épidémie et l’imposition de nouvelles mesures de restriction au  
déplacements, l’horizon s’éclaircit. La seconde vague est retombée, à  
tel point que le Danemark ne déplore pratiquement plus aucune victime  
du virus. Début avril, le bilan s’arrêtait à 2 420 morts, ce qui, rapporté  
1.3  
1
.1  
1.5  
.0  
0.5  
.0  
0.5  
0.7  
1
0
.3  
0
-
-1.0  
-1.5  
1
à la population, est moins grave que dans la plupart des autres pays .  
-
2.0  
-2.5  
3.0  
-3.5  
4.0  
Le déploiement des vaccinations (déjà 20% de la population couverte)  
ainsi que la réouverture progressive de l’économie devraient permettre  
le redémarrage de l’activité. Pour 2021, la Commission européenne  
prévoit une croissance économique de 3,5%.  
-
-
-3.3  
2020  
2019  
2021  
2022  
2019  
2020  
2021  
2022  
Les exportations ont été comme partout affectées par la pandémie,  
notamment celles des services (tourisme) en chute de 17,5% en 2020,  
tandis que les exportations de biens (en baisse de 2,6% en 2020) ont  
mieux résisté. Cette dynamique à deux vitesses devrait perdurer sur  
tout ou partie de 2021. Tandis que les activités de tourisme resteront  
atones jusqu’à la levée des restrictions aux voyages, les exportations  
de marchandises rebondiront avec la reprise du commerce internatio-  
nal. Le climat des affaires dans le secteur manufacturier marque déjà  
une amélioration notable puisqu’en mars, pour la première fois depuis  
l’été 2018, une majorité de chefs d’entreprise témoignent de meilleures  
perspectives. Les volumes de production se sont nettement redressés  
GRAPHIQUE 1  
SOURCE : COMMISSION EUROPÉENNE, BNP PARIBAS  
AMÉLIORATION DE LA CONJONCTURE  
Production manufacturière (vol. g.a., é.g.)  
Cimat des affaires (solde d'opinions, é.d.)  
1
1
5%  
0%  
15  
10  
5
(
graphique).  
5
0
%
%
0
AJUSTEMENT DE LA POLITIQUE MONÉTAIRE  
-
5%  
10%  
-15%  
-5  
Contrairement à la plupart de ses homologues, la Banque centrale du  
Danemark n’a pas pratiqué d’assouplissement quantitatif. Les réserves  
excédentaires n’ont pas explosé, le principal taux qui leur est appliqué  
n’a pas influencé autant qu’ailleurs les conditions du marché moné-  
taire. Ainsi, l’écart (positif) Cibor-Euribor s’est-il creusé, exerçant une  
pression à la hausse sur la devise. Pour mieux contrôler son « peg »  
-
-10  
-15  
-20  
-25  
-
-
20%  
25%  
2
018  
2019  
2020  
2021  
(
746,038 couronnes pour 100 euros), la Banque centrale a donc décidé  
de resserrer son corridor de taux, soit de baisser son principal taux de  
refinancement (de 0,05% à -0,35%) et de remonter le taux appliqué aux  
dépôts (de -0,60% à -0,50%), désormais identique à celui de la Banque  
centrale européenne. Dans les faits, la politique monétaire devient plus  
accommodante.  
GRAPHIQUE 2  
SOURCE : STATISTICS DENMARK  
Achevé de rédiger le 2 avril 2021  
Jean-Luc Proutat et Kenza Charef (alternante)  
1
Début avril 2021, le taux de mortalité s’établissait à 41,7 pour 100 000 habitants, un ratio près de 5 fois inférieur à ceux de la Belgique et du Royaume-Uni, ou encore 3 fois inférieur à celui de la Suède  
voisine, tentée par l’expérience « d’immunisation collective ».  
La banque  
d’un monde  
qui change  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 2782 articles et 741 vidéos