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Taxes are coming : le point sur la conjoncture britannique à l’automne 2021

ECO FLASH  
N°21-14  
22 septembre 2021  
TAXES ARE COMING  
LE POINT SUR LA CONJONCTURE BRITANNIQUE À L’AUTOMNE 2021  
Jean-Luc Proutat  
Le Royaume-Uni revient de loin. Accueillie avec désinvolture par son premier ministre Boris  
Après avoir payé un très lourd tribut à  
l’épidémie de Covid-19, le Royaume-Uni se  
remet sur pied.  
Johnson, puis forçant ce dernier à des restrictions de plus en plus dures, l’épidémie de Covid-19  
aura causé la pire récession de son histoire (une chute de 9,8% du PIB en 2020) et le décès  
de 135 000 personnes, l’un des plus lourds bilans parmi les pays avancés. Désormais forte  
d’une population adulte vaccinée à plus de 80%, l’Ile est toutefois en passe d’en sortir. Bien  
qu’aux prises avec un variant « Delta » 40% à 60% plus contagieux que son prédécesseur  
«
anglais » (rebaptisé « Alpha »), le système hospitalier n’a enregistré qu’une remontée limitée  
Forte d’une population adulte vaccinée à  
plus de 80%, son économie a pu rouvrir,  
jusqu’à fonctionner quasi normalement du-  
rant l’été, malgré la propagation d’un variant  
des cas graves (800 admissions quotidiennes au maximum, contre près de 4 000 lors du pic de  
la précédente vague). Rouverte par étapes depuis février, l’économie s’est spectaculairement  
redressée, jusqu’à rapidement buter sur des contraintes d’offre.  
TENSIONS SUR L’OFFRE ET LES PRIX  
Parce qu’il marque la fin d’un confinement sévère - plus sévère encore que celui imposé lors de  
la première vague épidémique du printemps 2020 -, le deuxième trimestre de 2021 est aussi  
celui d’une catharsis, qui a vu la consommation des Britanniques bondir de plus de 30% en  
rythme annualisé, et l’activité faire mieux qu’effacer ses pertes du début d’année.  
«
Delta » très contagieux du coronavirus.  
Comme partout où les ménages ont bénéficié de transferts importants mais ont été freinés dans  
leurs dépenses, un excédent d’épargne s’est formé, qui se déverse aujourd’hui dans l’économie.  
La pression de la demande est telle que l’offre peine à y répondre : dans les transports, sur les  
chantiers ou le long des chaînes d’assemblage, les délais s’allongent, des goulots d’étranglement  
Alors qu’elle bute sur des contraintes  
d’offre, la reprise se voit, par ailleurs, retirer  
ses béquilles budgétaires, le gouvernement se forment. Les entreprises expriment des difficultés à recruter, y compris dans les secteurs  
de Boris Johnson ayant décrété la fin du  
convalescents du tourisme et des loisirs, où les vacances de postes n’ont jamais été aussi  
nombreuses.  
«
quoiqu’il en coûte ».  
Certes, le phénomène n’est pas propre au Royaume-Uni : la pénurie mondiale de composants,  
dont le premier fournisseur, l’Asie, bataille encore contre le virus, l’engorgement du trafic  
maritime, la pression exercée par la Chine et les États-Unis sur le marché des matières  
premières, font qu’il se manifeste un peu partout. Mais outre-Manche, la contrainte d’offre est  
accentuée par le Brexit, dont les effets indésirables deviennent palpables. Avec le retour des  
barrières à l’immigration en provenance de l’Union européenne (visas, autorisations de travail,  
etc.) les entraves aux embauches, donc à la reprise, ne sont pas seulement conjoncturelles.  
Selon la Confederation of British Industry, elles pourraient durer deux ans.  
Euphorique, la conjoncture devrait s’assagir  
quelque peu d’ici à la fin de l’année.  
Ces tensions transparaissent désormais dans les prix. Mesurée à 3,2% en août, l’inflation a  
déjoué les pronostics et retrouvé son plus haut niveau depuis 2012. Si des effets de base sont  
1
en cause , le rebond s’explique aussi par le fait que les cafés, hôtels et restaurants, en capacité  
réduite, n’ont eu d’autre choix que de relever leurs tarifs pour répondre à l’afflux de clients.  
La reprise des déplacements s’est également illustrée par de fortes tensions sur le prix des  
véhicules, notamment d’occasion, à l’image de ce qui s’est passé aux États-Unis, il y a quelques  
mois.  
1
L’accélération de l’’inflation en août 2021 s’explique en partie (à hauteur de 0,3 point) par le fait que les prix se  
comparent à leurs niveaux très bas d’août 2020, qui avait notamment vu s’appliquer le dispositif gouvernemental  
Eat out to Help Out » permettant au bars et restaurants de proposer, sous certaines conditions, des repas à moitié  
prix.?  
«
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