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EcoPerspectives // 4 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Autriche  
Vote de confiance en faveur d’une politique conservatrice  
Après son succès aux élections de fin septembre, le parti conservateur (ÖVP) va devoir former un nouveau gouvernement. Pour  
obtenir une majorité, il pourrait de nouveau faire appel au FPÖ (extrême droite). Dans ce cas, la politique qui sera mise en œuvre  
devrait rester largement inchangée et centrée sur lassainissement budgétaire et la réduction de la charge fiscale. Toutefois, le  
prochain gouvernement devra faire face à un environnement économique moins favorable. La croissance du PIB pourrait fléchir pour  
atteindre autour de 1,2 % en 2020. Néanmoins, la santé des finances publiques s’est considérablement améliorée, offrant au  
gouvernement une importante marge de manœuvre pour lutter contre la récession, si nécessaire.  
Les conservateurs gagnent les élections  
1- Croissance et inflation  
Le parti conservateur ÖVP, dirigé par l’ancien chancelier Sebastian  
Kurz, a nettement remporté les élections du 29 septembre avec  
Croissance du PIB (%)  
Inflation (%)  
Prévision  
Prévision  
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7,5 % des voix. Pour obtenir une majorité, M. Kurz devra  
néanmoins chercher un partenaire. Un rapprochement avec les  
Verts, qui ont obtenu le meilleur score de leur histoire (13,8 %),  
ressemble au mariage de la carpe et du lapin. Les compromis  
nécessaires pourraient être difficiles à trouver. En outre, M. Kurz ne  
sera pas particulièrement enthousiaste de renouveler l’expérience  
de la « grande coalition » avec le SPÖ (social-démocrate). De son  
côté, le SPÖ a connu une forte érosion de son électorat, avec un  
score de 21,2 % contre 26,9 %, lors des élections de 2017. Ne reste  
plus qu’une alliance avec un FPÖ (extrême droite) affaibli par les  
scandales, qui n’a recueilli que 16,2 % des voix contre 26 % lors  
des législatives de 2017. La reconduction d’une coalition avec un  
FPÖ beaucoup moins puissant donnerait à Sebastian Kurz plus de  
poids pour poursuivre son programme, centré sur l’assainissement  
budgétaire et la réduction de la charge fiscale. De plus, cela lui  
permettrait de faire entrer plus de ministres de son propre camp au  
gouvernement. Néanmoins, après sa défaite cinglante, le FPÖ ne  
semble pas pressé d’entrer de nouveau au gouvernement.  
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Source : comptes nationaux, BNP Paribas  
contre 2,6 % en 2018) et quelques mesures fiscales comme  
l’introduction du programme de primes aux familles. La croissance  
de la consommation devrait se maintenir globalement au même  
niveau qu’en 2018. Dans les années à venir, même si le rythme de  
croissance du revenu disponible est appelé à ralentir, la  
consommation devrait rester assez soutenue car les ménages  
pourraient puiser dans leurs économies.  
Une bonne santé financière pour relever les défis  
Dans un tel contexte, la situation devrait rester très tendue sur le  
marché du travail et les tensions pourraient même se renforcer avec  
le départ à la retraite de la génération du baby-boom. L’immigration  
restera probablement un facteur important pour remédier à la  
pénurie de main-d’œuvre. Les négociations salariales, qui devraient  
rester généreuses, se répercuteront en partie sur les prix intérieurs,  
en particulier ceux des services. L’inflation devrait se maintenir  
autour de 1,7 %, et l’inflation sous-jacente pourrait s’élever à 2 % en  
Le nouveau gouvernement sera confronté à des conditions moins  
favorables que la précédente coalition formée par Kurz. La  
croissance annuelle, qui a atteint un pic de 2,7 % en 2018, devrait  
reculer à 1,4 % en 2019 et à 1,2 % en 2020, principalement en  
raison du ralentissement du commerce mondial. La demande des  
pays de la zone euro, en particulier l’Allemagne et l’Italie, qui  
représentent près de 40 % des exportations autrichiennes, a  
marqué le pas. Selon les entreprises du secteur manufacturier, les  
perspectives ne devraient pas s’améliorer de sitôt. Dans notre  
scénario, la production ne devrait se redresser que progressivement  
en 2020.  
2020, contre 1,8 % en 2018.  
La situation des finances publiques s’est considérablement  
améliorée. La dette publique est passée de 83 % en 2010 à 71 %  
du PIB en 2019 et le budget est légèrement excédentaire, offrant au  
gouvernement une importante marge de manœuvre pour lutter  
contre la récession, si nécessaire.  
De plus, l’investissement, en nette hausse depuis trois ans,  
s’essouffle. En 2018, le taux d’investissement atteignait 23,9 % du  
PIB, niveau inédit depuis 2003, un des plus élevés de la zone euro.  
Avec la détérioration de la conjoncture et la montée des incertitudes,  
l’investissement des entreprises est aujourd’hui en perte de vitesse.  
Dans le secteur de la construction, les permis de construire ont  
accusé un repli fort, ce qui constitue un indicateur avancé de  
lactivité du secteur sur les deux ans à venir.  
La consommation privée, en revanche, devrait rester très  
vigoureuse, sous l’effet conjugué de la solide progression du revenu  
disponible, portée par des hausses collectives de salaires (2,9 %  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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