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L’autre choc

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EcoPerspectives // 2 trimestre 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
Norvège  
L’autre choc  
L’épidémie de coronavirus et ses conséquences induites sur les prix du pétrole, en chute libre, entraineront une contraction de  
l’économie norvégienne en 2020. Les exportations, qui représentent 41% du PIB, devraient être les premières touchées. La Banque  
centrale (Norges Bank), qui a abaissé son taux directeur au voisinage de zéro et augmenté considérablement ses prêts en couronnes  
et dollars, approvisionne l’économie en liquidités et soutient la monnaie. Les mesures budgétaires du gouvernement visent, quant à  
elles, à amortir le choc subi par les entreprises et les ménages.  
Déjà ralentie en 2019, la croissance norvégienne devrait basculer  
1
- Croissance et inflation  
en territoire négatif en 2020 du fait de la diffusion de l’épidémie de  
coronavirus et de ses conséquences induites sur l’économie et la  
demande mondiale de pétrole.  
(
g.a., %)  
Croissance du PIB  
Prévisions  
Inflation  
Prévisions  
5
4
Exportations en berne et premières mesures de  
confinement  
3.8  
3
2.3  
2
1.8  
Les exportations de biens et services dans le secteur de l’énergie  
représentent une part importante du PIB norvégien (près de 20%).  
Aussi, la chute de la demande mondiale de pétrole devrait-elle  
fortement impacter l’économie qui, de l’aveu même du  
gouvernement, sera en récession en 2020.  
1.2  
1
0.5  
0
-1  
-2  
-
3
-
2.5  
Au-delà du recul des exportations, accentué par la limitation des  
mouvements de biens et personnes aux frontières, l’investissement  
public comme privé pâtira du faible cours du brut, tombé à USD 20  
par baril de Brent fin mars, et synonyme de baisses de rentabilité  
des projets. Alors que d’importantes dépenses d’infrastructures  
avaient été engagées en 2019, celles prévues en 2020  
2
018  
2019  
2020  
2021  
2018  
2019  
2020  
2021  
Sources : comptes nationaux, BNP Paribas  
2- Mesures de soutien à l’économie  
(
équipements routier et autoroutier notamment) sont gelées.  
- Politique monétaire. Pour prévenir les effets de la crise sanitaire liée  
au coronavirus, la Norges Bank a baissé en plusieurs étapes son principal  
taux directeur, qui s’établit désormais à 0,25% (contre 1,5% le 12/03). Elle  
a parallèlement allongé la maturité et accru le montant de ses opérations  
de refinancement, en couronnes comme en dollars (par exemple, USD  
690 millions prêtés à 12 mois le 19 mars dernier grâce à l’accord de swap  
passé avec la Réserve fédérale américaine). La limite des montants de  
collatéraux exigibles a par ailleurs été abaissée.  
Bien que relativement épargnée par l’épidémie de coronavirus (16  
décès recensés en date du 31 mars) la Norvège a tout de même vu  
le nombre de nouveaux cas se multiplier, ce qui l’a finalement  
amenée à opter pour des mesures de limitation des déplacements  
et de distanciation des personnes. Les écoles et universités ont été  
fermées (le 12 mars), avant que le pays interdise l’accès à son  
territoire aux non-résidents (le 16 mars). Les déplacements non  
professionnels ont, quant à eux, été très fortement découragés.  
Pour compenser les pertes induites de revenus, notamment pour  
les secteurs touristique, du commerce de détail, ou encore des  
transports, le gouvernement a engagé un important effort  
budgétaire sous forme de prêts garantis et de reports de charges  
- Politique budgétaire. Des mesures de soutien sont mises en place par  
le gouvernement pour pallier les effets économiques à venir de la crise  
sanitaire du coronavirus. Ainsi, NOK 100 milliards de financement seront  
offerts aux entreprises sous forme de garanties d’emprunt et d’émissions  
obligataires.  
En 2019, le fonds de pension gouvernemental (« oil fund ») s’est élevé à  
NOK 10 000 mds (330% du PIB hors activités pétrolières et transport  
maritime), soit sa plus haute valeur jamais atteinte. Il reste donc un  
matelas financier sur lequel le gouvernement pourra s’appuyer si des  
mesures de soutien plus importantes devaient être mises en place. Erna  
Solberg, la Première ministre, se dit prête à prendre des mesures inédites  
pour maintenir le niveau d’emploi des Norvégiens et à soutenir les  
entreprises.  
(
cf. encadré).  
Sources : gouvernement, Banque centrale  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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