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EcoEmerging// 1 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Israël  
Des bases toujours solides  
Le dynamisme de la demande interne reste le principal moteur de l’activité économique qui croît à un rythme supérieur à 3%. Cela  
alimente la résurgence de pressions inflationnistes qui restent pour le moment très modérées. Le déficit budgétaire s’accroît mais  
se maintient dans les limites fixées par le gouvernement. Le commerce extérieur connait des transformations importantes. La perte  
de dynamisme des exportations de biens réduit la part de marché des produits israéliens, tandis que les exportations de services  
de haute technologie sont désormais le véritable moteur du commerce extérieur. Les variations du prix du pétrole restent un  
déterminant important du solde courant malgré l’exploitation de ressources gazières.  
Des fondamentaux économiques enviables  
1-Prévisions  
La croissance économique s’est légèrement tassée en 2018 mais  
reste à un niveau soutenu. Selon les premières estimations  
officielles, le PIB a crû de 3,2% en termes réels contre 3,3% en  
2017 2018e 2019e 2020e  
PIB réel, variation annuelle, %  
Inflation, IPC, var. annuelle, %  
Solde budgétaire, % du PIB  
3,3  
3,2  
3,4  
3,5  
0,3  
0,8  
1,3  
1,8  
2017. La consommation privée et l’investissement productif sont les  
-1,9  
-2,9  
-3,3  
-3,0  
principaux moteurs de l’activité. Selon la banque centrale (BoI),  
l’économie est proche du plein emploi, ce qui provoque des  
tensions en termes d’offre et expliquerait la hausse soutenue des  
importations, et la contribution négative du commerce extérieur à la  
croissance. Celle-ci devrait rester négative en 2019 malgré  
l’accélération des exportations de biens et de services. En 2019, la  
consommation privée devrait rester dynamique dans un contexte de  
tensions sur le marché du travail. Le taux de chômage se maintient  
à un niveau bas (4,1% en novembre 2018) tandis que le taux  
d’emplois non pourvus reste à un niveau historiquement élevé.  
Dans ce contexte, la hausse des salaires réels est soutenue (+2,5%  
g.a. en octobre 2018).  
Dette du gov. central, % du PIB  
Balance courante, % du PIB  
59  
61  
61  
61  
2,8  
2,0  
2,2  
2,5  
Dette externe, % du PIB  
25  
25  
24  
24  
Réserves de change, mds USD  
Réserves de change, en mois d'imports  
Taux de change USDILS (fin d'année)  
113  
115  
118  
122  
12  
13  
12  
12  
3,5  
3,7  
3,6  
3,5  
e: estimations et prévisions BNP Paribas Recherche Economique Groupe  
2- Croissance et inflation  
PIB réel Inflation des prix à la consommation  
L’inflation des prix à la consommation a accéléré et reste largement  
sous contrôle (+0,8% en moyenne en 2018). Après les périodes  
déflationnistes de 2015 et 2016 (respectivement -0,6% et -0,6%),  
les prix avaient été quasi-stables en 2017 (+0,3%) en raison  
notamment de l’appréciation du shekel. La situation de plein emploi  
et la poursuite de la hausse des salaires devraient alimenter les  
pressions inflationnistes, mais elles resteront très modérées en  
raison de l’appréciation attendue du shekel (elles se situent dans  
une fourchette 1,3%-1,6% en moyenne annuelle). Dans ce contexte,  
la BoI a procédé à une hausse de son taux directeur en décembre  
dernier à 0,25%, première hausse depuis février 2015. Cette  
normalisation monétaire, qui a quelque peu surpris le marché, a été  
opérée largement à titre préventif afin de tenir compte, d’une part,  
des conditions économiques internes plus inflationnistes, et, d’autre  
part, des incertitudes externes liées à l’évolution des prix du pétrole  
et à la politique monétaire américaine et européenne. Cependant,  
autant le niveau actuel d’inflation que ceux qui sont anticipés restent  
proches de la borne basse de la cible d’inflation de la BoI (1%-3%).  
Le durcissement de la politique monétaire restera probablement très  
graduel.  
g.a., %  
7
6
5
4
3
2
1
0
-1  
-2  
2012 2013 2014 2014 2015 2016 2016 2017 2018  
Sources: Central Bureau of Statistics, BNP Paribas  
l’absence de revenus exceptionnels. En effet, 2017 avait été  
marqué par des ventes importantes d’actifs israéliens à des  
investisseurs étrangers et par une collecte exceptionnelle de taxes  
sur les dividendes. L’incertitude politique actuelle et le déroulement  
d’élections parlementaires en avril prochain ne sont a priori pas  
favorables à la consolidation budgétaire. Par conséquent, nous  
estimons que le déficit devrait se creuser en 2019 pour atteindre  
Le solde budgétaire s’est significativement dégradé en 2018 (2,9%  
du PIB après 1,9% en 2017) mais reste dans la cible de déficit du  
gouvernement (2,9% du PIB). Cette hausse du déficit budgétaire est  
liée à une augmentation plus forte que prévu des dépenses,  
notamment dans le secteur militaire. Elle s’explique également par  
3
,3% du PIB. Le ratio de la dette publique devrait rester légèrement  
supérieur à 61% du PIB.  
Au total, bien qu’en légère dégradation, les perspectives  
économiques restent bien orientées. Le climat de volatilité politique  
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actuel ne devrait avoir qu’un impact marginal sur l’économie,  
comme souvent dans ce pays.  
3- Exportations de haute technologie  
Biens  Services  
La dégradation de la compétitivité affecte  
marginalement le compte courant  
USD Mds  
4
0
35  
30  
Les comptes extérieurs ont connu des évolutions significatives au  
cours des dernières années. Le premier élément notable est la  
détérioration de la balance commerciale de base ; son déficit a  
atteint un niveau record en 2018 : environ USD 25 mds, soit 6,9%  
du PIB (4,3% du PIB en 2017). Les exportations de biens stagnent  
tandis que la hausse des importations a suivi l’accélération de la  
demande interne. On constate que l’évolution en volume des  
exportations est devenue négative depuis 2012. Selon les  
estimations du FMI, ces exportations ont baissé en moyenne de  
1
25  
20  
15  
10  
5
0
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018e  
0,4% entre 2013 et 2017. Depuis le maximum atteint en 2000, la  
part de marché des exportations israéliennes dans le commerce  
Sources : Central Bureau of Statistics, BNPParibas  
mondial n’a cessé de se réduire (de 0,46% à, au mieux, 0,30% en  
2
2
018). L’appréciation du taux de change effectif réel (TCER) depuis  
012 explique probablement cette perte de compétitivité des  
exportations de biens. Par rapport à sa tendance de long terme, la  
surévaluation du TCER est actuellement de plus de 10%.  
à USD 33,6 mds en 2017, soit un doublement en moins d’une  
décennie. En termes nets, les services de haute technologie ont  
dégagé un excédent de plus de USD 20 mds en 2017  
2
L’évolution des exportations de biens (en valeur) selon leur intensité  
technologique ne permet pas de dégager une tendance claire. Les  
exportations de basse intensité technologique (7% du total) sont  
relativement stables, tandis que celles d’intensité technologique  
moyenne et élevée (53% et 40% du total) sont assez volatiles. Il  
semble cependant que la baisse des exportations de haute  
technologie en 2018 (-6% en valeur g.a.) soit principalement due à  
la chute des exportations pharmaceutiques. La répartition des  
exportations de biens par destination est relativement stable depuis  
(
USD 7,5 mds en 2010).  
L’activité touristique est en net rebond depuis 2016 mais sa  
contribution nette au commerce extérieur de services est négative  
depuis trois ans. Le nombre de visiteurs a augmenté de 25% et  
1
4% respectivement en 2017 et 2018. Cependant, étant donné la  
forte hausse des déplacements touristiques des Israéliens sur la  
même période, le solde net de cette activité était négatif de  
pratiquement USD 1 md en 2017.  
2
012. L’Europe et les Etats-Unis restent les principaux débouchés  
Etant donné l’absence de modification significative du solde des  
revenus (- USD 3,7 mds en 2017) et des transferts (+ USD 7,8 mds  
en 2017), l’excédent courant est resté significatif en 2018 (2% du  
PIB) même s’il s’est contracté par rapport aux deux dernières  
années en raison de la remontée des cours du pétrole. En 2019, le  
solde courant devrait légèrement progresser, à 2,2% du PIB.  
des exportations israéliennes (respectivement 35% et 30% du total)  
suivis par l’Asie (25% du total).  
Contrairement aux exportations, la croissance du volume des  
importations a été soutenue entre 2012 et 2017 (+3,2% en  
moyenne) par la consommation privée et l’investissement. Il  
semblerait que l’exploitation des importantes réserves gazières n’ait  
pas encore diminué significativement la dépendance du pays aux  
importations d’hydrocarbures. En effet, pour le moment les produits  
pétroliers continuent de très largement dominer les importations  
d’énergie et entretiennent la volatilité des comptes extérieurs. En  
A court terme, les principales menaces sur les comptes extérieurs  
sont la hausse des prix du pétrole et les conditions de sécurité dans  
le pays qui affecteraient l’activité touristique. A moyen terme, le  
maintien de la compétitivité des exportations de services ainsi que  
les possibilités d’exportation de gaz (limitées pour le moment)  
devraient contribuer à soutenir les revenus d’exportation. Enfin,  
l’évolution du taux de change reste un élément déterminant de  
l’évolution des comptes externes. Si la BoI détient certains leviers  
permettant d’influer sur son évolution (taux d’intérêt, réserves de  
change), cette dernière demeure largement liée aux évolutions  
structurelles de l’économie israélienne qui, en plus de ses  
excédents courants, continue d’attirer des flux de capitaux  
importants.  
2018, la facture énergétique devrait s’élever à plus de USD 10 mds,  
soit une hausse de 35% par rapport à 2017. Au total, le déficit de la  
balance commerciale devrait perdurer à moyen terme.  
Le dynamisme des exportations de services contraste avec celui  
des biens, et traduit un changement dans la structure du commerce  
extérieur. En 2017, les échanges de services ont enregistré un  
excédent record de plus de USD 15 mds (11,2% du PIB). Depuis  
2
010, les exportations de services de haute technologie 3 ont  
transformé la structure du compte courant. Celles-ci se sont élevées  
1
Hors navires, avions et diamants  
Basé sur l’inflation des prix à la consommation  
Notamment dans les secteurs de la communication, la sécurité, la médecine et  
2
3
l’informatique  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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