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Le climat des affaires se stabilise, mais à un niveau bas  
Les récentes enquêtes de conjoncture, comme celles réalisées auprès des directeurs d’achats (PMI), suggèrent une stabilisation générale  
du climat des affaires en octobre Après une tendance prolongée à la baisse, cette évolution est la bienvenue Cependant, au vu des  
données historiques, les derniers chiffres sont bas, voire très bas pour ce qui est du secteur manufacturier, reflétant un environnement de  
croissance toujours atone À terme, la stabilisation de l’évolution de ces enquêtes devrait renforcer la probabilité d’une accélération de la  
croissance : avec la diminution de la fréquence des mauvaises nouvelles, la confiance devrait finalement rebondir, entraînant une hausse  
des dépenses, d’autant plus que les conditions financières et monétaires sont très accommodantes.  
Imaginez que vous passez vos vacances à regarder la pluie tomber.  
Soudain, elle faiblit. Vous voici immédiatement soulagé et prêt à  
INDICES DES DIRECTEURS D’ACHATS  
Manufacturier  
Niveau Variation Niveau  
Services  
Décile  
parier sur le retour du soleil. Vous en oubliez presque, en vous  
précipitant dehors sans parapluie, que vous allez vous mouiller ! Il est  
bon d’avoir cette métaphore à l’esprit lorsqu’on analyse les résultats  
des enquêtes de conjoncture pour le mois d’octobre.  
Prenons d’abord les nouvelles (plutôt) bonnes en provenance des  
États-Unis : les indices ISM manufacturier et non manufacturier ont  
rebondi, atteignant, respectivement, 48,3 (47,8 en septembre) et 54,7  
Variation  
Oct./Sept.  
Décile  
Dates  
(
Oct. 19)  
Oct./Sept. (Oct. 19)  
US  
ISM Manuf.  
48,3  
51,3  
2
0,5  
2000 - 2019  
2,1 2000 - 2019  
2007 - 2019  
ISM Services  
PMI Manuf.  
PMI Services  
Zone euro  
PMI Manuf.  
PMI Services  
Allemagne  
PMI Manuf.  
PMI Services  
France  
PMI Manuf.  
PMI Services  
Italie  
PMI Manuf.  
PMI Services  
Espagne  
54,7  
0,2  
5
2
1
1
5
2
2
7
2
50,6  
1
-0,3 2009 -2019  
(
52,6). L’indice des directeurs d’achat d’IHS Markit pour le secteur  
45,9  
42,1  
50,7  
47,7  
46,8  
51,7  
48,4  
0,2  
2000 - 2019  
0,6 2000 - 2019  
manufacturier américain a légèrement progressé (51,3 contre 51,1)  
alors que l’indice PMI des services a évolué en sens inverse (50,6  
contre 50,9).  
52,2  
4
3
4
5
5
1
5
0,4  
2000 - 2019  
0,2 2000 - 2019  
51,6  
Dans la zone euro, le PMI manufacturier n’a guère bougé (45,9 contre  
4
5,7 en septembre). L’Allemagne a fait légèrement mieux, ainsi que la  
0,6  
2000 - 2019  
1,8 2000 - 2019  
France, mais la conjoncture continue de se dégrader en Espagne. En  
Italie, les résultats des enquêtes sont restés stables. Dans la zone  
euro, l’indice d’activité du secteur des services s’est légèrement  
amélioré (52,2 contre 51,6) sous l’effet conjugué d’une légère hausse  
en Allemagne, d’une solide progression en France et en Italie, et d’un  
repli en Espagne. En Chine, le PMI manufacturier de Caixin a quelque  
peu augmenté (de 51,4 à 51,7) contre un mouvement inverse pour le  
PMI des services. Enfin, au Japon, l’indice manufacturier comme celui  
des services ont poursuivi leur ralentissement.  
52,9  
-0,1  
2000 - 2019  
0,8 2000 - 2019  
52,2  
PMI Manuf.  
PMI Services  
Chine  
PMI Manuf.  
PMI Services  
Japon  
-0,9  
2000 - 2019  
-0,6 2000 - 2019  
52,7  
0,3  
2004 - 2019  
-0,2 2005 - 2019  
51,1  
.
../…  
PMI Manuf.  
PMI Services  
-0,5  
2001 - 2019  
-3,1 2007 - 2019  
49,7  
Sources : ISM Institute for Supply Management, Markit, BNP Paribas  
Revue des marchés  
Baromètre  
Scénario économique  
2
Ecoweek 19-41 // 8 novembre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Dans l’ensemble, à l’exception du Japon, les indices des directeurs  
d’achat suggèrent une stabilisation du climat des affaires. C’est ce  
que confirme également l’indice IFO en Allemagne, qui est resté  
stable en octobre, après avoir enregistré une tendance baissière  
depuis le début de 2018. En France, en revanche, l’indicateur du  
climat des affaires de l’Insee s’inscrit légèrement en retrait.  
Lorsqu’on utilise ces indicateurs pour évaluer la dynamique de la  
croissance du PIB pour le trimestre en cours, il faut bien avoir à  
l’esprit que les variations des indices PMI nous donnent une indication  
sur les variations du rythme de croissance de l’économie (un PMI  
stable correspond donc à un taux de croissance stable).  
Pour évaluer le taux de croissance, il faut se concentrer sur le niveau  
des indices PMI. Or, dans la plupart des pays, l’évolution de ces  
indices donne à réfléchir : dans plusieurs pays, les PMI des services  
s’inscrivent en deçà de leur moyenne de long terme et les indices  
manufacturiers, à des niveaux plus bas encore. La France est une  
exception notable, comme en témoigne également l’indicateur du  
climat des affaires de l’Insee, toujours au-dessus de sa moyenne de  
longue période.  
L’évaluation de l’environnement économique dépend ainsi dans une  
très large mesure de la perspective dans laquelle on se place. La  
stabilisation des enquêtes de conjoncture, dont l’évolution  
tendancielle était jusque-là orientée à la baisse est, bien entendu, une  
bonne nouvelle mais encore faut-il qu’elle se confirme pour pouvoir  
affirmer que le plus bas a été atteint. À ce titre, la stabilisation n’est  
certes qu’une première étape, mais elle n’en est pas moins  
importante. À terme, la stabilisation de l’évolution de ces enquêtes  
devrait renforcer la probabilité d’une accélération de la croissance :  
avec la diminution de la fréquence des mauvaises nouvelles, la  
confiance devrait finalement rebondir, entraînant une hausse des  
dépenses, d’autant plus que les conditions financières et monétaires  
sont très accommodantes.  
William De Vijlder  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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