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EcoPerspectives // 1 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Éditorial  
Une conjoncture dominée par l’incertitude  
Le ralentissement se généralise. Si l’on pouvait s’attendre à une normalisation de la croissance, plusieurs sources d’incertitude  
crainte de guerre commerciale, Brexit, fermeture de services publics aux Etats-Unis, etc.) ont agi comme des vents contraires. Des  
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mesures ont déjà été annoncées en Chine et, aux Etats-Unis, la Réserve fédérale américaine a insisté sur sa patience (face à  
l’inflation) et sa flexibilité pour adapter sa politique.  
La nature humaine est encline à l’aversion au risque : elle est plus  
sensible à une perte qu’à un coût d’opportunité. Ainsi, un  
ralentissement génère-t-il presqu’inévitablement un inconfort, plus  
par crainte de ce qui pourrait arriver qu’à cause d’une pression sur  
les bénéfices ou les revenus. Les ménages reportent des dépenses  
importantes, les entreprises réduisent leurs budgets  
d’investissement, les banques se montrent plus circonspectes dans  
l’octroi de crédits. En résumé, une croissance ralentie génère, de  
manière endogène, de l’incertitude qui renforce cette dynamique  
d’essoufflement.  
Face à la baisse de ces indicateurs, le ton des banquiers centraux  
s’est beaucoup adouci depuis le début de 2019.  
Jerome Powell a insisté sur la patience de la Réserve fédérale  
américaine - l’inflation restant sous contrôle - et sur sa flexibilité,  
envoyant le message implicite, mais clair, que la Fed ne restera pas  
passive devant une éventuelle détérioration des perspectives. Mario  
Draghi a insisté, devant le Parlement européen, sur le fait que les  
chiffres avaient été inférieurs aux attentes et pour une période plus  
longue qu’attendu. Il n’est donc pas acquis que la première  
remontée du taux de dépôt intervienne à l’automne prochain. En  
Chine, la banque centrale a abaissé les coefficients de réserve, ce  
qui permettra aux banques d’augmenter leur volume de crédit.  
Depuis plusieurs mois, des chocs exogènes résultant de choix  
politiques sont venus compléter cette toile de fond : les tensions  
commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, la menace de  
mesures protectionnistes américaines visant le secteur automobile  
européen, la fermeture de services publics aux Etats-Unis et, en  
Europe, le Brexit pour lequel, environ deux mois avant la date de  
sortie de l’Union européenne, le flou reste complet.  
Ces signaux positifs ne changent pas vraiment la donne. Le  
ralentissement de l’économie mondiale ne reflète pas des difficultés  
de financement ou des taux d’intérêt réels élevés. Il traduit des  
doutes quant à la pérennité de l’expansion, en grande partie  
alimentés par la montée des incertitudes. C’est pour cette raison  
qu’en Chine, les mesures budgétaires (baisse d’impôts pour  
stimuler les dépenses, émission d’obligations pour financer des  
investissements en infrastructure) devraient avoir plus d’impact que  
les mesures monétaires. Plus fondamentalement, il est urgent de  
lever les sources d’incertitude afin d’éviter qu’un simple  
ralentissement ne devienne plus sérieux. Plusieurs signaux récents  
suggèrent un léger mieux dans les négociations entre les Etats-Unis  
et la Chine dont les intérêts sont alignés : il faut éviter un recul de la  
croissance. En revanche, du côté du Brexit, l’observation selon  
laquelle logiquement une sortie sans accord est à exclure, en raison  
de conséquences trop négatives, a tout son sens. Pourtant, la  
crainte persiste et continue d’agir comme un vent contraire pour le  
Royaume-Uni et l’Union européenne.  
A cela s’ajoutent des facteurs spécifiques à certains pays : normes  
anti-pollution touchant le secteur automobile européen, notamment  
en Allemagne et en France, mouvements sociaux en France,  
incertitude entourant le budget italien qui, malgré l’accord trouvé  
avec Bruxelles pour 2019, a eu un impact durable sur les taux  
d’intérêt, mais aussi les efforts de la Chine pour maîtriser l’évolution  
du crédit qui ont contribué au ralentissement structurel, etc. Tout  
ceci s’est traduit par une tendance à la baisse des indicateurs  
d’enquête depuis début 2018 dans la plupart des pays et, plus  
récemment, des chiffres de croissance. De plus, vers la fin de  
l’année, le ralentissement a fini par l’emporter aux Etats-Unis, un  
pays qui a longtemps résisté aux vents contraires grâce à une  
politique budgétaire expansionniste.  
William De Vijlder  
william.devijlder@bnpparibas.com  
Carte thermique des PMI manufacturiers  
Marchés développés  
Marchés émergents  
Moyen-Orient & Afrique  
A. Nord  
Europe  
Asie-Océanie  
AMLAT  
Eurasie  
Asie  
févr-18 54.1 55.6 55.3 58.6 59.2 70.8 55.9 60.6 56.1 56.2 56.8 63.4 56.0 65.5 54.9 57.5 53.5 54.1 52.7 53.2 51.6 58.8 53.7 50.2 55.6 49.7 53.6 47.3 53.2 50.0 55.1 51.6 51.7 52.1 51.4 53.5  
mars-18 53.3 55.7 55.6 56.6 58.0 61.0 53.7 58.2 55.0 54.1 55.1 61.5 54.8 60.3 54.8 63.1 53.2 53.1 53.0 53.4 52.4 57.3 53.7 50.6 51.8 49.2 54.7 46.5 52.8 46.7 54.8 51.0 50.6 51.0 50.7 51.6  
avr-18 53.5 55.5 56.5 56.2 58.0 54.4 53.8 58.1 52.9 55.3 53.5 60.7 54.4 63.6 53.9 58.3 59.3 53.8 52.9 52.3 51.6 57.2 53.9 51.3 48.9 50.1 54.0 46.2 51.4 49.1 55.1 51.1 49.1 51.6 51.6 52.7  
mai-18 53.1 56.2 56.4 55.5 57.3 48.2 54.4 56.9 54.2 55.4 52.7 60.3 53.4 62.4 54.2 57.5 54.4 52.8 52.7 50.7 51.0 56.5 53.3 49.8 46.4 49.2 49.6 46.4 53.2 49.4 56.5 51.1 47.8 51.2 51.7 53.9  
juin-18 53.0 57.1 55.4 54.9 56.6 50.2 52.5 55.9 53.5 56.6 53.3 60.1 53.4 61.6 54.2 57.4 52.8 53.0 52.5 49.8 52.1 56.8 54.2 49.5 46.8 49.4 52.6 46.0 55.0 48.0 57.1 51.0 47.7 53.1 50.3 55.7  
juil-18 52.8 56.9 55.3 55.1 56.8 55.9 53.3 56.9 53.5 56.3 51.5 58.0 52.9 61.9 53.9 52.0 51.3 52.3 52.3 50.5 52.1 55.4 52.9 48.1 49.0 50.3 58.0 45.4 54.9 49.9 55.8 50.8 48.2 52.3 50.5 54.9  
août-18 52.6 56.8 54.7 54.6 56.4 59.3 53.5 55.9 53.9 57.5 50.1 59.1 53.0 64.8 53.0 56.7 52.3 52.5 52.6 51.1 50.7 54.9 51.4 48.9 46.4 50.5 50.4 45.6 55.1 45.2 55.0 50.6 48.5 51.7 51.9 53.7  
sept-18 52.2 54.8 55.6 53.2 55.0 53.6 52.5 53.7 53.6 56.3 50.0 59.8 51.4 59.7 53.8 59.0 52.1 52.5 52.4 50.9 51.7 53.4 50.5 50.0 42.7 48.7 50.0 45.8 53.4 44.6 55.3 50.0 47.9 52.2 50.7 51.5  
oct-18 52.1 53.9 55.7 52.0 53.8 66.5 51.2 52.2 53.1 54.9 49.2 57.1 51.8 57.4 51.1 58.3 53.8 52.9 51.9 51.1 50.7 52.5 50.4 51.3 44.3 48.6 52.7 46.2 53.8 42.4 55.0 50.1 48.6 53.1 50.5 53.9  
nov-18 52.0 54.9 55.3 51.8 54.9 57.9 50.8 51.8 54.0 55.4 48.6 56.1 52.6 57.7 53.6 51.3 53.7 52.2 51.5 52.7 49.7 51.8 49.5 52.6 44.7 49.2 53.7 46.7 55.2 49.5 55.8 50.2 47.1 54.0 50.4 56.5  
déc-18 51.5 53.6 53.8 51.4 53.9 58.1 49.7 51.5 53.8 54.5 49.2 57.2 51.1 57.8 54.2 49.5 55.1 52.6 51.1 52.6 49.7 49.7 47.6 51.7 44.2 49.6  
46.2 54.5 50.7 54.0 49.7 48.0 53.2 51.2 53.8  
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Sources : Markit, BNP Paribas  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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