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EcoEmerging// 4 trimestre 2018  
economic-research.bnpparibas.com  
Arabie Saoudite  
Une croissance du PIB non pétrolier durablement affectée  
L’augmentation de la production de pétrole et des dépenses publiques devrait permettre le retour à une croissance positive en  
018. Cependant, les signes de reprise du secteur privé restent timides malgré la relance budgétaire et nous n’anticipons pas de  
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redressement significatif de l’activité à court terme. Les réformes du marché du travail et leurs conséquences négatives sur la  
demande intérieure pénalisent fortement l’activité économique. La main-d’œuvre employée totale est en baisse alors que le taux de  
chômage reste élevé, surtout parmi les jeunes. La faible attractivité du royaume pour les investisseurs étrangers ne facilite pas le  
processus indispensable de réforme.  
Le retour du moteur pétrolier  
1-Prévisions  
En 2018 l’économie saoudienne devrait retrouver une croissance  
positive après une récession de 0,8% en 2017. Les données  
sectorielles du deuxième trimestre confirment une accélération  
modérée de l’activité. La croissance du PIB a été de 1,6% en  
glissement annuel au T2 2018 après 1,2% au T1. Sans surprise, ce  
sont la production pétrolière et la dépense publique qui ont été les  
principaux moteurs de la croissance.  
2
016  
2017 2018e 2019e  
PIB réel, variation annuelle, %  
Inflation, IPC, var. annuelle, %  
Solde budgétaire, % du PIB  
1,7  
2,0  
-0,8  
-0,9  
-6,5  
17,0  
2,4  
2,0  
2,7  
2,0  
2,0  
-17  
-3,7  
20,0  
9,8  
-2,0  
21,0  
11,0  
26  
Dette du gouv. central, % du PIB  
Balance courante, % du PIB  
13,0  
-3,7  
21  
Dette externe, % du PIB  
23  
25  
L’activité du secteur pétrolier (environ 40% du PIB) a crû de 1,7%  
au T2 2018. Cela illustre le changement - pour le moment marginal -  
de la politique pétrolière du royaume. La politique menée par  
l’OPEP et la Russie de gain de parts de marché, puis de soutien  
aux prix semble donner des résultats. La mise en place progressive  
de plafonds de production a permis une hausse de pratiquement  
Réserves de change, mds USD  
Réserves de change, en mois d'imports  
Taux de change USDSAR (fin d'année)  
529  
31  
497  
30  
566  
33  
658  
37  
3,75  
3,75  
3,75  
3,75  
e: estimations et prévisions BNP Paribas Recherche Economique Groupe  
2- Croissance réelle du PIB  
50% du prix du baril de pétrole Brent depuis le début de l’année  
Total  Secteur du gouvernement non pétrolier  
Secteur privé non pétrolier  Secteur pétrolier  
2017. Pour le moment, cela ne s’est pas traduit par une  
augmentation significative de la production des producteurs hors  
OPEP qui aurait pesé sur les prix. Cependant, la situation du  
marché pétrolier a changé depuis le début de l’année. La chute de  
la production vénézuélienne ainsi que la réduction progressive des  
exportations iraniennes ont nécessité un apport supplémentaire de  
pétrole brut sur le marché par d’autres sources. L’Arabie Saoudite  
disposant d’une flexibilité à la hausse de sa production, sa  
production de pétrole brut a augmenté de 5% entre janvier et  
septembre 2018. Cette dynamique va vraisemblablement s’amplifier  
à court terme étant donné le renforcement des sanctions à  
l’encontre de l’Iran. Après la baisse de 3,1% en 2017, nous  
prévoyons une hausse de 2,3% du PIB pétrolier en 2018.  
14  
%
1
2
0
8
6
4
2
0
2
4
1
-
-
2
011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018e 2019e  
Concernant l’évolution du PIB non pétrolier, la situation est positive  
mais manque singulièrement de dynamisme, notamment en ce qui  
concerne le secteur privé. Sur la première moitié de cette année, ce  
sont les services fournis par le secteur public (13% du PIB) qui ont  
donné l’impulsion principale. Cela était largement anticipé en raison  
du retour d’une politique budgétaire pro-cyclique alimentée par la  
hausse des revenus pétroliers (70% des revenus budgétaires totaux  
en 2017). En 2017, la très faible croissance du secteur non pétrolier  
Source : BNP Paribas  
L’activité du secteur privé non-pétrolier est orientée positivement  
depuis le début de l’année grâce au secteur industriel (hors  
raffinage) et au secteur financier (10% du PIB) qui continue de  
croître sur longue période. Par contre, l’activité du secteur de la  
construction s’inscrit en baisse (-3,2%), confirmant la tendance à  
l’œuvre depuis mars 2016. L’examen d’indicateurs d’activité à  
fréquence élevée confirme que la reprise économique est réelle  
mais qu’elle reste modérée. L’indice PMI reste bien orienté en  
septembre 2018 (53,4 points), bien qu’en baisse par rapport au  
mois précédent. Cependant, la significativité de cet indicateur dans  
le cas saoudien n’est pas évidente.  
(
1% en termes réels contre 5,7% en moyenne entre 2011 et 2015)  
est en grande partie imputable à une politique budgétaire restrictive.  
Etant donné nos prévisions haussières quant aux prix du pétrole, ce  
soutien budgétaire devrait se poursuivre et être un moteur décisif de  
la croissance en 2018. Selon nos estimations, le PIB du secteur  
public hors pétrole devrait croître de 3,5% cette année.  
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En effet, la très faible activité du secteur privé non-pétrolier en 2016  
et 2017 n’est pas reflétée par un indice PMI qui est resté  
systématiquement supérieur à 53 points. L’évolution du crédit au  
secteur privé reste anémique (+1% en g.a. en août 2018). De même,  
le crédit aux ménages n’augmentait que de 1% en g.a. au T2 2018.  
Il semble que l’effet positif traditionnel de la hausse des dépenses  
publiques sur l’activité du secteur privé ne soit plus aussi important  
qu’auparavant. La réforme du marché du travail paraît être l’un des  
facteurs déterminants de cette situation.  
3
- Saoudiens employés par le secteur privé (en millions)  
2
1,98  
1,96  
1,94  
1,92  
1,9  
1,88  
1,86  
1,84  
1,82  
Douloureuse réforme du marché du travail  
Parmi les réformes mises en œuvre dans le cadre de « Vision  
030 », la transformation du marché du travail saoudien est la plus  
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1,8  
engagée. Le diagnostic est connu depuis de nombreuses années :  
une dichotomie entre des emplois publics bien rémunérés,  
majoritairement occupés par des Saoudiens nationaux (90% de  
l’emploi public), et des emplois du secteur privé dont la part la  
moins qualifiée est occupée par des expatriés. La croissance  
démographique saoudienne et l’augmentation de l’emploi féminin  
nécessitent une réforme de ce système qui engendre un taux de  
chômage important chez les jeunes Saoudiens (43% parmi les 20-  
2016  
Mars-17 Juin-17 Sept-17  
Déc-17 Mars-18  
Source : BNP Paribas  
le secteur public, USD 1 920 pour un Saoudien employé dans le  
secteur privé et USD 1 040 pour un expatrié. D’un point de vue  
sectoriel, seules les activités extractives emploient une main-  
d’œuvre à majorité composée de nationaux (58%). Ce secteur ne  
concerne que 1,8% de l’emploi total dans le royaume. Ce sont les  
secteurs de la construction et du commerce qui concentrent la  
majorité des emplois, respectivement 39% et 25% de l’emploi total.  
Ce sont aussi les secteurs dans lesquels les Saoudiens sont les  
plus minoritaires. Ils occupent 19% des emplois du secteur  
commercial et 12% des emplois dans la construction.  
24 ans).  
On peut distinguer trois catégories de mesures de la part du  
gouvernement : une augmentation du coût de la main-d’œuvre  
émigrée par l’imposition de taxes à leurs employeurs et de frais sur  
les membres des familles des expatriés, une imposition de quotas  
d’emplois de nationaux suivant les secteurs, et un effort de  
formation de la population saoudienne. Une des dernières mesures  
significatives concerne le secteur du commerce de détail où la  
présence de nationaux est imposée en remplacement des  
personnels de nationalité étrangère. Pour le moment, ces mesures  
sont sources de frictions majeures sur le marché du travail et  
constituent un facteur important de ralentissement de l’activité.  
Entre le début de l’année 2017 et mars 2018 (dernières données  
disponibles), environ 700 000 travailleurs étrangers ont quitté le  
marché du travail, dont 234 000 pour le seul T1 2018. En parallèle,  
Les investissements étrangers sont l’un des moteurs de la création  
d’emplois dans les pays émergents. L’attractivité de l’Arabie  
Saoudite est particulièrement faible. En 2017, les investissements  
directs étrangers (IDE) se sont élevés à USD 1,4 md, soit 0,2% du  
PIB. Même si elle peut être considérée comme exceptionnelle, cette  
contre-performance s’inscrit dans un contexte de faiblesse  
structurelle des IDE dans le royaume. Sur la période 2013-2016,  
ces derniers ont atteint en moyenne 1,16% du PIB. Face à cette  
problématique, le gouvernement a initié une politique de  
conditionnalité de certains gros contrats commerciaux à la  
réalisation d’une partie de la production localement. Cela concerne  
notamment certains secteurs de l’armement.  
9
4 000 Saoudiens ont rejoint le secteur privé durant la même  
période. Les conséquences sur la demande privée (la  
consommation privée représente environ un tiers du PIB) sont donc  
évidentes, même si une grande partie des postes occupés par les  
expatriés ayant quitté le marché du travail étaient peu qualifiés.  
Cette tendance du marché du travail devrait perdurer plusieurs  
trimestres et les conséquences négatives sur la demande interne  
risquent de croître. En effet, les départs d’expatriés concernent des  
catégories d’emplois de plus en plus qualifiées. Dans ce contexte,  
nous restons prudents quant à nos prévisions de croissance du PIB  
du secteur privé non pétrolier. Toutefois, elle devrait rester  
inférieure à 2% jusqu’en 2020.  
Les réformes visant à créer des emplois pour les nationaux  
devraient continuer de peser sur l’activité à moyen terme. Le  
chantier est d’autant plus important que le taux de participation des  
Saoudiens au marché du travail est assez bas (42% en moyenne).  
Persistance de contraintes structurelles  
Une des contraintes majeures à l’accès des nationaux aux emplois  
du secteur privé est liée à l’écart de salaire avec le secteur public et  
à la faible attractivité d’un grand nombre d’emplois pour les  
Saoudiens. Selon l’autorité saoudienne de la statistique, en 2017 le  
salaire mensuel moyen était de USD 2 960 pour un Saoudien dans  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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