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EcoPerspectives // 2 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Espagne  
La croissance résiste  
Dans un environnement économique morose, la croissance espagnole est l’une des plus résistantes de la zone euro, et commence  
l’année 2019 sur une tendance assez dynamique. Les facteurs de soutien à la conjoncture se situent essentiellement du côté des  
ménages, dont le taux d’épargne a retrouvé le point bas de 2008. A quelques jours des élections générales du 28 avril, la  
fragmentation du paysage électoral reste forte. Quel qu’il soit, le parti vainqueur des élections pourrait avoir du mal à construire une  
coalition majoritaire durable.  
Un début d’année solide  
1- Croissance et inflation  
L’Espagne reste, en ce printemps 2019, l’une des plus résilientes  
parmi les grandes économies de la zone euro. Après trois années  
de reprise très vive (2015-2017, avec un PIB en hausse de plus de  
Croissance du PIB (%)  
 Inflation (%)  
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,2  
Prévision  
,1  
Prévision  
3,0  
2,6  
3,0% par an), l’activité a bien ralenti l’an dernier. Mais, à 2,6%  
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2,0  
contre 1,8% en moyenne pour l’ensemble de la zone euro, la  
croissance espagnole continue de faire très bonne figure dans  
l’espace européen (cf. graphique 2).  
1,7  
1,7  
1,4  
1,0  
Ceci ne veut pas dire que l’activité s’est révélée insensible à la  
dégradation de l’environnement international et au ralentissement  
du commerce mondial. Au contraire, la croissance des exportations  
de marchandises n’a cessé de ralentir au cours des deux dernières  
années, jusqu’à devenir négative lors des derniers mois de 2018 et  
début 2019 (-2,4% g.a. en volume en janvier dernier). Ces  
développements ont fini par peser sur l’investissement productif qui,  
hors construction, s’est stabilisé puis a entamé un repli au second  
semestre de 2018.  
-0,3  
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18  
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20  
16  
17  
18  
19  
20  
Sources : Comptes nationaux, BNP Paribas  
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- Parmi les plus dynamiques  
PIB de l’Espagne, % g.a.  
▪▪ PIB de la zone euro, % g.a.  
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De fait, les facteurs de résistance de la croissance espagnole sont  
plutôt à rechercher du côté de la demande intérieure et en  
particulier des ménages et, du point de vue sectoriel, du côté des  
services, dont l’activité était en hausse de +3% g.a. en volume fin  
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2
2
018 (contre -0,5% g.a. dans le secteur manufacturier). Les  
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données d’activité et d’enquêtes les plus récentes confirment la  
tendance. Dans le secteur manufacturier, la production était en  
léger repli au tournant de l’année et l’indice des directeurs d’achats  
-2  
-4  
(
PMI) du secteur frôlait en février et mars 2019 le seuil de 50 points,  
-6  
indicatif d’une contraction de l’activité. Du côté des services en  
revanche, après un bref trou d’air à l’automne dernier, les enquêtes  
se redressent et les perspectives sont bien orientées (graphique 3).  
2003  
2006  
2009  
2012  
2015  
2018  
Source : Eurostat  
Dans l’ensemble, ces éléments témoignent d’une économie dont la  
croissance reste pour l’instant stable, à un niveau relativement  
élevé, tirée par le renforcement de la demande intérieure, malgré le  
ralentissement des échanges extérieurs. A ce stade, les dernières  
estimations de la Banque d’Espagne comme de l’autorité de  
surveillance des politiques budgétaires (Airef) suggèrent d’ailleurs  
que la croissance trimestrielle du T1 était en ligne avec les rythmes  
enregistrés en 2018 (0,6%t/t). Même en fléchissant un peu au cours  
des trimestres suivants, la croissance annuelle du PIB pourrait dès  
lors s’établir un peu au-dessus de 2% en 2019.  
sur les échanges commerciaux à court terme, et accentuant le  
ralentissement des échanges en Europe. Au-delà, rappelons que,  
s’agissant du commerce extérieur, l’Espagne ne fait pas partie des  
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pays les plus exposés par une sortie du Royaume-Uni de l’UE  
Des ménages (un peu trop) confiants  
Plusieurs facteurs supportent le dynamisme de la demande  
intérieure. Les créations d’emplois bien sûr, qui conservent un  
rythme élevé (+2,3% g.a. au T4 2018), alors même que 2,3 millions  
1
L’issue de la crise britannique sur l’accord du Brexit constitue  
évidemment un risque baissier, qui se matérialiserait en cas de  
sortie sans accord et « par accident », entrainant des perturbations  
Voir Évaluer l’impact du Brexit sur l’activité des partenaires du Royaume-Uni : le  
canal des échanges commerciaux, INSEE, note de Conjoncture mars 2019, pp33 à  
5
la France, de 0,2 pp. (soft Brexit) à 0,5 pp. (hard brexit) de PIB.  
1. L’impact estimé pour l’Espagne est légèrement plus faible que celui estimé pour  
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de personnes ont retrouvé un travail depuis le point bas de 2013. Le  
taux de chômage est tombé en deçà de 14% de la population active  
début 2019 et devrait continuer de baisser tout au long de l’année.  
La faiblesse de l’inflation également, qui a perdu un point depuis  
octobre dernier (1,3% en mars 2019) sous l’effet du repli des prix de  
l’énergie, tandis que sa composante sous-jacente se maintient  
autour de 1% depuis près de dix-huit mois, sans signe  
d’accélération. La politique budgétaire enfin, qui, profitant des  
recettes générées par la croissance, reste légèrement  
expansionniste, en particulier à destination des ménages. De fait,  
après la hausse du SMIC en début d’année, et à l’approche des  
élections législatives, le gouvernement de Pedro Sanchez s’est  
efforcé de donner du contenu à sa politique de dépenses sociales  
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- Ralentissement manufacturier  
Indices des directeurs d’achats (pts)  
composite ; ▪▪▪ services ;  industrie manufacturière  
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5
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2011  
2012  
2013  
2014  
2015  
2016  
2017  
2018  
2019  
(
extension du congé paternité, amélioration de l’indemnisation des  
Source : Markit  
chômeurs âgés) dans les domaines où il peut agir par décrets. Sur  
les bases actuelles, et en attendant de connaître les orientations du  
prochain gouvernement, la Banque d’Espagne estime que le déficit  
budgétaire pourrait s’établir autour de 2,5% du PIB cette année, en  
légère baisse par rapport à 2018 (2,7%).  
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- Les ménages à la manœuvre  
consommation privée, en volume, % g.a.  
▪▪ pouvoir d’achat, % g.a.  
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4
2
0
2
4
6
Dans ce contexte plutôt porteur, les ménages ibériques sont tout  
entier tournés vers la dépense, et il faut sans doute regretter qu’ils  
n’allouent une petite partie de la hausse de leur revenu disponible  
(
1,3% en termes réels l’an dernier) à la reconstitution de leur  
épargne. Bien au contraire, le dynamisme de la consommation  
s’appuie également sur une baisse du taux d’épargne, qui est  
tombé à 5% fin 2018, soit en deçà du point bas de 2008. Avec un  
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-
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2
marché immobilier plus que dynamique , cette épargne ne suffit  
-8  
-10  
plus à couvrir les nouveaux flux d’investissement logement des  
ménages. Si ces tendances se poursuivent, le ratio d’endettement  
des ménages, qui a fortement diminué ces dernières années, finirait  
par se stabiliser à un niveau proche de la moyenne de la zone euro.  
2004  
2006  
2008  
2010  
2012  
2014  
2016  
2018  
Sources : INE, Eurostat  
outre Podémos, sur le soutien des partis indépendantistes restera  
centrale, alors même que la question catalane reste un facteur  
majeur de division dans le pays. Jusqu’ici, son offre de discuter en  
profondeur de l’autonomie catalane, dans un cadre constitutionnel,  
est restée sans écho. Du côté du Parti Populaire (PP) et de son  
nouveau leader Pablo Casado, la question est de savoir s’il pourrait  
convaincre Vox et Ciudadanos de répliquer à l’échelle nationale  
l’alliance formée pour prendre la tête de l’Andalousie en décembre  
dernier. Même si elle n’est actuellement pas envisagée par ses  
acteurs, les observateurs n’écartent pas non plus la possibilité  
d’une alliance PSOE-Ciudadanos.  
A la recherche d’une majorité  
C’est le rejet en début d’année par le Parlement du projet de budget  
pour 2019 qui a conduit Pedro Sanchez à convoquer des élections  
générales anticipées qui se tiendront le 28 avril prochain.  
A ce stade, les sondages suggèrent que le Parti socialiste espagnol  
(
PSOE) fait la course en tête, mais tout en rassemblant des  
intentions de vote plus faibles que celles recueillies par le Parti  
populaire lors des élections générales de 2016 (33%). Le second  
fait marquant de la dynamique électorale actuelle est la poussée du  
parti d’extrême droite Vox, dernier né de la scène politique  
espagnole, qui bénéficie actuellement d’intentions de vote de l’ordre  
de 10%. Enfin, en Espagne comme ailleurs, la poussée des partis  
extrémistes durcit les discours des partis traditionnels.  
Au final, il est clair que la fragmentation du paysage politique  
espagnol ne s’est pas résorbée depuis 2016, bien au contraire.  
Dans ce contexte, Pedro Sanchez, même si son parti devrait  
remporter ces élections, pourrait bien rencontrer de grandes  
difficultés à former une coalition capable de s’installer durablement  
à la tête du gouvernement. La question de savoir s’il peut s’appuyer,  
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Les prix, dont la hausse dépasse 6% g.a. depuis plus de dix-huit mois, ne sont plus  
que 20% en deçà du point haut de 2007, contre 37% au point bas fin 2013.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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