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EcoPerspectives // 3 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Danemark  
Une croissance stable  
Le Danemark, une petite économie ouverte, devrait pâtir du tassement de la croissance chez ses principaux partenaires commerciaux  
au cours des prochains trimestres. La consommation des ménages demeurera le principal moteur de la croissance grâce aux  
créations d’emplois, aux hausses de salaires et à une inflation modérée. L’augmentation des prix à la consommation, de seulement  
0,7% g.a. en mai, restera en effet contenue. L’économie danoise devrait par ailleurs bénéficier d’une politique monétaire  
accommodante au cours des prochains trimestres, cette dernière dépendant de celle menée par la Banque centrale européenne.  
Le Danemark, dont le PIB a progressé de respectivement 2,3% et  
1
- Croissance et inflation  
1,5% en 2017 et 2018, devrait afficher une croissance du PIB moins  
Croissance du PIB (%)  
Inflation (%)  
heurtée en 2019. L’exportation d’un brevet au premier trimestre  
1
2
2
017 avait, en effet, fortement affecté le profil du PIB danois en  
017 et 2018. Le Danemark devrait également atteindre une  
Prévision  
Prévision  
dynamique de croissance relativement soutenue malgré une  
conjoncture internationale moins favorable. Le PIB, en hausse de  
2,4  
2
,3  
1,7  
1,7  
0
,1% t/t au T1 2019, devrait croître de près de 1,7% cette année et  
en 2020, soit à un rythme proche de celui affiché, en moyenne, en  
017 et 2018 (de +1,9%) et de son potentiel de croissance (de 1,6%  
en 2019 selon l’OCDE).  
1,5  
1
,4  
1,2  
1,1  
2
0,7  
0
,0  
Une croissance soutenue par la consommation  
1
6
17  
18  
19  
20  
16  
17  
18  
19  
20  
Le Danemark, une petite économie ouverte, devrait pâtir, au cours  
des prochains trimestres, du tassement de la croissance en  
Allemagne, en Suède et aux Etats-Unis , ses principaux partenaires  
Sources : Comptes nationaux, BNP Paribas  
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En effet, les hausses de salaires alimenteront celles des prix à la  
consommation au cours des prochains mois, mais l’inflation, qui  
atteignait seulement 0,7% g.a. en mai, se maintiendra  
vraisemblablement en deçà de 2% g.a. au cours des prochains  
trimestres.  
commerciaux. Le doute subsiste néanmoins quant à l’ampleur de ce  
ralentissement. Celle-ci dépendra de l’évolution des politiques  
protectionnistes et du commerce mondial. De même, le Brexit, dont  
les modalités doivent encore être définies, fait peser un risque sur  
l’économie danoise en raison des liens commerciaux étroits entre le  
Danemark et le Royaume-Uni (6,7% des exportations danoises de  
biens en 2018). L’investissement en machines et biens  
d’équipement pâtira cette année de ces perspectives de croissance  
moins favorables et d’un acquis de croissance négatif. La  
croissance de l’investissement résidentiel, qui avait fortement  
progressé entre 2015 et 2018, devrait également faiblir en raison du  
ralentissement de la hausse des prix de l’immobilier.  
L’économie danoise devrait par ailleurs bénéficier d’une politique  
monétaire accommodante au cours des prochains trimestres (le  
taux appliqué à la facilité de dépôt est actuellement de -0,65%). La  
politique monétaire danoise dépend, en effet, de celle menée par la  
Banque centrale européenne, la couronne danoise étant arrimée à  
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l’euro .  
L’excédent budgétaire, de +0,5% du PIB en 2018, devrait diminuer  
à nouveau légèrement en 2019. La croissance de l’activité devrait  
soutenir les finances publiques, mais le remboursement des impôts  
fonciers ainsi que la diminution de la taxe sur le rendement des  
fonds de pension devraient peser sur le solde budgétaire. Celui-ci  
restera néanmoins excédentaire, ce qui laisse quelques marges de  
manœuvre au Danemark en cas de ralentissement. Parallèlement,  
la dette publique, de 34,1% du PIB en 2018, devrait à nouveau  
reculer en 2019 grâce à un excédent primaire, à de bas taux  
d’intérêt et à une hausse du PIB nominal.  
La consommation des ménages demeurera vraisemblablement le  
principal moteur de la croissance au cours des prochains trimestres.  
Comme pour l’activité, le rythme des créations d’emplois devrait  
légèrement ralentir mais elles devraient se poursuivre à un rythme  
suffisamment soutenu pour maintenir le taux de chômage, de 5,3%  
en avril, à un bas niveau. Ce resserrement du marché du travail  
devrait accroître les tensions sur les salaires. Il pourrait ainsi  
soutenir la progression du revenu disponible et les dépenses de  
consommation des ménages au cours des prochains mois.  
L’augmentation des prix à la consommation devrait par ailleurs  
rester modérée.  
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L’exportation d’un brevet au premier trimestre 2017 a contribué à hauteur de  
0
,4 point à la croissance du PIB en 2017 et pesé d’autant sur celle de 2018.  
En 2018, 15,5%, 11,5% et 8,3% des exportations danoises de biens étaient  
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La couronne danoise bénéficie d’une marge de fluctuation de +/- 2,25% autour  
destinées respectivement à l’Allemagne, la Suède et aux Etats-Unis.  
du cours pivot de 7,46 DKK pour un euro.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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