Perspectives

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EcoPerspectives // 4 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Belgique  
La demande intérieure ne doit pas décevoir  
La croissance du PIB devrait reculer de 1,4 % en 2018 à 1 % à peine en 2019 et à 0,7 % en 2020. Ce repli s’explique par un nouveau  
ralentissement du commerce international, que la bonne tenue de la demande intérieure ne compense que partiellement. Malgré le  
recul des créations d’emplois, le redressement du revenu disponible devrait stimuler la consommation privée jusqu’à fin 2019 et une  
partie de 2020. Les finances publiques demeurent un facteur de risque majeur, la dette publique étant supérieure à 100 % du PIB. Un  
nouveau dérapage budgétaire semble inévitable, les négociations en vue de former un gouvernement n’étant pas près d’aboutir.  
En septembre, la confiance des chefs d’entreprise s’est stabilisée  
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- Croissance et inflation  
en dessous de sa moyenne de long terme, confirmant la tendance à  
Croissance du PIB (%)  
Inflation (%)  
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la baisse observée depuis le début du 2 trimestre 2019. L’indice de  
Prévision  
Prévision  
la production industrielle est néanmoins ressorti en très forte hausse  
en Belgique, juste avant l’été, alors qu’il s’inscrivait, en moyenne, en  
repli dans la zone euro à la même période. Les résultats  
apparemment encourageants de ces enquêtes doivent être  
interprétés avec prudence compte tenu de la diminution de la valeur  
ajoutée industrielle, estimée sur la base des données relatives au  
chiffre d’affaires effectif.  
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Malgré une solide progression au 2 trimestre, la croissance de  
l’investissement est en retrait par rapport aux attentes compte tenu  
de sa relation avec les taux d’utilisation des capacités. Ces derniers  
étant toujours supérieurs à leur moyenne de long terme, l’incertitude  
liée aux événements géopolitiques (Brexit, guerre commerciale  
entre les États-Unis et la Chine) freine l’appétit d’investissement.  
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Sources : comptes nationaux, BNP Paribas  
Le solde de cette augmentation devrait se répercuter sur les  
entreprises dont les bénéfices seront amputés d’autant plutôt que  
sur les prix. L’inflation totale reculerait ainsi de 2,3 % en 2018 à  
1,3 % en 2019.  
Marché du travail et prix  
Depuis 2014, l’emploi a progressé de 6 %, soit près de 300000  
nouveaux postes. Le taux de chômage est bien inférieur à 6 % et le  
chômage des jeunes s’approche d’un plus bas de 13 %. Le taux  
d’emploi des 20-64 ans demeure dangereusement faible : à 69,7 %  
à la fin de 2018, il devrait être inférieur à l’objectif fixé (73,2 %) à  
l’horizon 2020. La croissance du taux d’emploi reste un défi majeur  
pour assurer la viabilité future du système de sécurité sociale.  
Politiques publiques  
Le déficit public s’est nettement amélioré, passant de  
3,1 %, en 2014, à -0,7 % en 2018, en raison de deux facteurs : la  
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baisse des charges d’intérêt et le repli plus rapide des dépenses  
primaires que celui des recettes. Concernant le premier facteur,  
l’Agence fédérale de la dette a su profiter de taux d’intérêt  
actuellement bas pour rallonger les échéances de l’encours de la  
dette publique. La maturité de la dette publique a ainsi été rallongée  
de quatre ans entre 2007 et 2018, soit bien plus que la moyenne  
des pays de l’OCDE, qui est de 2 ans. En conséquence, les  
charges d’intérêt vont probablement se maintenir au niveau actuel  
de 2 % du PIB, voire en dessous à l’horizon des prévisions.  
Le taux de vacances d’emploi (le nombre de postes vacants  
rapporté au nombre total d’emplois dans le secteur des services)  
dépasse 4 % depuis le début de 2017. Ce taux dépasse largement  
la moyenne de la zone euro, qui s’établit à 2,4 %. Les difficultés des  
entreprises à pourvoir les postes vacants sont symptomatiques de  
l’inadéquation des qualifications entre l’offre et la demande de main-  
d’œuvre. De plus, les disparités régionales sont nombreuses avec  
un taux de chômage plus élevé en Wallonie (partie sud du pays).  
Cependant, le budget primaire devrait se détériorer dès cette année.  
Le gouvernement minoritaire actuel est, en effet, dans l’incapacité  
de faire adopter des mesures impopulaires pour éviter un nouveau  
dérapage budgétaire. Comme les négociations en vue de la  
formation d’un gouvernement viennent à peine de redémarrer,  
après la fin, la semaine dernière, des dernières discussions au plan  
régional, il est hautement improbable que cette situation s’améliore  
d’ici à la fin de l’année. Selon nos prévisions, le déficit global devrait  
s’élever de nouveau à 2 % cette année.  
Depuis quelques mois, les créations d’emplois semblent marquer le  
pas. L’indice Federgon de l’emploi temporaire s’est inscrit en retrait  
pour le quatrième trimestre consécutif, alors que depuis le 3e  
trimestre 2013, sa trajectoire est restée cinq années durant orientée  
à la hausse. Quelles que soient ces données préliminaires, la  
consommation privée devrait continuer à augmenter au cours des  
prochains trimestres d’autant que les salaires négociés et  
l’indexation des salaires poussent le revenu disponible à la hausse.  
Ces facteurs vont également contribuer à une nouvelle hausse du  
coût salarial horaire. Selon la Banque nationale de Belgique (BNB),  
cette augmentation ne devrait être compensée qu’en partie par les  
gains de productivité.  
Des soldes budgétaires aussi déficitaires vont de nouveau ralentir le  
rythme de réduction de la dette. La dette publique, qui ressortait à  
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02 % du PIB, en 2018, est bien supérieure à celle de la moyenne  
des pays de la zone euro (86 %). Cela reste un important point  
faible de l’économie belge.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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