Perspectives

L’économie entre en récession

e
26  
EcoPerspectives // 2 trimestre 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
Finlande  
L’économie entre en récession  
L’épidémie mondiale de coronavirus entrainera une chute de l’activité en Finlande, via le canal des exportations mais pas seulement.  
La récession pourrait être plus virulente si la consommation des ménages et les circuits de production venaient à se gripper. Au-delà  
du soutien apporté par la politique monétaire de la Banque centrale européenne, la politique budgétaire tentera d’amortir les effets du  
choc, et de limiter le recul de l’emploi.  
Jusqu’en 2019 l’économie finlandaise, bien que ralentie, faisait  
1
- Croissance et inflation  
encore bonne figure. Une importante livraison de bateaux avait  
soutenu les exportations, tandis que la croissance, mesurée à 1,5%,  
dépassait la moyenne européenne. En 2020, la mise à l’arrêt de  
l’économie mondiale consécutive à l’épidémie de coronavirus fera  
basculer la Finlande en récession, l’inconnue étant l’ampleur de  
celle-ci.  
(g.a., %)  
Croissance du PIB  
Prévisions  
Inflation  
Prévisions  
5
4
3
4.3  
2
1
0
1
1.7  
1.2  
1.1  
1
0.9  
Pertes probables d’activité et plan de soutien  
budgétaire  
0.3  
-
Important pourvoyeur de biens d’équipement et de pétrole raffiné  
l’un des tout premiers postes d’exportation), la Finlande est  
-2  
-3  
-4  
(
-
3
particulièrement concernée par la mise à larrêt des chaines de  
production mondiale. La baisse des exportations, notamment à  
destination des partenaires de la zone euro (47% du total), comme  
celle des dépenses d’investissement des entreprises, seront les  
principaux vecteurs de la récession qui s’annonce. Déjà questionné  
par une baisse du nombre de permis de construire (de 17,7% sur un  
an au quatrième trimestre 2019) l’investissement résidentiel devrait  
également reculer.  
2018  
2019  
2020  
2021  
2018  
2019  
2020  
2021  
Sources : comptes nationaux, BNP Paribas  
Sont notamment prévus des transferts directs aux PME et  
organismes de sécurité sociale, des mesures de baisses et/ou  
différés de charges pour les entreprises comme, par exemple, la  
réduction de EUR 910 millions des cotisations-retraites des  
employeurs pour 2020.  
Les Finlandais limiteront leurs achats. Déjà entamé par la mise en  
place du Competitiveness Pact, qui freinait la progression des  
salaires, l’indice de confiance des consommateurs a connu un fort  
recul au mois de mars, lorsqu’il s’est avéré que l’épidémie de  
coronavirus n’épargnerait pas le pays. Le déclin de la  
consommation des ménages pourrait approfondir la chute du PIB en  
2
020.  
Pour tenter d’estimer les effets économiques de la pandémie de  
coronavirus, la Banque centrale finlandaise a retenu deux scénarii.  
Si le pays devait seulement subir une chute de ses exportations,  
des mesures de soutien pourraient permettre de limiter la récession  
à 1,5% (baisse du PIB en moyenne annuelle sur 2020). En cas de  
recul de la consommation des ménages, la chute de l’activité serait  
de l’ordre de 4%.  
La politique budgétaire, encore neutre jusqu’à présent, va prendre  
une tournure plus expansionniste face à la crise. Au-delà des  
mesures de soutien à la liquidité et au financement de l’économie  
prises par la BCE, le gouvernement de coalition (à majorité sociale-  
démocrate) a adopté un plan d’aide au secteur privé d’un montant  
total de EUR 15 milliards ou 6,4% du PIB.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 2458 articles et 632 vidéos