EcoFlash

PDF
ECO FLASH  
2
0 décembre 2018  
Royaume-Uni : les grandes banques britanniques résisteraient  
à un choc de grande ampleur, sous certaines conditions  
Laure BAQUERO  
En 2018, la Banque d’Angleterre (BoE) a accéléré la  
publication des résultats de son stress test afin que les  
membres du Parlement britannique puissent en avoir  
connaissance suffisamment longtemps avant de se  
prononcer sur le projet d’accord sur le Brexit, ce qui était  
En 2013, la Banque centrale d’Angleterre (BoE) décidait de  
soumettre les grandes banques britanniques à un stress test  
annuel en plus de celui mené par l’European Banking  
Authority (EBA) tous les deux ans. Les deux tests sont  
complémentaires ne serait-ce qu’en raison d’approches  
méthodologiques différentes. En pratique, les exercices de la  
BoE sont menés par sa Prudential Regulation Authority (PRA)  
et analysés par son Financial Policy Committee (FPC) qui  
peut décider d’ajuster ou non le niveau des exigences  
prudentielles.  
1
initialement prévu pour le 11 décembre 2018 .  
Le niveau des actions ordinaires et assimilés de T1 (i.e.  
Common Equity Tier 1 – CET1) avant test est 3,5 fois  
supérieur à celui qui était le sien avant la crise de 2008  
d’après les estimations de la BoE. Il est surtout en  
constante progression depuis 2014, signifiant que les  
banques britanniques renforcent leurs capitaux propres.  
La résistance des banques britanniques en constante  
amélioration selon la Banque d’Angleterre  
Depuis 2014, la PRA soumet les grandes banques  
La BoE se dit satisfaite des résultats enregistrés au titre de  
l’exercice 2018 puisque chacune des sept banques  
évaluées parvient à maintenir un niveau de CET1 au-delà du  
minimum requis à l’issue du choc, bien que ce dernier soit  
jugé plus rude que la crise de 2008, et suffisamment sévère  
pour englober un scenario de Brexit désordonné.  
2
britanniques à un stress test annuel suivant le triple objectif  
de (i) fournir une analyse quantitative et prospective sur la  
qualité du capital du système bancaire britannique, (ii) rendre  
la BoE responsable de la stabilité financière devant le  
Parlement et le grand public, et (iii) restaurer la confiance du  
public envers la stabilité financière.  
Compte tenu de ces résultats, entre autres, le Financial  
Policy Committee de la BoE a maintenu le niveau de son  
matelas contra cyclique – qui vient s’ajouter aux exigences  
prudentielles réglementaires – pour l’ensemble du système  
bancaire à 1%.  
Ces stress tests sont un moyen pour la BoE de vérifier  
l’adéquation des capitaux propres bancaires à un scenario de  
stress et d’ajuster le niveau de capital requis – en sus des  
seuils réglementaires bâlois – sous forme de matelas si elle le  
juge nécessaire (cf. graphique 1), que ce soit au niveau  
individuel ou pour l’ensemble du système bancaire. Elle  
insiste pour qu’ils ne soient pas considérés comme de  
2
Initialement au nombre de huit : Barclays, Co-Operative Bank, HSBC, Lloyds,  
Nationwide, RBS, Santander UK et Standard Chartered, mais Co-Operative  
Bank est sortie de l’échantillon dès 2015 suite à d’importantes opérations de  
restructuration.  
1
BoE (20/11/2018), Change of publication date for Financial Stability Report  
and Bank of England stress testing results.  
DIRECTION DES ETUDES  
ECONOMIQUES  
La banque  
d’un monde  
qui change  
EcoFlash  
economic-research.bnpparibas.com  
2
simples exercices auxquels les banques réussissent ou  
échouent, et se réserve le droit de leur imposer des actions  
pour ajuster leur niveau de capital ou de corriger les  
inadéquations dans leur gestion de celui-ci le cas échéant.  
CET1 : décomposition des exigences réglementaires  
imposés par la BoE aux banques britanniques  
Matelas supplémentaires requis par la PRA  
À la lumière des exercices menés en 2014 et 2015, la BoE a  
opéré quelques ajustements méthodologiques pour les tests  
des trois années suivantes (test de nature contra cyclique,  
relèvement progressif des seuils minimums de CET1, fixation  
d’un seuil par banque, exigence accrue pour les banques  
systémiques, etc.). In fine, le matelas d’absorption de fonds  
propres requis par la PRA est constitué de 4 à 6 éléments  
(spécifique à chaque banque)  
Matelas ajusté selon  
les stess test  
Matelas contra cyclique et exigences de capitaux propres par  
secteur (ensemble du système bancaire  
)
Matelas de conservation de capitaux propres  
(2,5% CET1)  
Matelas systémique (spécifique à chaque banque)  
Matelas fixé en référence  
à l'impact d'une défaillance  
alliant composants spécifiques  
à
chaque banque et  
Pilier 2  
composants à portée générale ; certains pouvant évoluer  
selon les résultats des stress tests (cf. graphique 1). Outre les  
stress tests annuels, la PRA a également introduit des tests  
menés tous les deux ans pour sonder la résilience du  
système bancaire à d’autres risques qui ne seraient pas  
parfaitement liés au cycle financier. Le premier a été mené en  
(
spécifique à chaque banque)  
Pilier 1  
4,5% CET1)  
Exigences minimales  
(
2017. Il testait la capacité des banques à s’adapter à un  
environnement de croissance et de taux continument faibles.  
La PRA estimait alors que les banques évaluées parvenaient  
à
s’adapter  
à
cet environnement sans changement  
Graphique 1  
Sources : BoE, BNP Paribas  
stratégique majeur ni prise de risque, mais par exemple en  
réduisant leurs coûts pour compenser la baisse de leurs  
marges .  
3
Ratio CET1 au Royaume-Uni (agrégé) avant et après les stress tests de la BoE  
1
1
1
1
6
4
2
0
8
6
4
2
0
Seuil minimal exigé  
Plan d'actions et autres éléments de T1 (AT1)  
Evolution  
méthodologique  
14,5%  
9,7%  
Co-Operative  
Bank sort de  
l'échantillon  
13,4%  
1
2,6%  
1
1,2%  
1
0,0%  
8
,8%  
8,3%  
7
,5%  
7,6%  
7,2%  
7,0%  
7,3%  
7,3%  
6,5%  
BoE 2014  
BoE 2015  
BoE 2017  
Scenario macro identique  
Sources : BoE, BNP Paribas  
BoE 2018*  
BoE 2016  
*
Sous l'hypothèse de transition en courspour IFRS 9  
Graphique 2  
3
Bank of England (2017), Stress testing the UK banking system: 2017 results.  
La banque  
d’un monde  
qui change  
EcoFlash  
economic-research.bnpparibas.com  
3
Depuis 2014, la BoE se dit chaque année globalement  
satisfaite de l’exercice puisque le CET1 agrégé à l’issue du  
choc est supérieur au seuil minimal exigé, sachant qu’il  
progresse chaque année pour atteindre 7,8% en 2018 et que  
le scenario macro-financier auquel les banques ont été  
soumises varie d’une année sur l’autre – sauf entre 2017 et  
Dans 72% des cas, la PRA a jugé que les seuils minimums  
avaient été atteints et les fonds propres suffisants. Ce fut en  
particulier le cas chaque année depuis 2014 pour HSBC,  
Nationwide et Santander UK (cf. tableau 1).  
4
À partir de 2017, les sept banques évaluées disposent de  
suffisamment de fonds propres pour résister au choc calibré  
par la BoE. Ce succès est toutefois conditionné aux  
hypothèses posées par la BoE (i) de bilan non dynamique,  
c’est-à-dire que les banques sont autorisées à mener des  
plans d’actions pour réorganiser leurs activités afin d’absorber  
2018 (cf. graphique 2). Dans le détail, plusieurs banques n’ont  
pas réussi le test au cours des premières années dans la  
mesure où leur CET1 n’atteignait pas le seuil minimal exigé  
ou parce que la PRA considérait que leurs fonds propres  
méritaient d’être consolidés même si les seuils réglementaires  
étaient atteints. La PRA surveillait alors de près l’évolution de  
leur CET1 et de leur ratio de levier minimal en fonds propres  
de base (T1) tout au long de l’année avant de dévoiler les  
résultats du stress test, et de prier certaines de rehausser  
leurs fonds propres si nécessaire.  
5
le choc , et (ii) la possibilité de convertir d’« autres éléments  
de type T1 » (AT1) pour renforcer leurs fonds propres dans  
l’éventualité où ces derniers seraient excessivement affectés  
par un stress important.  
Synthèse des résultats aux tests de résistance de la BoE entre 2014 et 2018 en termes de CET1  
Test de résistance  
CET1 supérieur  
aux exigences minimales  
CET1 inférieur  
aux exigences minimales  
Fonds propres jugés  
insuffisants par la PRA  
Renforcement des fonds propres au cours  
de l'année du test à l'initiative de la banque  
Renforcement des fonds  
propres requis par la PRA  
Fonds propres jugés  
suffisants par la PRA  
Co-operative Bank (2014)  
RBS (2016)  
Loyds (2014)  
RBS (2015, 2017*)  
Standard Chartered (2015)  
Barclays (2015 et en 2017*)  
RBS (2014)  
Barclays (2014, 2015, 2018)  
HSBC (2014 à 2018)  
Standard Chartered (2016)  
Lloyds (2015, 2016 à 2018)  
Nationwide (2014 à 2018)  
RBS (2018)  
Santander UK (2014 à 2018)  
Standard Chartered (2014,  
2017, 2018)  
*
En 2017, Barclays et RBS disposent de suffisamment de fonds propres pour réussir le test au sens où elles  
atteignent leur seuil minimal de base, mais pas en tenant compte de leur dimension systémique.  
Schéma  
Sources : BoE, BNP Paribas  
4
5
Le seuil minimal exigé en termes agrégés correspond à la moyenne des seuils  
minimums exigés aux banques.  
Selon les années, il peut s’agir de réduire les dividendes versés, les effectifs,  
l’offre de prêt, etc.  
La banque  
d’un monde  
qui change  
EcoFlash  
economic-research.bnpparibas.com  
4
En 2018, l’essentiel de la baisse du CET1 occasionnée par le  
stress test de la BoE est imputable aux dotations aux  
provisions pour dépréciation du crédit (cf. graphique 3). Elles  
résultent de la contraction de la production, de la baisse du  
prix des actifs et de l’augmentation des taux d’intérêt sachant  
que la moitié de l’augmentation du coût du risque est liée à  
l’exposition des banques à l’économie britannique. Les  
dotations aux provisions pour dépréciation étaient déjà le  
principal facteur de baisse du CET1 à l’occasion des  
précédents stress tests, avec une contribution de plus en plus  
négative au fur et à mesure des années. En comparaison de  
l’exercice de 2017, la tendance est aggravée en 2018 par le  
passage à IFRS 9 et au modèle de dépréciation prospectif,  
même si cela est en partie compensé par la période de  
transition prévue à cet effet. Enfin, un autre facteur vient  
alourdir ces charges pour dépréciation du crédit et préoccuper  
le FPC : la croissance rapide du crédit à effet de levier  
reflétant la détérioration de la qualité des crédits émis à  
l’échelle du marché.  
Succès presque total des banques britanniques au stress  
test de la BoE en 2018  
6
En 2018 , la BoE soumet les sept grandes banques  
britanniques à un choc qu’elle estime plus rude que celui de  
7
la crise de 2008 . Il l’est en effet du point de vue du PIB  
mondial, de l’emploi et des prix de l’immobilier résidentiel au  
Royaume-Uni, mais pas s’agissant du PIB britannique. La  
BoE estime en outre ce choc suffisamment sévère pour  
englober un scenario de Brexit « désordonné » et la baisse du  
ratio de CET1 de 4 points de pourcentage (pp) induite. À  
l’issue du choc, le ratio de CET1 demeure supérieur au seuil  
minimal exigé par la PRA pour chacune des sept banques,  
même sans recourir à la conversion d’AT1.  
Le seuil minimal fixé par la PRA est en effet spécifique à  
chaque banque, selon qu’elle est jugée systémique ou non, et  
en tenant désormais compte de son exposition domestique.  
En 2018, les seuils minimums des sept banques évaluées  
s’échelonnent ainsi de 6,7% à 8,5% (cf. graphique 4) – à  
comparer avec les 7% exigés par Bâle III hors dispositions  
 Facteurs d’évolution du CET1 agrégé suite au test de  
8
transitoires à la même date . La PRA et le PFC en déduisent  
la BoE en 2018 (pp)  
que ces 7 banques, qui octroient ensemble 80% du crédit au  
Royaume Uni, sont suffisamment résistantes pour absorber  
un choc majeur, tout en continuant d’assurer leur rôle de  
financement de l’économie réelle.  
Moindre distribution discrétionnaire  
Transition à IFRS 9  
Forte de ces résultats, ainsi que d’autres éléments sur la  
stabilité financière du Royaume-Uni , la PRA n’a pas exigé de  
renforcement des fonds propres, et le FPC a maintenu le  
niveau du matelas contra cyclique à 1%. À l’inverse, il avait  
été relevé de 0% à 0,5% en juin 2017, puis de 0,5% à 1% en  
novembre 2017.  
Revenus nets d'intérêt  
Frais et dépenses  
9
Autre  
Facteurs haussiers  
Coûts d'inconduite  
Facteurs baissiers  
Il importe de noter que ces résultats valent uniquement sous  
l’hypothèse de recours à la période de transition à IFRS 9. Le  
passage à IFRS 9 et son modèle de dépréciation prospectif  
augmentent le coût du risque des banques à l’origine, et  
durant les phrases de retournement conjoncturel. La période  
de transition permet de lisser le coût de ce changement de  
référentiel comptable . Suivant l’hypothèse d’absence de  
période de transition, les banques britanniques réussissent le  
test mais moins largement et une d’entre elles, Barclays, doit  
recourir à la conversion d’AT1. La PRA précise cependant  
que les seuils minimums alors affichés sous condition de  
Pertes pour risque négocié  
Actifs pondérés selon le risque  
Charges pour dépréciation du crédit  
1
0
-6  
-5  
-4  
-3  
-2  
-1  
0
1
2
3
Graphique 3  
Sources : BoE, BNP Paribas  
passage  
à
IFRS 9 sans période de transition sont  
La difficile comparaison entre les stress tests de la BoE  
et ceux de l’EBA  
hypothétiques et doivent être retravaillés. L’intégration  
complète du passage à IFRS 9 est un des changements  
méthodologiques qui devraient être opérés à partir de 2019.  
L’autre modification majeure devrait porter sur l’évolution du  
cadre imposé au secteur bancaire britannique par la loi  
Vickers (cloisonnement par les banques de leurs activités de  
détail, avec notamment une gouvernance autonome  
s’agissant de la gestion des ratios prudentiels).  
Contrairement à la BoE, l’EBA effectue des stress tests tous  
les deux ans. Les résultats de celui de 2018 sont parus au  
début du mois de novembre et portent sur 48 banques  
européennes, dont quatre des sept banques britanniques  
également évaluées par la BoE : Barclays, HSBC, Lloyds et  
RBS. Il est donc tentant de comparer les résultats des deux  
tests. D’autant plus que, selon le stress test de l’EBA, le  
Royaume-Uni se classe en dernière position s’agissant du  
CET1 à l’issue du choc, et affiche un ratio inférieur à la  
moyenne des 15 pays européens testés. Il en va de même  
pour les quatre banques britanniques testées par l’EBA, qui  
6
Bank of England (2018), Financial Stability Report, Issue No. 44.  
Recul du PIB mondial de 2,4%, chinois de 1,2%, britannique de 4,7%; hausse  
7
du taux de chômage jusqu’à 9,5%; recul des prix immobiliers de 33% pour le  
résidentiel et de 40% pour le commercial; dépréciation de la livre sterling de  
e
e
oscillent entre la 27 et la 48 place selon l’hypothèse suivie  
s’agissant de la période de transition à IFRS 9.  
2
7% et hausse du taux directeur de la BoE jusqu’à 4%.  
Officiellement, Bâle III prévoit une période de transition de 7 ans pour laisser  
8
aux banques le temps de se conformer à ses exigences de fonds propres. Le  
seuil de 7% doit être atteint d’ici 2019, tandis que le minimum requis pour 2018  
s’élève à 6,4%.  
Toutefois, la comparaison entre le stress test de la BoE et  
celui de l’EBA est compliquée par plusieurs différences  
méthodologiques majeures. À commencer par l’absence de  
seuil minimal à atteindre dans l’édition 2018 du test mené par  
l’EBA, contrairement à la pratique de la BoE.  
9
Bank of England (2018), Financial Stability Report, Issue No. 44  
1
0
T. Humblot (2018), Première adoption d’IFRS 9 : écarts de coûts significatifs  
entre banques, BNP Paribas.  
La banque  
d’un monde  
qui change  
EcoFlash  
economic-research.bnpparibas.com  
5
Ensuite, la BoE et l’EBA ont toutes les deux affiché des  
résultats, avec et sans transition à IFRS 9, mais la BoE  
communique essentiellement sur les résultats avec transition  
puisqu’elle s’est engagée à accorder aux banques le complet  
bénéfice associé à cette période de transition, y compris  
durant les stress tests. Si leur évaluation respective du coût  
du passage à IFRS 9 est relativement proche en termes  
agrégés (0,10% pour l’EBA vs 13 pp pour la BoE), elles  
diffèrent parfois davantage lorsque l’on s’intéresse aux  
résultats individuels.  
Tout au plus est-il possible de rapprocher les tests de l’EBA et  
ceux de la BoE en étudiant les résultats obtenus par la BoE  
suivant son scenario macro-financier, et les deux jeux  
d’hypothèses suivants, tous deux étant présentés par la BoE :  
A. avec période transition à IFRS 9, bilan non statique, et  
recours à la conversion d’AT1. Ce jeu d’hypothèses  
correspondant à celui sur lequel la BoE communique le  
plus souvent.  
B. sans période de transition à IFRS 9, bilan statique, et  
sans recours  
à
la conversion d’AT1. Ce jeu  
De plus, l’EBA retient l’hypothèse de bilan statique, tandis que  
la BoE privilégie l’hypothèse inverse. La démarche de l’EBA  
présente l’avantage d’être simplificatrice mais l’inconvénient  
d’être moins réaliste. De son côté, la BoE admet que les  
banques puissent prendre des mesures pour faire face à un  
important épisode de stress. S’il est probable que les  
banques ne prendraient pas les mesures supposées dans le  
cadre des stress tests de la BoE si elles étaient véritablement  
confrontées à d’importantes turbulences macro-financières,  
tenir compte de cette marge de manœuvre reste plus  
recevable que d’en faire abstraction.  
d’hypothèses correspondant à un des deux jeux affichés  
par l’EBA.  
Le jeu d’hypothèses A donne lieu à de meilleurs résultats  
que le jeu d’hypothèses B. Suivre ce dernier conduirait en  
effet à l’échec de Barclays, HSBC et Lloyds puisque leur  
ratio CET1 n’atteindrait pas le seuil minimal exigé par la  
BoE (cf. graphique 4).  
Il serait hasardeux de conclure que la BoE retient des  
hypothèses plus favorables au succès de ses stress tests,  
en comparaison de celles retenues par l’EBA. Le caractère  
plus réaliste de ses hypothèses leur confère, en effet, une  
plus grande portée opérationnelle.  
En outre, l’EBA ne retient pas l’hypothèse de conversion des  
AT1 pour consolider les capitaux propres en cas de  
nécessité, contrairement à la BoE. À cet égard, cette dernière  
a bien noté que les AT1 étaient utilisés par les banques  
britanniques pour renforcer leur capacité d’absorption des  
tests et elle insiste pour que les investisseurs concernés aient  
bien conscience que ces instruments pourraient être convertis  
en cas de besoin.  
Laure Baquero  
laure.baquero@bnpparibas.com  
Enfin, les scenarios macro-financiers imposés par l’EBA,  
d’une part, et la BoE, d’autre part, diffèrent sensiblement, ce  
qui interdit, en toute rigueur, la comparaison entre les  
résultats des tests de résistance de l’EBA et ceux de la BoE.  
CET1 avant et après test de la BoE en 2018 au Royaume-Uni (agrégé) et par banque selon les jeux  
d’hypothèses méthodologiques A et B (%)  
3
2
3
0
2
8
2
6
2
4
2
2
2
0
1
8
1
6
1
4
1
2
1
0
8
6
4
2
0
agrégé  
Barclays  
HSBC  
Lloyds  
Nationwide  
RBS  
Santander UK  
Standard  
Chartered  
Ratios CET1 avanttest, hypothèses A de transition à IFRS 9, de bilan non statique etde recours aux AT1  
Ratios CET1 après test, hypothèses A de transition à IFRS 9, de bilan non statique et de recours aux AT1  
Ratios CET1 avant test, hypothèses B d'absence de transition à IFRS 9, de bilan statique et sans recours aux AT1  
Ratios CET1 après test, hypothèses B d'absencede transition à IFRS 9, de bilan statique et sans recours aux AT1  
Seuil minimal exigé  
Graphique 4  
Sources : BoE, BNP Paribas  
La banque  
d’un monde  
qui change  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 2054 articles et 566 vidéos