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EcoPerspectives // 2 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Editorial  
L’inconfort persiste malgré des signes encourageants  
Les données récentes sur la Chine et la zone euro indiquant une stabilisation de la croissance ont été accueillies avec soulagement. Aux États-Unis,  
la croissance devrait rester à un niveau satisfaisant à court terme malgré le ralentissement. Des inquiétudes persistent néanmoins sur la vigueur  
sous-jacente de l’économie mondiale. Le FMI, qui a de nouveau révisé à la baisse ses prévisions, table sur un léger rebond au second semestre,  
sans plus. L’aplatissement de la courbe de taux US alimente les craintes d’une croissance décevante. La Fed, confiante dans les perspectives, se  
montre toutefois patiente dans sa politique, un ton accommodant que les bourses ont salué. Cependant, les marchés des actions et des obligations  
envoient des signaux très différents concernant la croissance future. Une préoccupation supplémentaire sur une liste déjà longue.  
Des signes encourageants  
Rendement des obligations d’Etat à 10 ans (%) et SP 500  
Rendement des obligations dEtat à 10 ans --- SP 500 (é.d.)  
Après des mois de fléchissement, les données récentes, qui  
indiquent une légère amélioration, ont été accueillies avec  
soulagement. En Chine, l’indice des directeurs d’achat pour le mois  
de mars a rebondi, quoiquà un niveau à peine supérieur à 50, et la  
croissance au premier trimestre s’inscrit à 6,4 %, inchangée par  
rapport au trimestre précédent et légèrement supérieure aux  
attentes. Il n’en fallait pas davantage pour redonner de l’espoir aux  
partenaires commerciaux de la Chine et, en particulier, à  
l’Allemagne l’évaluation des exportations avait sensiblement  
baissé ces derniers mois. En Allemagne, précisément, les données  
ont également progressé dans les services, le commerce et la  
construction, à l’exception notable de l’industrie manufacturière,  
toujours dans une mauvaise passe. Le PMI des services, en hausse  
en mars dans la zone euro, porté par une embellie en Italie et en  
Espagne, est resté stable en Allemagne, à un niveau bien supérieur  
à 50. En France, les données reflètent également un léger mieux.  
Aux États-Unis, les chiffres médiocres de l’emploi pour février ont  
cédé la place à des données robustes pour le mois de mars.  
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avr.-18 juin-18 août-18 oct.-18 déc.-18 févr.-19 avr.-19  
Sources : Réserve fédérale américaine, Standard & Poors, BNP Paribas  
des Perspectives de l’économie mondiale du FMI frappe par son ton  
circonspect (soulignement ajouté) : «La prévision de croissance  
mondiale reflète une combinaison de forces cycliques qui s’essoufflent  
et d’un retour à une croissance potentielle timide dans les pays avancés,  
une reprise précaire dans les pays émergents et les pays en  
développement, portée dans une large mesure par les pays qui sont  
confrontés actuellement à de graves difficultés macroéconomiques, et  
des facteurs complexes qui orientent les perspectives de la croissance  
potentielle dans les deux groupes de pays».  
L’inconfort est toujours là  
Malgré des signes encourageants, les préoccupations restent  
entières, et ce pour de nombreuses raisons. Tout d’abord,  
l’aplatissement de la courbe de taux américaine. L’avance avec  
laquelle elle annonce une récession est variable et des années de  
politique monétaire expansionniste, dont le programme de  
quantitative easing, ont très probablement influencé le profil de la  
courbe. Mais du fait de sa fiabilité historique, cet indicateur avancé  
pourrait finir par influencer l’économie réelle en incitant les  
L’appétit pour le risque oscille  
En conséquence, le ton des banques centrales a évolué.  
Confrontée à un ralentissement de l’économie et à la faiblesse de  
l’inflation (inflation sous-jacente d’à peine 0,8 % en mars), la BCE  
va lancer une autre opération ciblée de refinancement à long terme  
entreprises  
à
une plus grande prudence en matière  
d’investissement ou de crédit bancaire. L’enquête Duke University  
auprès des directeurs financiers de 469 entreprises américaines,  
montre que 38 % d’entre eux s’attendent à une récession au  
premier trimestre 2020, 67 % au troisième trimestre 2020 et 84 %  
au troisième trimestre 2021. L’autre question qui se pose est de  
savoir si l’amélioration des données en Chine va être auto-  
entretenue ou si les mesures de relance devront être poursuivies.  
Troisième point d’interrogation : les effets différés d’une longue  
incertitude. Concernant les négociations entre les États-Unis et la  
Chine, un accord semble prendre forme, mais il reste à savoir  
quelles en seront les conséquences concrètes (un meilleur accès  
au marché? Des flux commerciauxréorientés ?). Entre-temps, les  
négociations entre les États-Unis et l’UE ont commencé et risquent  
de constituer une nouvelle source d’incertitude. De plus, le flou  
persiste sur l’issue du Brexit. Un extrait, tiré de l’édition d’avril 2019  
(
TLTRO). Cette opération devrait permettre de stimuler la  
croissance du crédit sur fond de ralentissement de la demande des  
entreprises. La Réserve fédérale américaine, qui bénéficie à la fois  
d’une croissance supérieure à la tendance et d’une inflation stable,  
proche de l’objectif, a souligné à plusieurs reprises qu’elle saurait se  
montrer patiente avant d’envisager un changement de politique  
monétaire. Ce type de discours a grandement contribué à un  
rebond des cours des actions au point que l’indice S&P500 est à  
présent proche de son record de fin septembre dernier. Quant aux  
rendements des Treasuries à 10 ans, ils se situent toujours à 70  
points de base en dessous du niveau de fin septembre. Devant la  
divergence des signaux envoyés par les marchés, il y a de bonnes  
raisons d’être vigilant.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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