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EcoEmerging// 3 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Emirats Arabes Unis  
En quête d’un second souffle  
L’activité économique tourne au ralenti depuis maintenant trois ans. La production pétrolière est contrainte par la politique  
restrictive de l’OPEP+. La croissance du PIB non-pétrolier pâtit du manque de dynamisme de la fréquentation touristique qui affecte  
la demande intérieure, notamment à Dubaï. A court terme, dans un contexte de ralentissement du commerce mondial, seules les  
réalisations en cours en préparation de l’Exposition Universelle de 2020 soutiennent l’activité. Dans ce contexte, les prix à la  
consommation évoluent négativement, tirés à la baisse par la déprime persistante de l’immobilier. La politique budgétaire reste  
prudente et offre peu de soutien à la croissance.  
Le faible rebond de l’activité en 2018 (+1,7% par rapport à +0,5%  
1
-Prévisions  
en 2017) a confirmé l’atonie de l’économie des émirats. L’ensemble  
des composantes de la demande intérieure (consommation et  
investissement) était en repli. La faible progression de la croissance  
n’a été permise que par la baisse des importations et la légère  
hausse des exportations dans un contexte de hausse de la  
production d’hydrocarbures. Cette année, avec la poursuite de la  
2017 2018 2019e 2020e  
PIB réel, variation annuelle (%)  
Inflation moyenne (IPC, %)  
0,5  
2,0  
-1,7  
20  
1,7  
3,1  
1,8  
17  
2,4  
-1,8  
0,2  
17  
3,2  
1,0  
0,9  
16  
Solde budgétaire / PIB (%)  
Dette publique / PIB (%)  
1
politique restrictive de l’OPEP+ et en l’absence de signes de  
Solde courant / PIB (%)  
7,0 12,0 11,0  
11,0  
66  
reprise de l’économie hors pétrole, les perspectives restent moroses.  
Dette extérieure / PIB (%)  
67  
95  
64  
100  
6,6  
66  
105  
6,5  
Contraintes sur la croissance du PIB pétrolier  
Réserves de change, mds USD  
Réserves de change, en mois d'imports  
Taux de change USDAED (fin d'année)  
107  
6,5  
3,67  
Dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale et  
de dynamisme de la production pétrolière américaine, la politique de  
l’OPEP devrait rester restrictive dans les prochains trimestres. Au  
début du mois de juillet, le groupe des pays OPEP+ a décidé de  
reconduire les niveaux de production décidés à la fin de 2018. Ainsi  
la production pétrolière des émirats devrait rester inchangée au  
cours de l’année 2019 à environ 3,05 millions de barils par jour  
6,8  
3,67 3,67 3,67  
e: estimations et prévisions BNP Paribas Recherche Economique Groupe  
2- Croissance économique au ralenti  
%; g.a.  
PIB hydrocarbures PIB hors hydrocarbures PIB construction  
(
mb/j). En moyenne, cela représente une augmentation de 2,4% de  
la production par rapport à 2018.  
PIB total  
8
Pour 2020, notre scénario central est celui d’une stabilité du PIB  
pétrolier émirati (équivalent à environ 30% du PIB total). L’offre  
mondiale devrait continuer d’être influencée par la production  
américaine, ce qui ne devrait pas inciter les pays de l’OPEP+ à  
revoir significativement leur politique contraignante. En dehors des  
facteurs liés au marché du pétrole, le principal risque pesant sur le  
PIB pétrolier est d’ordre géopolitique. La montée des tensions dans  
le détroit d’Hormuz depuis le début de l’année s’est traduite par des  
attaques de faible intensité sur des moyens de transport maritimes.  
Ces incidents ont mis en évidence la vulnérabilité des débouchés  
de la production pétrolière des EAU. Celle-ci est essentiellement  
localisée à Abu Dhabi (96% de la production totale) et emprunte le  
détroit d’Hormuz pour sa commercialisation. En cas de blocage, le  
pipeline entre Abu Dhabi et le port de Fujairah permet de  
transporter 50% de cette production. Ces deux alternatives de  
transport des produits pétroliers ont été touchés par des attaques  
ayant causé de faibles dommages. Même si un blocage complet  
des circuits d’acheminement est peu probable, le risque de blocage  
temporaire a augmenté.  
6
4
2
0
-2  
-4  
2
012  
2013  
2014  
2015  
2016  
2017  
2018e  
Sources : Autorité fédérale de la compétitivité et des statistiques, BNP Paribas  
sont ambitieux : atteindre une production quotidienne de 5 mb/j d’ici  
030, développer l’industrie pétrochimique et accroître en parallèle  
la production de gaz pour atteindre l’autosuffisance.  
2
Perspectives du hors-pétrole en demi-teinte  
La croissance du secteur non-pétrolier a connu un record de  
faiblesse en 2018 à 1,3%, soit son niveau le plus bas depuis la crise  
de 2009. Ce ralentissement est notamment dû à un environnement  
régional peu porteur, aux conséquences de l’introduction de la TVA  
sur la consommation, aux effets indirects négatifs de l’embargo sur  
A moyen terme, sous réserve d’un changement de la politique de  
l’OPEP, les objectifs de la compagnie nationale pétrolière ADNOC  
1
Le groupe OPEP+ est principalement composé des membres de l’OPEP et de la  
Russie.  
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le Qatar ou encore à l’appréciation du dollar qui a pu agir  
défavorablement sur le tourisme. A court terme les perspectives  
restent incertaines et les signaux sont contradictoires.  
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- Baisse générale des prix à la consommation  
%, moyenne annuelle  
IPC Alimentation Transport ▪▪▪ Logement, eau, carburants  
1
En juin 2019 l’indice PMI a atteint 57,7, confirmant sa progression  
depuis le début de l’année. En dehors de cet indicateur, d’autres  
signaux d’activité restent orientés négativement, notamment à  
Dubaï qui est de loin l’économie la plus diversifiée de la fédération.  
La fréquentation de l’aéroport de Dubaï décélère de façon continue  
depuis 2016. En T1 2019, la croissance annuelle était quasi nulle  
2
0
8
6
4
2
0
1
(
+0,2%). Cette forte réduction de la croissance du secteur  
touristique confirme une tendance observée depuis 2016. On  
constate par ailleurs une baisse significative des dépenses des  
visiteurs. Selon la banque centrale le revenu par nuitée a baissé de  
-2  
-4  
-6  
7
,6% en 2018. Cela se traduit par une faible activité du commerce  
de détail. Celui-ci est le secteur économique le plus important (12%)  
des émirats après les activités extractives (30%), et a connu une  
très faible progression de son activité ces deux dernières années  
2012  
2013  
2014  
2015  
2016  
2017  
2018  
2019  
Sources : Autorité fédérale de la compétitivité et des statistiques, BNP Paribas  
(
respectivement +0,1% et +0,5%).  
L’activité du secteur de la construction reste orientée positivement,  
notamment avec l’achèvement des chantiers prévus pour  
l’exposition universelle de 2020. Cela devrait être le principal facteur  
de soutien à l’activité en 2019. Le crédit au secteur de la  
construction reste l’élément le plus dynamique des prêts bancaire  
au secteur privé (+8% en g.a. en mars 2019). Cependant en dehors  
des projets liés à l’expo 2020, le secteur immobilier connaît une  
période de baisse des prix continue depuis 2016 en raison d’un  
excédent d’offre persistant.  
américain, la légère baisse attendue des taux américains en 2019  
devraient réduire les coûts de financement.  
Environnement déflationniste  
La faiblesse de l’activité des secteurs hors-pétrole et la déprime du  
marché de l’immobilier se traduisent par des pressions  
déflationnistes. L’inflation encore positive en 2018 (+3%) était  
principalement due à l’introduction de la TVA en début d’année.  
Pour 2019, nous prévoyons une baisse de l’indice d’ensemble des  
prix à la consommation d’environ 1,8% en moyenne annuelle. La  
composante « logement et énergie » participe pour un tiers à la  
composition de l’indice des prix, et était en recul de 4,5% en avril  
En parallèle, des facteurs externes devraient peser négativement  
sur l’activité à court terme. Les émirats sont une base logistique  
importante dans le commerce régional (essentiellement en direction  
de l’Asie et du Moyen Orient). Les activités de réexportation  
concourent pour environ 60% du total des exportations non-  
pétrolières. Même si la guerre commerciale entre la Chine et les  
Etats-Unis n’aura pas de conséquences directes sur l’activité aux  
émirats, la baisse des échanges commerciaux au niveau mondial  
réduira l’activité logistique aux émirats. En volume, le commerce  
mondial n’a progressé que de 0,5% en moyenne mensuelle en  
T1 2019 contre +3,6% en T1 2018. La hausse des tensions  
politiques dans la région est un autre élément qui continuera de  
peser sur la croissance. La dépendance de l’économie de Dubaï au  
secteur des services et aux investissements étrangers, notamment  
dans l’immobilier, la rend particulièrement vulnérable à la  
détérioration de l’environnement politique régional.  
2019 (en g.a.). De même, les prix des transports et de l’alimentation  
sont orientés à la baisse depuis le début de l’année. Le repli des  
prix de l’immobilier devrait continuer de peser sur l’indice  
d’ensemble au moins jusqu’à la fin de l’année.  
Il est difficile de déterminer si la faiblesse de l’activité économique  
aux émirats est plutôt liée à des éléments structurels (baisse de  
l’attractivité pour les touristes et les investisseurs) ou plus  
conjoncturels (ralentissement économique dans le Golfe, tensions  
géopolitiques). Il semble qu’une certaine normalisation de la  
croissance soit en cours, notamment à Dubaï. Cette situation  
pourrait peser sur la qualité des actifs bancaires, notamment en  
raison de leur exposition aux secteurs de la construction et de  
l’immobilier (25% des crédits au secteur privé). Par ailleurs, une  
croissance durablement plus faible devrait peser sur les  
performances des conglomérats quasi-publics, très actifs dans ce  
secteur et fortement endettés.  
Soutien limité de la politique économique  
Dans ce contexte économique morose, les mesures de politique  
économique ne seront pas des facteurs de soutien significatifs. Le  
budget 2019 devrait être un soutien à la croissance mais cela ne se  
traduit pas par un effort de relance important. Les principales  
mesures gouvernementales concernent l’amélioration de  
l’environnement des affaires, notamment vers les investisseurs  
étrangers. Du côté de la politique monétaire, la croissance du crédit  
bancaire pourrait bénéficier d’une baisse des taux d’intérêt de la  
banque centrale. Etant donné l’ancrage du dirham au dollar  
Néanmoins, l’économie des émirats continue de bénéficier de  
fondamentaux solides, tant au niveau des finances publiques que  
des comptes extérieurs. Les mouvements récents de consolidation  
à différents niveaux (banques, fonds souverains) et une politique  
économique prudente renforcent les perspectives de moyen terme.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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