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Un rebond mécanique, et après ?

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Eco Perspectives // 3 trimestre 2020 (achevé de rédiger le 10 juillet 2020)  
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ÉDITORIAL  
UN REBOND MÉCANIQUE, ET APRÈS ?  
Assouplissement du confinement oblige, la confiance des entreprises s’est notablement améliorée, tandis que  
l’activité et la demande ont mécaniquement rebondi. À court terme, le resserrement de l’écart entre les niveaux  
d’activité normaux et ceux observés devrait progressivement induire une certaine normalisation des taux de  
croissance. La croissance devrait être soutenue par un effet de rattrapage de la consommation, les coups de pouce  
monétaire et budgétaire, et la possibilité pour les ménages de puiser dans l’épargne forcée accumulée pendant le  
confinement. L’évolution des incertitudes sera déterminante. La situation sanitaire n’est pas maîtrisée dans certains  
pays et l’on craint potentiellement un emballement. Les sombres perspectives du marché de l’emploi sont sources  
d’incertitudes pour les revenus des ménages. Dans ce contexte, les entreprises pourraient revoir à la baisse leurs  
projets d’investissement.  
PIB RÉEL DE LA ZONE EURO (T4 2019=1)  
L’ASSOUPLISSEMENT DU CONFINEMENT INDUIT UN  
1
1
0
0
0
0
,05  
,00  
,95  
,90  
,85  
,80  
REBOND MÉCANIQUE  
Les récessions cèdent généralement le pas à des reprises progressives.  
Initialement, les inquiétudes suscitées par le niveau élevé du chômage  
pèsent sur la consommation des ménages, tandis que les entreprises  
attendentunemeilleurevisibilitéavantd’augmentersensiblementleurs  
investissements. La reprise actuelle est différente, en tout cas dans sa  
phase initiale, faisant suite à une récession particulièrement atypique.  
Le confinement imposé pour endiguer la pandémie a physiquement  
contraint l’activité et la demande, les abaissant considérablement par  
rapport à leurs niveaux de départ. Son assouplissement a levé cette  
contrainte, induisant une progression spectaculaire de la croissance en  
rythme mensuel. Ce n’est pas tant que les ménages ont soudainement  
été plus enclins à dépenser, mais plutôt qu’ils étaient à nouveau en  
mesure de le faire. Le rebond est par nature mécanique. Dans la foulée,  
la confiance des entreprises s’est significativement améliorée, comme  
le montrent les enquêtes auprès des directeurs d’achats, proches dans  
de nombreux pays de la barre des 50 qui marque la frontière entre  
contraction et expansion. En Chine, en France et aux États-Unis, les  
indices ont franchi le niveau pivot. Attention toutefois, le sentiment  
d’amélioration par rapport au mois précédent n’indique rien de la  
profondeur de l’embellie. D’ailleurs, de ce point de vue, les chiffres  
demeurent inférieurs à la normale.  
T3' 19 T4' 19 T1' 20 T2' 20 T3' 20 T4' 20 T1' 21 T2' 21 T3' 21 T4' 21  
GRAPHIQUE 1  
SOURCES : EUROSTAT, PRÉVISION BNP PARIBAS (JUILLET 2020)  
L’ÉVOLUTION DES INCERTITUDES SERA DÉTERMINANTE  
Toutefois, les risques demeurent élevés. Dans certains pays et dans  
plusieurs états américains, la pandémie n’est pas encore maîtrisée.  
Ailleurs, les nouveaux foyers se multiplient, alimentant les craintes  
d’une seconde vague. Les ménages sont confrontés à des interrogations  
sur leurs revenus, au vu des sombres perspectives du marché de  
l’emploi, les entreprises cherchant à abaisser leurs coûts et renâclant  
à embaucher en l’absence de visibilité. Les banques centrales  
allemande, française, italienne et espagnole tablent sur un taux de  
chômage en hausse à la fin de l’année prochaine par rapport à cette  
année. Une enquête récente de la Réserve fédérale d’Atlanta auprès  
de 300 directeurs financiers montre qu’en moyenne, les embauches  
seront insuffisantes pour retrouver fin 2021 le taux d’emploi observé  
avant la pandémie. Les ménages pourraient par conséquent être  
incités à économiser plutôt qu’à dépenser. S’ajoutant à l’augmentation  
significative de l’endettement des entreprises durant le confinement,  
la constitution d’une épargne de précaution pourrait peser sur la  
propension des entreprises à investir.  
LA REPRISE DEVRAIT ÊTRE PLUS PROGRESSIVE  
Inévitablement, l’accélération de la croissance de la demande et de  
l’activité observée ces dernières semaines ne pourra se maintenir au  
même rythme. Dans de nombreux pays, le rebond mécanique est déjà  
en grande partie consommé. En France, par exemple, l’INSEE vient  
de publier un chiffre de la consommation voisin de celui enregistré  
avant la pandémie. Selon la Banque de France, l’écart entre le niveau  
d’activité actuel et la normale s’est réduit à 9 % contre 27 % en avril.  
La croissance devrait donc se normaliser tout en restant considérable  
en rythme mensuel. Nous connaissons une reprise en racine carrée  
ou, pour reprendre l’image de la Banque de France, en aile d’oiseau.  
Elle est soutenue par divers facteurs : rattrapage de la consommation,  
dispositifs gouvernementaux comme la baisse temporaire de la TVA en  
Allemagne, incitations à l’acquisition de véhicules neufs plus propres et  
mesures de soutien des revenus, et capacité des ménages à puiser dans  
leur épargne forcée accumulée pendant le confinement.  
William De Vijlder  
william.devijlder@bnpparibas.com  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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