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Australie : La récession ? Un souvenir très lointain  
En vingt-sept ans, lAustralie na pas connu de crise et, d’après les prévisions du FMI et de lOCDE, sa croissance  
économique devrait se maintenir La croissance démographique, les gains de productivité, les exportations de matières  
premières vers la Chine et les autres économies asiatiques en forte expansion ont joué un rôle déterminant, ainsi que les  
politiques visant à améliorer la flexibilité économique Le taux de change flottant a, par ailleurs, été un important facteur  
contracyclique et donc de stabilisation Du point de vue de la stabilité financière, la forte hausse du marché du logement  
inquiète mais ladoption récente de certaines mesures prudentielles a permis une « correction positive »  
Un voyage en Australie est une expérience toute particulière. D’abord,  
lorsque l’on vient d’Europe, le nombre d’heures d’avion est  
AUSTRALIE : CROISSANCE REELLE DU PIB (%, glissement annuel)  
impressionnant. A mon arrivée, la semaine dernière, le pays venait  
d’essuyer une grave tempête de sable et, peu après mon départ, il  
était frappé par des pluies torrentielles. Les performances  
économiques peuvent être tout aussi spectaculaires que les  
conditions climatiques. Ce pays cumule 108 trimestres de croissance  
ininterrompue ; en d’autres termes, aucune récession depuis vingt-  
sept ans. Et la croissance du PIB devrait, selon les prévisions,  
continuer à excéder les 3 %. L’âge médian de la population active  
étant de 38 ans, de nombreux Australiens n’ont connu aucune crise  
au cours de leur vie professionnelle. La situation est tout autre dans la  
zone euro et aux Etats-Unis. Une « success story » d’autant plus  
impressionnante que, sur cette même période, les sources de  
turbulences n’ont pas manqué : de la crise de la dette asiatique, en  
passant par l’éclatement de la bulle du secteur TMT (technologie,  
médias et télécommunications) et plusieurs récessions au Japon  un  
important partenaire commercial – jusqu’à la crise financière mondiale  
de 2008. L’Australie le doit-elle à la chance ou à une politique de  
économique adaptée et efficace ?  
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PIB  
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0 92 94 96 98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18  
Sources : Australian Bureau of Statistics, Thomson Reuters, BNP Paribas  
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Revue des marchés  
Baromètre et calendrier  
Scénario économique  
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Ecoweek 18-44 // 30 novembre 2018  
economic-research.bnpparibas.com  
En 2010, le vice-gouverneur de la Banque de réserve australienne  
australien contribue au financement des retraites de la fonction  
publique.  
(
RBA) a listé, dans un discours intitulé « Vingt ans de croissance  
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économique », les différents moteurs de croissance du pays. La  
plupart de ses explications restent pertinentes aujourd’hui. La  
croissance démographique est l’un de ces facteurs car, du côté de la  
demande comme de celui de l’offre, elle favorise l’accélération du  
rythme de croissance potentielle. L’exposition à la Chine et à sa forte  
demande en matières premières (fer et charbon) explique aussi en  
partie cette évolution. Tout récemment, la Chine est d’ailleurs  
devenue un client de premier ordre du secteur des services,  
notamment le tourisme et l’éducation.  
Pour autant, les défis ne manquent pas, comme celui de la croissance  
démographique, principalement tirée par l’immigration, qui implique  
que l’économie doit créer des emplois en nombre suffisant et de  
qualité pour éviter une hausse du chômage (actuellement autour de  
5
%, avec une croissance annuelle de la population en âge de  
travailler oscillant entre 1,5 % et 1,7 % depuis quelques années) et  
pour maintenir une croissance positive du PIB par habitant. Comme le  
montre le graphique, la croissance par habitant a été inférieure à celle  
du PIB et, à l’aune de cette mesure, on observe une très légère  
récession sur la période T4 2008-T1 2009. L’exposition à la Chine  
constitue un autre défi à relever même si, selon le FMI, l’économie  
diversifiée de l’Australie permettra d’amortir l’impact de chocs  
négatifs, en provenance de ce partenaire, pour la croissance. De plus,  
« les liens commerciaux du reste de l’Asie avec l’Australie sont  
comparables par la taille à ceux existant entre l’Australie et la  
Autre facteur-clé de la croissance soutenue qu’a connue le pays : la  
flexibilité de l’économie australienne et, en premier lieu, celle du taux  
de change. A cet égard, la décision prise, en 1983, de laisser flotter le  
dollar australien est généralement considérée comme la plus  
importante décision de politique économique de ces dernières  
décennies. Dans une économie riche en matières premières, dont les  
volumes et les prix peuvent, au gré des fluctuations, avoir un impact  
important, le taux de change flottant agit comme un facteur  
contracyclique : l’essor des exportations de matières premières  
entraîne une appréciation de la devise, permettant d’éviter une  
surchauffe de l’économie.  
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Chine » .  
Par ailleurs, la croissance des salaires réels est faible, ce qui d’après  
la Banque de réserve australienne est un frein à une prospérité  
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durable . En outre, le marché du logement fait l’objet d’une attention  
toute particulière après des années de hausse significative des prix,  
alimentée par l’accroissement de la dette hypothécaire. Des mesures  
visant à éviter la surchauffe du marché ont contribué récemment à  
faire baisser les prix des logements, ce qui a été considéré comme  
une correction positive plutôt que comme une source d’inquiétude,  
malgré des niveaux de prix qui compromettent toujours l’accès à la  
propriété.  
L’accélération de la croissance de la productivité dans les années  
1990 est, par ailleurs, mise au crédit de plusieurs autres  
réformes : politique en faveur de la concurrence et de l’industrie,  
mesures visant à accroître la flexibilité du marché du travail, réformes  
du système financier et indépendance de la banque centrale. Ainsi,  
les finances publiques se sont nettement améliorées et le ratio dette  
publique/PIB, notamment, a été abaissé, offrant ainsi une plus large  
marge de manœuvre budgétaire pour soutenir la croissance, comme  
ce fut le cas en 2008. Selon le FMI, la dette publique nette du  
Commonwealth d’Australie représente 20,6 % du PIB en 2018 avec  
un excédent budgétaire attendu pour l’année prochaine, justifiant la  
notation AAA/Aaa. Le ciblage de l’inflation a été introduit en 1993 et la  
politique monétaire a réussi, la plupart du temps, à maintenir l’inflation  
dans la fourchette cible de 2-3 %, même si elle est actuellement en  
dessous de cette fourchette en raison d’une croissance minime des  
salaires réels. Les cotisations obligatoires aux comptes individuels de  
retraite atténuent le frein à la croissance que constitue le  
vieillissement de la population, tandis que le fonds souverain  
William De Vijlder  
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«
Twenty Years of Economic Growth », discours prononcé par Ric Battellino, vice-  
Pour Philip Lowe, le gouverneur de la Banque de réserve australienne : « Une hausse  
gouverneur, Bulletin de la Banque de réserve australienne, septembre 2010  
des salaires serait la bienvenue. Elle permettrait d’atteindre un taux d’inflation conforme  
à la cible, contribuerait à améliorer la dette et favoriserait un meilleur partage de la  
prospérité » (“Productivity, Wages and Prosperity”, discours de Philip Lowe, 13 juin  
2018)  
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Australia’s linkages with China : prospects and ramifications of China’s economic  
transition, Philippe Karam et Dirk Muir, Document de travail du FMI n° 18/119, 2018  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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