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EcoEmerging// 2 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Koweït  
La rente pétrolière assure des fondamentaux solides  
La croissance du PIB réel restera faible cette année en raison de la réduction attendue de la production pétrolière. Le PIB non  
pétrolier devrait bénéficier du soutien de la dépense publique  notamment les dépenses d’investissement – et de la reprise  
modérée de la consommation privée. Les pressions inflationnistes pourraient légèrement progresser mais resteront modérées. Les  
excédents budgétaires sont élevés et alimentent des fonds souverains garants de la solvabilité à long terme de l’émirat. Dans ce  
contexte, le gouvernement est peu incité à mettre en place des mesures de consolidation budgétaire. Les excédents courants  
récurrents et élevés permettent d’assurer la stabilité du dinar.  
Rebond modéré de l’activité hors pétrole  
1- Prévisions  
L’activité économique manque singulièrement de dynamisme  
depuis 2017. Le poids du pétrole dans le PIB (environ 60% du PIB  
total) et les contraintes pesant sur la consommation intérieure en  
sont les principales raisons. Quelques signes de reprise du PIB non  
pétrolier sont présents en 2019.  
2017 2018e 2019e 2020e  
PIB réel, variation annuelle, %  
Inflation, IPC, moyenne annuelle, %  
Solde budgétaire, % du PIB  
-3,4  
1,8  
0,7  
2,6  
1,2  
8,8  
0,5  
1,5  
6,2  
2,0  
4,9  
12,3  
Dette brute du gouvernement, % du PIB  
Balance courante, % du PIB  
21,0  
5,9  
34  
14,0  
12,9  
38  
19,0  
6,0  
38  
23,0  
4,5  
41  
1
En tant que membre de l’OPEP , le Koweït est tenu de suivre la  
Réserves de change, mds USD  
politique de production du cartel. En 2018 la production moyenne de  
pétrole brut a atteint 2,74 millions de baril par jour (mb/j) en  
moyenne (31,8 mb/j pour l’ensemble des pays de l’OPEP). En 2019,  
elle devrait légèrement baisser pour atteindre en moyenne 2,71 mb/j.  
Après une hausse de 1,3% en 2018, le PIB pétrolier déclinerait de  
pratiquement 1% cette année. Lors de sa réunion de décembre  
dernier, le groupe OPEP+, qui regroupe les membres du cartel et  
d’autres producteurs dont la Russie, a décidé de réduire sa  
production afin de soutenir les prix en limitant le risque de  
surproduction au niveau mondial. A moyen terme, la production  
pétrolière devrait croître même si le plan de développement des  
capacités de production de la compagnie pétrolière nationale (KOC)  
paraît difficile à réaliser. En effet, celle-ci ambitionne d’accroître les  
capacités de production à 3,65 mb/j en 2023 par rapport à 3,15 mb/j  
actuellement. Par ailleurs, la capacité de raffinage pourrait  
augmenter de plus de 30% d’ici 2025.  
Réserves de change, en mois d'imports  
Taux de change USDKD (fin d'année)  
7,0  
0,3  
7,6  
0,3  
7,3  
0,3  
7,5  
0,3  
e: estimations et prévisions BNP Paribas Recherche Economique Groupe  
2- Croissance du PIB réel (%)  
PIB pétrolier PIB hors pétrole PIB total  
20  
15  
1
0
5
0
5
-
Les principaux moteurs de l’activité non pétrolière sont les  
dépenses publiques (qui déterminent largement la consommation  
des ménages), les projets d’infrastructures et le secteur de  
l’immobilier (environ 11% du PIB non pétrolier). Après deux années  
de politique budgétaire restrictive en 2016 et 2017, l’activité hors  
pétrole a modérément rebondi en 2018 (+2,5% en termes réels). En  
-
10  
2
011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018e 2019e  
Source : BNP Paribas  
2
020 et 2021 grâce à la hausse de la production pétrolière, à la  
reprise modérée de l’investissement et au soutien de la  
consommation publique et privée.  
2019, la hausse modérée des dépenses budgétaires courantes  
(
+2,5% en valeur) devrait continuer de soutenir la consommation  
privée (30% du PIB). Des projets significatifs dans les domaines des  
transports et de l’énergie devraient débuter en 2019. Par ailleurs,  
après une période de déprime, l’activité dans le secteur de  
l’immobilier semble être repartie à la hausse depuis mi-2018, même  
si cette tendance n’est pas encore fermement affirmée. Au total, la  
croissance réelle du PIB non pétrolier devrait atteindre 3% cette  
année contre 2,5% en 2018.  
Inflation contenue  
L’inflation des prix à la consommation a été faible depuis 2017, en  
raison notamment de la déprime des prix de l’immobilier. Le poids  
de ce secteur dans l’indice des prix à la consommation est  
supérieur à 30%. En 2018, les prix ont augmenté en moyenne de  
0,5% tandis que la composante immobilière de l’indice se repliait de  
1
,1% en moyenne. Au cours de la période récente, la hausse des  
Sous l’hypothèse d’un léger repli du prix du pétrole, la croissance du  
PIB total attendrait 0,7% en 2019 et accélérerait au-delà de 2,5% en  
prix est directement liée à la politique budgétaire. La baisse des  
subventions à l’énergie en 2017 a provoqué une hausse  
significative des coûts de transport. Le quasi ancrage du dinar  
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Le Koweït détient les 6 réserves prouvées de pétrole au niveau mondial.  
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koweïtien au dollar américain contraint sévèrement les moyens de  
la politique monétaire et l’étendue des outils disponibles pour lutter  
contre l’inflation.  
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- Comptes extérieurs (% du PIB)  
Solde commercial Solde courant  
6
0
0
En 2019 et 2020, l’inflation pourrait légèrement progresser (elle est  
attendue respectivement à 1,5% et 2%), stimulée par la reprise  
modérée du secteur de l’immobilier. En 2021, la hausse des prix  
pourrait accélérer autour de 2,5% en raison de l’introduction  
possible de la TVA. Une autre source d’accélération de l’inflation à  
moyen terme serait liée à une hausse substantielle des prix du  
pétrole qui stimulerait la consommation privée par l’intermédiaire de  
la dépense publique. Pour le moment nous n’intégrons pas cette  
éventualité dans nos prévisions.  
5
40  
30  
20  
10  
0
-10  
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011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018e 2019e  
Une situation budgétaire très confortable malgré  
l’absence de réforme  
Source : BNP Paribas  
des revenus budgétaires, et le fond de réserve (USD 57 mds  
d’actifs) qui collecte les excédents budgétaires éventuels.  
La dépendance des finances publiques à la rente pétrolière est  
élevée et devrait le rester à moyen et long terme. Les revenus  
pétroliers concourent pour environ 75% des revenus budgétaires  
totaux, tandis que les revenus issus des investissements (logés  
dans les fonds souverains) en représentent environ 20%. Les  
revenus fiscaux non pétroliers sont marginaux. Parmi les pays du  
Golfe, le Koweït a été le moins affecté par la baisse des prix du  
pétrole intervenue en 2015-2016. En raison de l’importance de la  
rente pétrolière par rapport aux dépenses, le prix du baril de pétrole  
Des excédents commerciaux élevés  
Les revenus d’exportation sont principalement composés de  
recettes d’exportations pétrolières (90% du total). L’excédent  
commercial est récurrent et élevé (16% du PIB entre 2013 et 2017).  
En 2018, l’excédent du compte courant est estimé à 12,8% du PIB.  
Etant donné des perspectives de prix du pétrole moins favorables  
qu’en 2018, l’excédent courant attendrait 6% du PIB en 2019. Les  
flux de capitaux sont dominés par le réinvestissement de la rente  
pétrolière sur les marchés financiers internationaux. L’émirat attire  
peu d’investissements directs étrangers étant donné le manque  
d’opportunités. Entre 2013 et 2017, ils équivalaient en moyenne à  
0,5% du PIB.  
(
référence Brent) qui équilibre le budget est parmi les plus bas de la  
région (environ 55 USD/b). Depuis le déficit enregistré en  
2
2
015/2016 (-1,3% du PIB), les efforts de consolidation budgétaire  
ont été limités, notamment pour des raisons politiques. Pour l’année  
019/2020, l’excédent budgétaire atteindrait 6,1% du PIB, et 4,8%  
2
du PIB en moyenne en 2020 et 2021.  
Malgré un excédent budgétaire très élevé (en moyenne de 12% du  
PIB entre 2013 et 2017), la dette du gouvernement est en hausse  
depuis 2015. Elle devrait atteindre 19% du PIB à fin 2019/2020 par  
rapport à 4,7% du PIB en 2015/2016. Cela est dû à la volonté du  
gouvernement de continuer d’accumuler des actifs publics tout en  
bénéficiant de taux d’intérêt favorables sur les marchés  
internationaux. Le gouvernement considère le solde budgétaire final  
une fois alloué 10% des revenus totaux au fonds souverain et ne  
prend pas en compte les revenus issus des investissements du  
fonds dans le calcul des revenus budgétaires. Ce solde budgétaire  
corrigé est significativement en déficit (12% du PIB en 2017/2018).  
Depuis 2015, les déficits budgétaires calculés selon la définition du  
gouvernement ont été financés par des émissions de dettes sur le  
marché local et le marché international (un emprunt obligataire  
international a été émis en 2017 pour un montant de USD 8 mds),  
ainsi que par des retraits du fonds souverain.  
Les réserves de change de la banque centrale ont atteint  
USD 37 mds en 2018, soit 7,4 mois d’importations de biens et  
services. Ce ratio de couverture supérieur à 6,5 mois est  
relativement stable, même quand la conjoncture pétrolière est  
moins favorable. Dans ce contexte, la liquidité en devises est très  
confortable et la solvabilité extérieure solide, la dette extérieure  
modérée (43% du PIB en 2018) étant largement compensée par le  
montant des actifs publics en devises.  
Au total, l’économie koweïtienne reste largement dépendante de la  
conjoncture pétrolière et des dépenses budgétaires. La solidité des  
finances publiques et des comptes extérieurs résiste à un  
environnement pétrolier plus incertain.  
La solvabilité budgétaire est très confortable étant donné le montant  
des actifs du gouvernement. Ceux-ci sont gérés par le KIA et sont  
estimés par le FMI à USD 403 mds en 2018/2019, soit un peu plus  
de trois années de PIB. La KIA supervise deux fonds distincts : le  
fonds de réserve pour les générations futures (environ  
USD 346 mds d’actifs) alimenté par les transferts annuels de 10%  
2
L’année budgétaire se termine en mars.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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