Perspectives

La reprise gagne en vigueur

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Eco Perspectives // 3 trimestre 2021  
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ITALIE  
LA REPRISE GAGNE EN VIGUEUR  
Au début de l’année, la croissance économique a dépassé les attentes. Au premier trimestre, le PIB réel italien a ainsi  
progressé de 0,1%. La consommation privée a, de nouveau, reculé, reflétant l’évolution décevante des revenus et une  
propension toujours élevée à l’épargne, tandis que l’investissement a grimpé de près de 4%. La reprise a été inégale :  
l’industrie et le bâtiment ont rapidement rebondi, alors que les services étaient toujours à la peine. La croissance  
économique devrait se raffermir dans les prochains mois. Avec l’accélération du programme de vaccination et  
l’amélioration notable des perspectives en matière de santé, consommateurs et entreprises ont retrouvé la confiance.  
Pour que la reprise soit durable, l’Italie devra améliorer la qualité de son capital humain afin de compenser la baisse  
de productivité due à une population active vieillissante.  
UNE REPRISE MEILLEURE QUE PRÉVU DÉBUT 2021  
CROISSANCE ET INFLATION  
Au début de 2021, la croissance économique a été supérieure aux  
prévisions. Au premier trimestre, le PIB réel a augmenté de 0,1%, contre  
Croissance du PIB  
Prévisions  
Inflation  
Prévisions  
-
1,8% au T4 2020. La demande intérieure a amputé la croissance de  
,1%, tandis que la variation des stocks a représenté un apport positif  
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3
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.2  
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.5  
de 0,6%. La contribution des exportations nettes a été négative, les  
importations augmentant davantage que les exportations. La croissance  
du PIB annuel est ressortie ainsi à -0,8 %, contre -6,5% au T4 2019.  
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1.5  
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.3  
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Au T1, la reprise a été inégalement répartie, avec un rebond plus rapide  
de l’industrie et du bâtiment tandis que les difficultés ont persisté dans  
les services. La construction a ainsi retrouvé ses niveaux antérieurs  
à la pandémie, avec une hausse de 8 % par rapport au T4 2019,  
grâce aux mesures budgétaires adoptées pour améliorer l’efficacité  
énergétique et parasismique des bâtiments. Par ailleurs, la valeur  
ajoutée de l’industrie manufacturière a enregistré une troisième hausse  
consécutive (+0,7%) tout en se maintenant à environ deux points de  
pourcentage en dessous du T4 2019. L’industrie italienne a bénéficié  
du redressement de la demande mondiale, les exportations ayant  
retrouvé leur niveau antérieur à la pandémie. La production d’intrants  
intermédiaires a fortement augmenté, notamment celle de produits en  
caoutchouc, en plastique et métalliques non minéraux (plus de 4%), et  
celle de produits chimiques (environ 2%).  
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-0.1  
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8.9  
2019  
2020  
2021  
2022  
2019  
2020  
2021  
2022  
GRAPHIQUE 1  
SOURCE : BNP PARIBAS GLOBAL MARKETS  
CROISSANCE RÉELLE DES COMPOSANTES DU PIB, T1-2021 / T4-2020  
6
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.8  
5.2  
Toujours au T1, sous l’effet d’une demande intérieure toujours aussi  
décevante, la valeur ajoutée des services est restée près de 8% en  
dessous du niveau enregistré au T4 2019. Le commerce, le transport  
et l’hébergement ont accusé une contraction d’environ 2%, absorbant  
largement la légère reprise des activités financières et des services  
d’information et de communication.  
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-1.2  
CONSOMMATION ATONE ET VIGUEUR DE L’INVESTISSEMENT  
Au premier trimestre, du fait de l’évolution décevante du revenu, la  
consommation a baissé de 1,2%, obérant la croissance du PIB de 0,7%.  
La situation sur le marché du travail reste incertaine. Au T1, le nombre  
de personnes occupant un emploi a baissé davantage que celui des  
heures travaillées, avec environ 1,7 million d’emplois en moins qu’au  
T4 2019. Les salaires horaires ont progressé de 0,6% en base annuelle,  
soit moins que l’inflation. La dépense privée continue de se heurter  
à la propension toujours élevée des ménages à épargner, toujours  
inquiets de l’évolution de la pandémie et des restrictions imposées  
pour limiter la propagation du virus. Sur la période janvier-mars, les  
dépôts bancaires des ménages ont augmenté de près de EUR 20 mds.  
GRAPHIQUE 2  
SOURCE : ISTAT  
dix dernières années. Les dépenses en machines-outils et équipements  
ont augmenté de 3,5% et celles dans le bâtiment, d’environ 5%.  
Les entreprises italiennes ont bénéficié des mesures mises en œuvre  
pour prévenir un resserrement généralisé du crédit comme les prêts  
bancaires garantis par l’État. Malgré un taux d’endettement en hausse  
d’environ deux points de pourcentage en 2020, la situation financière  
des sociétés non financières s’est renforcée. Les dépôts des entreprises  
Au T1, la reprise italienne a eu principalement pour moteur le fort  
rebond de l’investissement (+4% t/t), avec une contribution positive de  
0
,7% à la croissance du PIB, atteignant ainsi le plus haut niveau de ces  
La banque  
d’un monde  
qui change  
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Eco Perspectives // 3 trimestre 2021  
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ont grimpé à EUR 480 mds, 38% du total des dettes financières, soit en 2020, à 82 ans, soit 1,2 an de moins qu’en 2019. Plus précisément,  
environ deux fois plus qu’en 2008.  
elle est passée à 79,7 ans pour les hommes (1,4 an de moins que  
l’année précédente) et à 84,4 ans pour les femmes (un an de moins  
qu’en 2019).  
RENFORCEMENT DE LA REPRISE  
L’augmentation de l’espérance de vie au fil des ans a conduit à un  
accroissement significatif de la part des personnes âgées dans la  
population totale : en particulier, le pourcentage des plus de 65 ans,  
qui était de 8,1% de la population italienne totale en 1950, est passé  
à 23,5% en 2020. Ce chiffre devrait, selon les prévisions, augmenter  
jusqu’en 2049 (où ce groupe d’âge pourrait représenter 33,9% de la  
population totale) et diminuer progressivement ensuite. En revanche,  
entre 1950 et 2020, la part des 0-14 ans a été plus que divisée par  
deux, passant de 26,7 % à 11,8% de la population italienne. En janvier  
La croissance économique devrait se renforcer dans les prochains  
mois. Porté par l’accélération du programme de vaccination et une  
amélioration significative des perspectives en matière de santé,  
l’optimisme des consommateurs et des entreprises est en hausse.  
La dépense privée bénéficie non seulement de l’allégement des  
mesures restrictives sur la mobilité mais aussi de l’évolution des  
revenus et d’une propension accrue à consommer. En avril, le nombre  
d’actifs occupés et celui des actifs sans emploi ont augmenté tandis  
que celui des inactifs a diminué. Un recours plus large aux prêts  
bancaires soutient également la consommation. Le taux de croissance  
annuel du crédit à la consommation des banques est ainsi passé de -3%  
au début de 2021 à +0,3% en avril. De janvier à avril, le commerce de  
détail a progressé de 8,4% en g.a., avec une demande plus forte pour  
les produits non alimentaires. En mai, le PMI des services est revenu  
en territoire positif. L’industrie manufacturière continue de profiter  
de l’évolution favorable du commerce international. En avril, les  
exportations ont grimpé de près de 3,5% (m/m). Les ventes italiennes à  
l’étranger ont entièrement rattrapé les pertes accumulées pendant la  
première partie de la crise, soutenant la production industrielle, qui a  
progressé de près de 2% (m/m) en avril.  
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021, l’Italie comptait 17 935 centenaires.  
L’analyse de la relation entre la pyramide des âges et la qualité du  
capital humain revêt en Italie une grande importance en raison, à la fois,  
de la présence grandissante des travailleurs âgés dans le système de  
production et du niveau d’éducation moyen des actifs, qui reste faible,  
même s’il augmente dans les cohortes plus jeunes. L’âge moyen des  
actifs italiens reflète clairement celui de l’ensemble de la population.  
D’après les dernières données de l’Istat, plus de 33% des personnes  
employées dans les entreprises italiennes ont plus de 50 ans, 52,6%  
ont entre 30 et 49 ans et 13,6% seulement sont âgées de 15 à 29 ans.  
La forte participation des plus de 50 ans au monde de l’entreprise  
n’est pas un problème en soi ; toutefois, conjugué à un faible  
niveau d’éducation, comme c’est le cas en Italie, cela peut avoir des  
conséquences négatives sur la productivité et la propension à innover.  
Selon les données de l’Istat, seuls 5,1% des employés des entreprises  
italiennes ont suivi des études supérieures ou obtenu un diplôme  
universitaire, ce qui représente un taux extrêmement bas, contre 4,7%  
qui n’ont pas été scolarisés ou qui ont, au plus, obtenu un diplôme de fin  
de cycle primaire, et 35,9% qui sont titulaires d’un diplôme du premier  
cycle du secondaire. Comme on pouvait s’y attendre, les employés les  
moins qualifiés (école primaire ou aucune qualification) sont surtout  
des seniors (69,4% ont plus de cinquante ans). Cependant, leur part  
ÉROSION DÉMOGRAPHIQUE ET VIEILLISSEMENT DE LA  
POPULATION  
La pandémie de Covid-19 a montré à quel point il était important de  
bien appréhender la pyramide des âges pour renforcer la résilience du  
système de santé et adapter les programmes éducatifs aux différents  
groupes d’âge, de manière à leur donner les compétences appropriées  
pour entrer sur le marché du travail ou s’y maintenir, tout en assurant  
une bonne productivité.  
L’Italie est l’un des pays les plus exposés à la hausse du nombre de n’est pas négligeable non plus chez les 30-49 ans (plus de 27%) tandis  
personnes âgées, proportionnellement aux autres cohortes d’âges, qu’elle est assez faible chez les plus jeunes (environ 3%).  
ainsi qu’à l’érosion démographique. La population diminue depuis sept  
années consécutives : elle s’élève à 59 258 000 habitants en 2021,  
soit 384 000 de moins qu’en 2019, principalement en raison de la  
baisse du taux de natalité. En 2020, seules 404 000 naissances ont été  
enregistrées, soit environ un tiers de moins qu’en 2008, où elles avaient  
atteint leur point culminant à 577 000. La chute de la natalité s’explique  
à la fois par des facteurs « structurels » c’est-à-dire une diminution de  
la population féminine en âge de procréer (fixé par convention entre  
Achevé de rédiger le 24 juin 2021  
ITALIE : NIVEAU D’ÉDUCATION DES ACTIFS  
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5 et 49 ans) et par la baisse de la propension moyenne à avoir des  
Enseignement  
supérieur :  
5.1%  
Enseignement  
primaire/pas  
d'enseignement…  
enfants. Selon les estimations, si le taux de fécondité s’était maintenu  
au niveau de 2019, où 420 000 naissances ont été recensées, il y aurait  
eu, en 2020, environ 413 000 nouveau-nés. L’effet structurel lié au seul  
vieillissement des femmes a entraîné une diminution, toutes choses  
égales par ailleurs, d’au moins 7 000 naissances. Le reste des 9 000  
naissances manquantes par rapport à 2019, serait le fait d’une moindre  
propension à avoir des enfants.  
Enseignement  
secondaire  
inférieur : 35.9%  
En effet, après avoir atteint un pic de 1,46 enfant par femme en 2010,  
le taux de fécondité total en Italie a suivi une tendance à la baisse  
pour aboutir à 1,24 naissance par femme en 2020 (la deuxième plus  
faible valeur des vingt dernières années, après celle de 2003). La chute  
du taux de natalité concerne toutes les régions du pays. La pandémie  
de Covid-19 a ainsi stoppé l’allongement progressif de l’espérance de  
vie. Après une progression extraordinaire depuis 1950 (où elle était de  
Enseignement  
secondaire  
supérieur :  
4
5.6%  
Formation  
professionnelle :  
8.7%  
GRAPHIQUE 3  
6
6,5 ans en moyenne), l’espérance de vie à la naissance s’est établie,  
SOURCE : BNL, CALCULS À PARTIR DES DONNÉES ISTAT  
La banque  
d’un monde  
qui change  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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