Perspectives

Une situation sanitaire encore fragile

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Eco Perspectives // 2 trimestre 2021  
economic-research.bnpparibas.com  
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SUÈDE  
UNE SITUATION SANITAIRE ENCORE FRAGILE  
Après une seconde vague particulièrement longue et forte fin 2020, le pays voit s’annoncer une troisième vague de  
contaminations depuis la mi-février. La campagne de vaccinations contre la Covid-19 progresse de manière satisfaisante,  
mais le risque, d’un point de vue économique, est qu’une nouvelle vague épidémique décale le profil attendu de la  
reprise. Les politiques monétaire et budgétaire vont rester accommodantes aussi longtemps que nécessaire.  
Depuis le début de la pandémie, la Suède s’efforce de répondre à la crise  
sanitaire par des mesures de restriction sociale plus mesurées et moins  
coercitives que dans la plupart de ses voisins européens. Elle a ainsi  
subi fin 2020 une seconde vague de contaminations particulièrement  
longue et forte qui n’a que partiellement reflué au cours du mois  
de janvier. Depuis le milieu du mois de février, une troisième vague  
s’annonce avec des niveaux de contaminations élevés. À ce jour, le  
bilan sanitaire suédois est relativement lourd (plus de 1 200 morts par  
million d’habitants), surtout au regard de celui affiché par ses voisins  
nordiques, jusqu’ici très largement épargnés par l’épidémie.  
Sur le plan économique, le pays a subi l’an dernier une récession  
relativement faible au regard de la moyenne européenne (-3,0%),  
similaire à celle enregistrée par ses voisins d’Europe du Nord. La reprise  
attendue pour 2021 pourrait toutefois d’être retardée de quelques mois  
si la troisième vague épidémique n’était pas étouffée suffisamment  
vite par la campagne de vaccination en cours. En effet, après un  
rebond particulièrement vif au troisième trimestre, qui explique que la  
performance suédoise sur l’ensemble de l’année soit plus favorable que  
ce qui était généralement attendu, l’activité s’est tassée au quatrième  
trimestre (-0,2% t/t), entraînée par les effets sur la consommation de  
la seconde vague épidémique. Le pays est le seul des pays nordiques  
à avoir enregistré cette légère rechute, ses voisins bénéficiant plutôt  
d’une poursuite modérée de la reprise.  
CROISSANCE ET INFLATION  
Croissance du PIB  
Prévisions  
Inflation  
Prévisions  
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GRAPHIQUE 1  
SOURCE : COMMISSION EUROPÉENNE, BNP PARIBAS  
NOUVEAUX CAS PAR MILLION D’HABITANT (MOYENNE SUR 7 JOURS)  
DAN  
SUE  
FIN  
NOR  
LES PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES POUR 2021  
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Les facteurs sur lesquels devrait s’appuyer la reprise sont relativement  
clairs, même si son timing est plus incertain : un rebond de la  
consommation, d’abord, alimenté par la fin des mesures de restrictions  
sociales et par l’épargne « forcée » accumulée pendant la crise  
sanitaire. Ensuite, un redressement des exportations (lesquelles  
représentent près de 47% du PIB suédois) qui est déjà engagé, en  
particulier dans le secteur manufacturier. Les échanges devraient subir  
au premier trimestre les effets du Brexit (le Royaume-Uni est le 6e  
partenaire commercial de la Suède), mais s’appuyer ensuite sur la  
reprise mondiale qui va accompagner la fin de la pandémie. Compte  
tenu d’un niveau d’incertitude encore élevé, il est en revanche peu  
probable d’assister à une reprise des investissements productifs avant  
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022. Pour l’instant, les dépenses d’investissement totales sont surtout  
GRAPHIQUE 2  
SOURCE : REFINITIV  
alimentées par une légère reprise de l’investissement résidentiel, en  
lien avec la nouvelle accélération des prix immobiliers depuis début  
que dans un second temps que la reprise économique devrait autoriser  
une reprise des créations de postes et une baisse du chômage durables.  
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020.  
Sur le marché du travail, l’ajustement a plus durement touché les  
travailleurs les moins qualifiés et ceux d’origine étrangère, plus  
nombreux dans les secteurs comme l’hôtellerie et la restauration. LES POLITIQUES ÉCONOMIQUES TOUJOURS EN SOUTIEN  
Dans l’ensemble, l’emploi était en repli de 1,4% g.a. au quatrième  
L’inflation s’est nettement redressée au premier trimestre 2021, un  
trimestre, et le taux de chômage s’établissait encore à 8,9% en janvier  
mouvement largement lié (par effet de base) à la chute des prix de  
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021, contre 7,2% un an plus tôt. Jusqu’ici, le redressement de l’activité  
l’énergie enregistrée début 2020, mais également alimenté par le  
redressement actuel des prix du pétrole. Elle s’est ainsi établie à 1,8%  
en février dernier selon Eurostat (IPCH), contre 0,6% en décembre  
020. Le taux cible de la Riksbank (CPIF) suit le même mouvement et a  
atteint 1,5% en février. Malgré tout, la Banque centrale considère que  
a surtout permis la diminution du nombre de travailleurs concernés  
par les mesures de chômage partiel. Après avoir concerné jusqu’à  
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70 000 personnes en mai 2020, soit environ 5% de la population  
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active, ce nombre est tombé à 59 000 en décembre dernier. Ce n’est  
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qui change  
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les pressions sous-jacentes qui s’exercent sur les prix restent faibles,  
et sont peu susceptibles d’augmenter fortement au cours des prochains  
mois, compte tenu de la sous-utilisation des capacités, mais également  
de la vigueur de la couronne suédoise (en hausse d’environ 4,5% par  
rapport à son niveau moyen du T1 2020).  
Dans ce contexte, le statu quo est probable en matière de politique  
monétaire. La Riksbank a fait savoir lors de sa dernière réunion qu’elle  
entendait poursuivre sa politique d’achats d’actifs (l’enveloppe est  
désormais fixée à SEK 700 mds) et maintenir son directeur à 0% au  
moins tout au long de 2021. Même son de cloche du côté de la politique  
budgétaire : alors que le projet de loi de finance initial pour 2021  
prévoyait encore des mesures de soutien à hauteur de SEK100 mds  
(
soit environ 2% du PIB), quatre projets de loi rectificative ont déjà  
accru les dépenses prévues d’environ 40 milliards supplémentaires.  
Achevé de rédiger le 31 mars 2021  
Frédérique Cerisier  
frédérique.cerisier@bnpparibas.com  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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