Basée à Paris, la Direction des Études Économiques de BNP Paribas est composée d’économistes et de statisticiens :
Les Études économiques ont pour mission de répondre aux besoins des clients, des lignes de métiers et des fonctions de BNP Paribas en matière de recherche économique. Notre équipe d’économistes et de statisticiens couvre un nombre important de pays avancés, en développement et émergents, l’économie réelle, les marchés financiers et l’économie bancaire. Ce site, qui présente nos analyses, nos vidéos et nos podcasts, permet de partager le résultat de nos recherches avec tous ceux qui souhaitent mieux comprendre le contexte économique ou qui s’intéressent à des problématiques spécifiques.
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L’impact du conflit au Moyen-Orient limiterait, selon nos prévisions, la croissance du PIB à 1,0% en 2026 et à 1,3% en 2027 (contre 1,6% pour 2026 et 2027 en amont du conflit). La consommation privée sera pénalisée par la baisse des salaires réels (avec une inflation de 3,0% en 2026 et 3,3% en 2027, contre 1,9% et 2,3% initialement). Toutefois, le taux d’épargne élevé permettra aux ménages de lisser le choc dans le temps. L’activité pourrait pâtir de la dynamique moins favorable des taux d’intérêt (nous anticipons une augmentation de 50 pb des taux de la BCE en 2026). Toutefois, le soutien apporté par les investissements dans la défense, l’IA et l’électrification devrait perdurer et porter le commerce intra UE
Depuis son rebond au T2 2025, la croissance française a été relativement soutenue. Elle devrait l’être restée et le serait aussi au T1 2026, soutenue notamment par des achats de précaution. Au T2, elle accuserait le coup de l’accélération de l’inflation. La consommation des ménages devrait être pénalisée par une détérioration du pouvoir d’achat, tandis que le soutien des finances publiques devrait être plus modéré qu’en 2022. Toutefois, la croissance française devrait conserver des lignes de force, liées notamment à l’investissement public (français et européen) dans l’armement et privé dans l’IA
Les indices d’activité résistent, la confiance des ménages s’érode. Les indicateurs de climat des affaires n’ont pas décroché en mars et les perspectives de hausses des prix sont cantonnées à quelques secteurs (pétrole, chimie). Le retournement est, à ce stade, moins marqué dans les services et la construction. La confiance des ménages se dégrade plus nettement sur fond de hausse notable des anticipations d’inflation et de perspectives économiques et du chômage plus moroses.
Le choc énergétique s’est traduit principalement par un comportement de précaution de la part des entreprises qui ont augmenté leurs stocks en mars. Ces dernières font état de la forte hausse des coûts des intrants (qui restent néanmoins inférieurs à leurs niveaux de 2022). À court terme, l’augmentation de leurs stocks (avant l’accélération de l’inflation) a soutenu la production. La hausse des prix de l’énergie ne semble pas avoir affecté, à ce stade, le comportement de dépense des ménages.
Diffusion limitée pour le moment du choc sur les prix de l’énergie. Les indices des prix prévus ont peu rebondi en mars, quel que soit le secteur (situation très différente de 2022). Ce choc n’implique pas, pour l’heure, de contrainte d’offre majeure. La production devrait être davantage pénalisée par la diminution de la demande avec la réapparition de la problématique du pouvoir d’achat. Cette dernière inquiète les ménages, mais ils n’ont pour le moment pas révisé à la baisse leurs intentions de dépenser.
Le climat des affaires reste pour le moment solide malgré le choc énergétique. Les entreprises signalent surtout une hausse des coûts des intrants, qui se traduirait par une augmentation, dans les prochains mois, des prix des produits vendus. La production reste bien orientée, tant dans l’industrie que dans les services. En revanche, la confiance des ménages se détériore nettement, sous l’effet d’anticipations d’inflation en forte hausse.
Lors de son audition du 18 mars 2026 devant la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, Claudia Buch (Présidente du conseil de surveillance prudentielle de la Banque centrale européenne) a souligné l’absence de détérioration de la qualité des actifs bancaires et la stabilité des ratios de prêts non performants. Or, ces derniers constituent un bon indicateur indirect de la santé financière des entreprises emprunteuses de l’Union européenne (UE), notamment dans l’industrie manufacturière. À travers ce prisme, la part des entreprises de ce secteur se trouvant dans une situation très dégradée apparaît plus faible au début de 2026 qu’au début de 2022
Selon l’enquête de la BCE sur la distribution du crédit (BLS) dans la zone euro, certaines banques pourraient durcir leurs critères d’octroi de crédits aux ménages plus fortement en 2026 qu’en 2025. En cause : le calcul plus contraignant des fonds propres réglementaires. En opposition de phase, ce durcissement serait moindre pour les entreprises. Cette désynchronisation est inhabituelle. Elle tend à illustrer l’effet de la montée en charge de l’« output floor » qui affecterait plus particulièrement les crédits à l’habitat. L’effet resterait toutefois très circonscrit?: seule une banque sur dix prévoit de modifier ses critères. Le dynamisme des nouveaux crédits aux ménages et aux entreprises serait préservé pour l’essentiel.
En zone euro, le climat des affaires dessine un renforcement de l’activité. La confiance des ménages reste modérée mais les intentions d’achat de biens durables sont à leur plus haut niveau depuis février 2022. De plus, le taux de chômage est proche de son point bas et l’inflation reste sous contrôle.
En zone euro, les taux des emprunts bancaires sont relativement stables depuis septembre 2025. Les flux de financements bancaires aux entreprises augmentent plus rapidement que les flux de financements de marché. En France, les encours des crédits continuent globalement de se redresser.
En France, le climat des affaires s’améliore dans l’industrie (tiré par le rebond de la production aéronautique) et les services, notamment les services aux entreprises. L’emploi se révèle résilient : la hausse du taux de chômage reste limitée et le taux d’emploi est proche des plus hauts historiques.
Les banques de l’Union européenne doivent tenir compte, depuis le 1er janvier 2025, du ratio loan-to-value (LTV) des crédits à l’habitat aux ménages pour calculer leurs fonds propres règlementaires. Cette nouvelle exigence prudentielle est peu adaptée au marché français. Les critères d’octroi des crédits à l’habitat y reposent principalement sur le taux d’effort (ratio debt service-to-income) et les taux de défaut y sont historiquement faibles. Or, depuis mi-2025, le superviseur porte une attention croissante à la LTV des crédits à l’habitat en France, ce qui alimente les inquiétudes d’un renchérissement du crédit et d’une augmentation des taux d’apport.
La croissance en zone euro devrait se renforcer en 2026 (1,6%), tirée par l’investissement et un rebond de l’activité en Allemagne. Selon nos prévisions, l’inflation évoluerait sous la cible des 2%. Le redressement attendu de la croissance du PIB amènerait néanmoins la BCE à maintenir ses taux inchangés jusqu’en 2027 avant de les augmenter. L’impulsion budgétaire resterait globalement neutre, une consolidation budgétaire en France et en Italie venant compenser l’accroissement du déficit allemand. Les taux des nouveaux crédits aux ménages et aux entreprises devraient demeurer stables en 2026, et la production nouvelle continuerait de décélérer tant du côté des ménages que des entreprises. En revanche, les taux souverains enregistreraient une hausse contenue.
La croissance française rebondit depuis le T2 2025, en raison de la production aéronautique et de l’investissement des entreprises dans un contexte de repli des taux d’intérêt. Deux supports qui se sont ajoutés à des soutiens déjà présents : la croissance des services et celle de la consommation publique. En 2026, ces tendances se poursuivraient et les exportations bénéficieraient du rebond de la croissance allemande. L’inflation resterait faible et la consommation des ménages se raffermirait modérément, dans un contexte d’incertitude politique toujours élevée. La croissance du PIB français retrouverait en 2026 son niveau de 2024 (1,1%), après 0,8% en 2025.
Depuis 2020, la capacité d’achat immobilière des ménages s’est sensiblement améliorée dans les zones les plus tendues. Notre indicateur, qui retrace l’évolution de la surface qu’un ménage représentatif peut acquérir a, en effet, augmenté de près de 20% dans les territoires où la demande de logements excède nettement l’offre (A bis). À l’inverse, dans les zones moins tendues, voire exemptes de tension, la capacité d’achat s’est dégradée durant la même période (de -0,8%, -6,9% et -6,1%, respectivement dans les zones B1, B2 et C).
En août 2025, la baisse des taux de marché (Euribor, swap, etc.), amorcée en octobre 2023, a globalement été transmise dans son intégralité aux taux des nouveaux crédits bancaires aux entreprises et aux ménages de la zone euro. Les banques tendent généralement à ajuster la tarification de leurs nouveaux prêts au coût de leurs ressources de maturité comparable. Les taux swap sont, à ce titre, de bons taux de référence car ils offrent une approximation fiable de ce que le marché estime être la chronique anticipée des taux à court terme pour un large éventail d’horizons.
Le redressement des indices PMI de la zone euro se poursuit malgré un recul dans l’industrie. Le composite PMI a atteint en septembre 2025 son plus haut niveau depuis mai 2024 (51,2) attribuable aux services (51,3). L’indice manufacturier, en net redressement depuis le début de l’année, s’est néanmoins replié en septembre de -1,2 point, à 49,8. La production industrielle a augmenté de 0,3% m/m en juillet. L’indice de sentiment économique s’est, pour sa part, stabilisé au T3.
La croissance sur un an de l’encours des crédits bancaires aux entreprises de la zone euro a légèrement augmenté en juillet 2025 à 2,5% (+16 pb m/m). L’encours des crédits de maturité comprise entre 1 et 5 ans a nettement accéléré à 4,6% (+57 pb m/m), tandis que celui des crédits de maturité supérieure à 5 ans a crû de 1,6% (+34 pb m/m). À l’inverse, la croissance sur un an de l’encours des crédits de trésorerie (maturité<1an) s’est tassée, passant de 4,2% en juin à 3,3% en juillet.
En France, l’emploi salarié net a augmenté de 0,2% t/t au T2, soutenu par la croissance des embauches. Le taux de chômage est resté stable à 7,5% au T2. La détérioration du climat de l’emploi à 93 en septembre pourrait cependant marquer une nouvelle période de refroidissement dans un contexte d’incertitude politique. Le taux de chômage resterait toutefois nettement inférieur à 8% selon nos prévisions.
La croissance de la zone euro a plutôt bien résisté aux chocs jusqu’ici (accompagnée notamment par une accélération des nouveaux crédits sur fond de baisse des taux) et devrait progressivement accélérer. Les exportations resteront fragilisées par la concurrence chinoise et le protectionnisme américain. Toutefois, le rebond prévisible de l'activité en Allemagne bénéficiera à la croissance de la zone euro. Au demeurant, la bonne tenue du marché du travail soutient le pouvoir d’achat des ménages, sans susciter de tensions inflationnistes, offrant à la BCE de la visibilité et des marges de manœuvre si nécessaire.
Le nombre de défaillances d’entreprises a continué d’augmenter au 1er trimestre 2025. La dynamique a toutefois ralenti et la hausse s’est faite en ordre dispersé. Des records historiques ont été battus au Royaume-Uni, où néanmoins un début de baisse a pu être observé. En revanche, l’augmentation reste beaucoup plus limitée en Italie ou en Allemagne, où elle se poursuit. En France, les chiffres sont élevés, mais la progression a ralenti. En ce qui concerne les secteurs d’activité, les services, le commerce et la construction sont les plus affectés, mais à des degrés divers selon les pays. A contrario, l’industrie apparaît relativement préservée. L’analyse des bilans bancaires, notamment en France, permet de relativiser l’incidence des défaillances
Les ratios des prêts non performants (NPL) aux sociétés non financières se sont repliés dans la plupart des systèmes bancaires de l’UE/EEE entre 2019 et 2024. En moyenne, le ratio a nettement baissé pour s’établir à 3,38% au T4 2024 (-2,4 points de pourcentage depuis le T1 2019). Seuls les systèmes bancaires allemand, autrichien et luxembourgeois ont enregistré une hausse mais ils partaient d’un niveau sensiblement inférieur au ratio de NPL moyen de l’UE/EEE.
L’indice PMI composite est stable à 50,2 en juin et s’est maintenu au-dessus du seuil d’expansion au premier semestre. La remontée de l’indice manufacturier s’essouffle mais se poursuit (+0,1 point à 49,5). Il est porté notamment par les nouvelles commandes, dont l’indice revient au-dessus du seuil des 50 pour la première fois en trois ans. Le PMI services est inchangé.
Les taux des nouveaux crédits à l’investissement (pfit>5ans) aux sociétés non financières de la zone euro sont restés stables en mai 2025, à 3,67%, pour le troisième mois consécutif. En revanche, les taux des nouveaux crédits de trésorerie (taux variable et pfit<3 mois) aux entreprises ont poursuivi leur baisse. aux entreprises ont poursuivi leur baisse (-25 pb m/m) à 3,38%. Les taux des nouveaux crédits à l’habitat et à la consommation accordés aux ménages ont également diminué mais bien plus modestement.
Le climat des affaires se maintient à un niveau dégradé avec 96 en juin. Le rebond est modéré dans les services, tandis que l’indice se contracte dans l’industrie. L’indice de la construction bénéficie d’un regain d’activité dans le neuf depuis mai 2025 et retrouve ainsi sa moyenne de long terme (100) depuis deux mois.
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