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Dette : pas seulement une question de taille

09/03/2021
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France: dette publique

Les partisans de l’annulation de la dette arguent parfois du fait qu’elle ne pourra pas être remboursée, mais là n’est pas le sujet. En France, la dette publique exprimée en euro (ou en franc équivalent euro avant 1999) a constamment augmenté au cours de l’après-Guerre, sans que personne ne songe à l’éteindre. Les taux de croissance et d’inflation élevés des Trente Glorieuses ont fait leur œuvre. Entre 1945 et 1975, la dette a vu son encours multiplié par dix environ - la dépréciation du franc ayant notamment gonflé sa composante extérieure - alors que son poids dans le PIB a chuté, de plus de 100% à moins de 20%.

En 2021, suite à une série de crises successives (financière, de l’euro, puis de la Covid-19), la dette se trouve à nouveau propulsée vers les sommets (117,8% du PIB selon les estimations de la Commission européenne). Elle n’apparait pas moins soutenable, la part des recettes fiscales consacrée aux paiements d’intérêts n’ayant jamais été aussi faible (2,3%). Aussi, la vraie question est-elle de savoir ce qu’il adviendrait en cas de choc sur les taux. Dans l’immédiat, leur hausse n’est pas un problème : elle s’appuie sur de meilleures perspectives de croissance et reste, somme toute, contenue. Au-delà, la prévention contre le risque d’incendie est affaire de crédibilité. Avant toute chose, c’est de la confiance dans l’État français, qui émet la dette, comme dans la Banque centrale européenne, qui la rachète indirectement, que dépendront nos conditions d’emprunt futures.

LES ÉCONOMISTES AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE