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Qatar : la rente gazière assure des perspectives économiques solides

14/10/2022

L’économie du Qatar est dominée par la rente gazière qui fournit des revenus très élevés et amortit les chocs externes. Grâce à l’augmentation attendue de 60% de sa production, le Qatar continuera de bénéficier des perspectives favorables du marché du gaz à court et moyen terme. A long terme, dans un contexte de décarbonisation des économies, le gaz naturel devrait jouer le rôle d’énergie de transition. Néanmoins, la dépendance du Qatar aux hydrocarbures restera très élevée.

Transcription

L’économie du Qatar est une des plus solide et des moins volatile parmi les pays du Golfe, mais c’est aussi une des moins diversifiées. La rente gazière, basée sur des contrats de long terme d’exportation de gaz naturel liquéfié, procure des revenus importants et permet d’amortir les chocs macroéconomiques (chute des prix du pétrole entre 2015 et 2020, tensions régionales en 2017 et pandémie à partir de 2020).

A court terme, la demande de GNL est soutenue, notamment en Europe et les prix sont élevés. La coupe du monde devrait dynamiser la croissance au quatrième trimestre. Par ailleurs, l’inflation reste maîtrisée en raison des interventions du gouvernement.

A moyen terme, les perspectives économiques sont très favorables avec la hausse de 60% de la production et des exportations de gaz naturel. Cela devrait gonfler le fonds souverain qui est actuellement équivalent à 2 fois le PIB.

A long terme, les conséquences de la lutte contre le réchauffement climatique sur les producteurs d’hydrocarbures rendent l’horizon plus incertain, même si le gaz naturel est considéré comme une énergie de transition. Il pourrait assurer le passage entre un mix énergétique dominé par les hydrocarbures et un autre dominé par les renouvelables. Dans ce contexte, le Qatar a pour objectif d’augmenter sa production de gaz naturel tout en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre grâce notamment à des technologies de capture et le stockage du carbone. Néanmoins, l’efficacité du développement de ces techniques à grande échelle reste à prouver et la dépendance du Qatar aux hydrocarbures restera très élevée à moyen et long terme.

LES ÉCONOMISTES EXPERTS AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE
Pascal DEVAUX
Equipe : Risque pays