Le conflit en Iran s’est aggravé ces derniers jours avec des frappes plus nombreuses visant les installations pétro-gazières (des deux côtés). L’impact sur les cours des matières premières énergétiques s’est donc renforcé. Une désescalade relativement rapide du conflit est peu probable, tandis que la perspective d’une aggravation du conflit et de ses effets macroéconomiques (plus d’inflation, moins de croissance) grandit. Les banques centrales en ont pris acte cette semaine mais elles attendent d’avoir plus de visibilité sur la suite des événements pour décider comment réagir. Les marchés, eux aussi, se montrent plus prudents et anticipent des politiques des banques centrales plus restrictives qu’antérieurement prévu sur le reste de l’année. Nous aussi.
L’Europe centrale fait face depuis plusieurs années à un déclin démographique marqué, dont l’ampleur varie selon les pays. La baisse de la population totale sur la période 2004-2025 est comprise entre -0,3% pour la Slovaquie et -17,2% pour la Bulgarie. La République tchèque est le seul pays de la région à avoir enregistré une hausse de sa population sur la même période. La population en âge de travailler (15-64 ans) diminue aussi. Toutefois, son évolution est moins défavorable en Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie, tandis que la Roumanie et la Bulgarie subissent un recul plus important, en raison des mouvements migratoires. Les flux migratoires nets étaient négatifs jusqu’en 2019 pour la Bulgarie et jusqu’en 2021 pour la Roumanie
Comme en 2022, le choc énergétique va affecter les économies émergentes et en développement. Aujourd’hui comme hier, c’est un jeu à somme négative entre pays importateurs et pays exportateurs. De plus, bien qu’il s’agisse d’un choc d’offre, les banques centrales des pays émergents pourraient durcir leur politique si elles devaient contrer des pressions à la baisse sur les taux de change, pour éviter une accélération trop forte de l’inflation. Toutefois, par rapport à 2022, il existe des facteurs atténuants : 1/ l’absence de choc sur les prix des matières premières agricoles jusqu’à présent ; 2/ l’IA, qui constitue un moteur de croissance exogène pour les pays d’Asie notamment, et 3/ la Fed sera plus conciliante qu’en 2022 face à l’accélération attendue de l’inflation
Le conflit en Iran a mis fin à la modération du prix des matières premières, qui avait permis de faire reculer l’inflation en Europe. Une désinflation qui a permis une baisse du taux directeur de la BCE et qui a participé du rebond de la croissance en 2025. Ce conflit pourrait renverser ces perspectives, avec une ampleur qui dépendra de la tournure, encore très incertaine, que prendra le conflit dans les prochaines semaines.
Le conflit en Iran impacte d'ores et déjà fortement les prix de l’énergie, notamment ceux du pétrole et du gaz. L’inflation devrait donc augmenter en mars. Au-delà, tout dépendra de l’évolution du conflit or la plus grande incertitude règne.Trois types de scénarios sont plausibles : 1) un retour au status quo ante sur le marché des hydrocarbures au bout de quelques semaines ; 2) une période d’incertitude politique prolongée en Iran aboutissant à une hausse relativement modeste, mais durable, des prix du pétrole et du gaz ; 3) des tensions aigües et durables sur l’approvisionnement en pétrole et en gaz. Les deux derniers scénarios constitueraient partout un choc stagflationniste, c’est à dire freinant la croissance et augmentant l’inflation
Le développement de l’intelligence artificielle (IA) dépend, en grande partie, de la disponibilité d’une électricité abondante et fiable. Le secteur contribue actuellement à 4,5% de la demande d’électricité aux États-Unis, 2% en Europe et environ 1% en Asie (Chine incluse), où se concentrent une grande majorité des data centers. Cette part est inférieure à 0,5% dans le reste du monde, mais elle sera amenée à augmenter dans les prochaines années. Pour attirer les investissements dans le secteur de l’IA, les pays émergents doivent donc envisager d’augmenter fortement leurs capacités de production d’électricité et de se doter de réseaux capables d’alimenter en continu les data centers
La croissance économique est forte et les perspectives de court terme sont bien orientées grâce au rebond de la production pétrolière et au secteur privé. Cependant, cela s’accompagne d’une hausse des déficits jumeaux. Les besoins d’investissement liés au programme de transformation « Vision 2030 » pèsent en effet sur les finances publiques et les comptes extérieurs, désormais dans le rouge, ainsi que sur les banques. Les autorités ajustent leur stratégie de diversification, mais la baisse attendue des cours du pétrole continuera à mettre les finances publiques sous pression en 2026. Les marges de manœuvre restent confortables. En outre, les ambitions n’ont pas été revues à la baisse
Éléments-clés des politiques européennes, les programmes de transition bas-carbone et de souveraineté énergétique convergent sur de nombreux sujets. La montée des tensions géopolitiques, la crise énergétique européenne de 2022 et l’exacerbation des tensions commerciales internationales ont favorisé cette convergence. À première vue, elle paraît évidente : l’Europe, qui est structurellement dépendante des importations d’énergies fossiles, a intérêt à accélérer la décarbonation de son mix énergétique pour réduire ses importations d’hydrocarbures. Néanmoins, la progression du tandem transition-souveraineté reste un parcours semé d’embûches.
Lorsque Donald Trump a fait campagne et remporté les élections de 2024 avec pour slogan « Make America Great Again », promettant d'ériger un mur tarifaire autour des États-Unis, très peu de voix se sont élevées pour défendre le libre-échange, à l'exception des organisations internationales dont c’est le credo. Après le Liberation Day, les prévisionnistes économiques craignaient une guerre commerciale mondiale. Mais elle n’a pas eu lieu. Au contraire, 2025 a été une année record en matière de libéralisation des échanges commerciaux. 2026 a démarré il y a à peine deux mois et plusieurs méga-accords ont déjà été signés, dont deux par l'Inde, l'un des pays où les droits de douane sont les plus élevés au monde, et d'autres signaux favorables commencent à apparaître
L’optimisme entourant le déploiement de l’intelligence artificielle (IA) s’est mué en moteur de la croissance économique aux États-Unis. Mais cela n’est pas sans inconvénients : le caractère énergivore de l’IA génère des tensions sur le marché de l’électricité et tire les prix à la hausse – une dynamique appelée à se poursuivre en 2026. C’est un enjeu à la fois pour la compétitivité des entreprises américaines et, du fait des pressions inflationnistes associées, pour les ménages. C’est aussi un problème pour l’administration Trump à l’approche des élections de mi-mandat (midterms) dont le coût de la vie (affordability) sera un thème central
Sur la question énergétique, l’Union européenne a deux objectifs : poursuivre la transition bas-carbone, afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et accroître sa souveraineté énergétique, dans un contexte de hausse des tensions géopolitiques.
L’année 2025 a enregistré un regain d’appétit du consommateur européen pour la voiture électrique. Cet engouement survient après une année 2024, où les immatriculations ont été pénalisées par l’annonce, fin 2023, d’une réduction du soutien budgétaire en France et de sa disparition en Allemagne. Pourtant, ce soutien, a été jugé nécessaire d’après plusieurs rapports, dont celui de Pisani-Ferry et Mahfouz.
Dans sa lutte contre le réchauffement climatique, l’Union européenne est en passe de franchir une étape importante : le lancement de la phase opérationnelle de son mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Selon quelles modalités ? Pour quels acteurs concernés ? Avec quelles conséquences économiques ? Le tour de ces questions (et de quelques autres) dans les lignes qui suivent.
Depuis l’arrêt de l’essentiel de l’approvisionnement en gaz russe, la réduction de la vulnérabilité énergétique de l’Europe, et donc l’amélioration de sa sécurité économique, est une question centrale pour les décideurs européens. Or, les récentes pressions exercées par les États-Unis sur l’Europe pour qu’elle augmente ses achats d’hydrocarbures US pourraient faire craindre une nouvelle dépendance significative vis-à-vis du gaz naturel liquéfié (GNL) américain.
L’économie française entame une nouvelle séquence budgétaire qui promet d’être aussi perturbée que la précédente. Toutefois, l’économie apparait plus solide qu’en 2024. D’abord, sur plusieurs points essentiels, le secteur productif est en meilleur état aujourd’hui (aéronautique, agriculture notamment), ce qui se reflète dans les chiffres de la croissance. Ensuite, l’ombre de l’incertitude politique n’a pas remis en cause les lignes de force de l’économie française : les créations d’entreprises, le marché du travail, le relatif équilibre du solde courant, la transmission des baisses de taux de la BCE au secteur privé et l’amélioration de l’investissement privé
Au premier semestre de 2025 (S1 2025) et d’après les estimations du site Carbon Monitor, la Chine aurait réduit ses émissions de dioxyde de carbone (CO2) de l’ordre de 3% par rapport à la même période de l’année précédente. Pour bienvenue qu’elle soit concernant le premier pourvoyeur de CO2 (30% des émissions annuelles mondiales), la nouvelle n’est pas surprenante, eu égard à la baisse de régime constatée dans le secteur de l’énergie. Sur ce même premier semestre de 2025, la hausse de la production d’électricité est tombée à 2,3% sur un an, ce qui est peu selon les standards chinois. Historiquement bien corrélée aux émissions, elle explique largement le chiffre précité.
La volatilité des cours du pétrole reflète les incertitudes du contexte international. Après avoir décroché en avril dernier, après l’annonce de droits de douane « réciproques » par le président Trump, ils ont gagné une dizaine de dollars durant les 12 jours du conflit entre l’Iran et Israël, avant de rechuter depuis l’accord de cessez-le-feu. De fait, les fondamentaux du marché pétrolier sont fragiles et, sous réserve que les tensions au Moyen-Orient se stabilisent, le cours du Brent est attendu à 65 dollars (USD) en moyenne en 2025-2026 contre 79,8 USD en 2024. Pour les pays du Golfe, où les hydrocarbures génèrent 60% des revenus du gouvernement et 70% des recettes d’exportations, les conséquences seront multiples.
Au mois de décembre dernier, les Études Économiques vous invitaient à aborder la question des conséquences du retour de Donald Trump sur l’économie mondiale et ses répercussions sur les questions énergétiques et climatiques.Six mois après, il est temps de faire un premier bilan des débuts mouvementés de son deuxième mandat. En effet, face aux menaces pesant sur les échanges commerciaux et la nouvelle logique de négociation par la force, comment réagiront les partenaires commerciaux des États-Unis ? Verrons-nous de nouvelles alliances naître ou d’autres se renforcer ? Comment se positionnera la Chine ? Que dire de l’Europe ?
Donald Trump a, le plus souvent, temporisé au lendemain de ses annonces déstabilisantes sur les tarifs douaniers. Il n’empêche, le mal est fait et l'incertitude est forte. La croissance comme le financement de l’économie américaine pourraient en porter la trace. Pour le moment, la santé du secteur pétrolier semble préservée.
La politique énergétique européenne est au croisement de deux objectifs : premièrement, progresser dans la transition bas-carbone pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, et deuxièmement accroître la souveraineté énergétique en diversifiant les sources d’approvisionnement et en réduisant les dépendances extérieures.
Depuis l’Accord de Paris sur le climat (2015), le marché des obligations vertes ou green bonds connaît une ascension verticale. Bien qu’encore modeste à l’échelle mondiale (USD 2 900 milliards, soit à peine 2,5% du total des encours obligataires), sa taille a plus que quintuplé durant les cinq dernières années. Dans ce décollage, la zone euro a joué un rôle moteur, suivie à distance par les États-Unis et la Chine.
En accélérant la baisse des prix du pétrole, la synchronisation - entre la décision de l’OPEP+ d’accélérer le desserrement des quotas et l’annonce par l’administration Trump du déclenchement d’une guerre tarifaire - pourrait limiter les pressions inflationnistes pour le consommateur américain et faire pression sur les membres indisciplinés du cartel. La convergence d’intérêts entre les poids lourds du marché du pétrole risque cependant d’être de courte durée. En effet, cette politique devrait compliquer l’équation économique pour les producteurs américains. Parallèlement, en pesant sur les finances publiques, elle présente un risque pour la cohésion du cartel.
Face au désengagement américain, l’Union européenne a décidé de serrer les rangs et de réinvestir massivement dans sa défense. Le Conseil européen a ainsi approuvé, le 6 mars dernier, un plan permettant théoriquement de mobiliser 800 milliards d’euros. Ce plan est divisé en deux volets. Le premier permettra à chaque État membre de dévier de sa trajectoire de dépenses à hauteur de 1,5% du PIB en moyenne sur une période de quatre ans, sans être visé par une procédure de déficit excessif. Ce dispositif permettrait – en théorie – de dégager une marge de manœuvre budgétaire supplémentaire de 650 milliards d’euros. Pour l’heure, plusieurs gouvernements nationaux ont annoncé qu’ils ne feraient pas usage de la clause dérogatoire (France) ou y sont défavorables (Italie, Espagne).
L’inflation devrait avoir diminué en février, notamment en France, en raison du net repli du tarif réglementé de l’électricité. Ce mouvement masque toutefois des évolutions divergentes. Si la désinflation se diffuse (les deux tiers des composantes de l’indice Insee témoignaient d’une inflation inférieure à 2% a/a en janvier en France), la hausse des prix reste soutenue dans les services, en France comme dans la zone euro. À court terme, un regain d’inflation énergétique est possible dans la zone, mais il devrait être de courte durée. La BCE devrait poursuivre ses baisses de taux à l’issue de sa réunion du 6 mars, mais la persistance de l’inflation sous-jacente (en deçà mais proche des 3% a/a) pourrait en modifier le rythme par la suite.
D’après le consensus actuel, la divergence importante entre l’économie des États-Unis et celle de l’Union européenne, observée depuis la pandémie, devrait persister. Il est vrai que l’économie américaine bénéficie d’une dynamique de croissance forte et affiche un moral d’acier, alors que l’Europe n’a ni l’une ni l’autre. Mais extrapoler à partir d’un instantané, comme l’instinct nous pousse à le faire, est souvent une erreur. En réalité, il existe de solides raisons pour que l’écart entre la croissance des États-Unis et celle de l’Europe se réduise en 2025, comme le prévoit le scénario central de BNP Paribas, avec un ralentissement de l’économie américaine et une accélération de celle de la zone euro (quoique modeste)
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