La croissance devrait avoir tenu bon au 3e trimestre, comme déjà en 2025 et au 1er semestre 2026, malgré les chocs successifs. La prolongation du conflit au Moyen-Orient a entraîné une inflation plus durable ; la sécheresse s’est accentuée dans de nombreux pays ; la remontée des taux d’intérêt s’est renforcée pour les taux courts – la Fed et la BCE ayant toutes les deux relevé leurs taux en septembre – et de façon plus manifeste encore pour les taux longs, dont la hausse s’est accélérée à partir de septembre. Toutefois, nos nowcasts montrent que la croissance plie mais ne rompt pas dans la plupart des pays avancés.
La crise énergétique de 2022 a exposé au grand jour la problématique du prix de l’électricité en Europe et, plus globalement, celle des prix de l’énergie. La compétitivité des industriels européens s’en trouve très détériorée, en particulier comparativement aux États-Unis et à la Chine. En ravivant les tensions sur les prix de l’électricité, le conflit déclenché fin février 2026 au Moyen-Orient rappelle la vulnérabilité du continent aux importations d’énergies fossiles malgré le développement des énergies renouvelables. Face à un environnement dans lequel les hausses de prix peuvent être fortes et brutales, les gouvernements européens ne disposent pas des mêmes marges de manœuvre.
La croissance du PIB des économies avancées s’avère plus résistante aux chocs que prévu. Les chiffres du deuxième trimestre le confirment. L’impact de la forte hausse des prix du pétrole est compensé par plusieurs facteurs reflationnistes. Le moteur du cycle de croissance actuel est clairement identifié : l’intelligence artificielle (IA). Par ailleurs, les grandes économies mondiales se mobilisent pour augmenter leurs investissements en biens d’équipement.
La croissance, amorcée au quatrième trimestre 2025, s'est renforcée au premier semestre 2026. Cette dynamique devrait se maintenir, avec une progression attendue de 1,1 % en 2026 et de 1,3 % en 2027. À court terme, le principal moteur restera les exportations, notamment vers l’Europe, qui contribueront à la recomposition de l’industrie. Les retombées des plans d’investissement devraient se renforcer en 2027, tandis que la demande intérieure resterait contrainte par l’inflation (2,7% en 2026 et 2,6% en 2027), qui pèserait sur le pouvoir d’achat. L’impulsion budgétaire et les réformes structurelles devraient continuer de soutenir la croissance. Toutefois, la hausse du déficit et de l’endettement implique que la remontée des taux longs observée jusqu’ici soit, en bonne partie, structurelle.
Les instituts de statistiques révisent souvent les chiffres de croissance a posteriori et, en général, à la hausse. Mais cela prend du temps. Les informations qu’ils détiennent sont plus complètes et plus précises au bout de deux ans. C’est en France que ces révisions à la hausse sont les plus élevées à cette échéance et, en règle générale, elles sont plus marquées en Europe qu’aux États-Unis.
Plus d’un an après l’annonce par le gouvernement allemand des plans d’investissements massifs dans la défense et les infrastructures, quel est le bilan à mi-année 2026 ? Leur mise en œuvre se poursuit, comme nous l’anticipions. En revanche, l’impact de ces investissements sur la croissance est, pour l’heure, plus modéré que prévu (notamment parce d’une partie des fonds d'infrastructures a été utilisée pour financer des dépenses courantes). Toutefois, le rebond des commandes à l’industrie se confirme et celui du commerce intra-européen (à destination de l’Allemagne) montre qu’une dynamique se met en place.
Malgré le choc énergétique induit par le conflit au Moyen-Orient et la concurrence accrue venant de Chine, l’Allemagne devrait voir sa croissance s’accélérer en 2026 et en 2027 porté par un effort d’investissement massif. Néanmoins, sa dépendance à ses industries traditionnelles et sa forte exposition à la Chine posent des défis structurels, qui nécessiteront un renforcement des efforts d’innovation.
Les pays avancés ont fait preuve de résilience en 2025 malgré le choc tarifaire qui affecte le commerce mondial. Début 2026, ils étaient en passe de voir leur croissance accélérer et leur inflation ralentir. Confrontés à un nouveau choc lié à la guerre au Moyen-Orient, ces économies subissent, au contraire, une accélération de l’inflation et un ralentissement de leur croissance. Cette conjonction s’explique notamment par l’impact sur la consommation des ménages d’un probable repli de leur pouvoir d’achat.Toutefois, une grande partie des facteurs qui ont soutenu la croissance en 2025 se maintiendraient en 2026 : le développement de l’IA, le renforcement de la défense (en particulier en Europe) et la progression du commerce international
Après deux années de récession, la croissance allemande a amorcé une reprise en 2025. Nous prévoyons qu’elle se renforce en 2026, portée par la montée en charge des plans d’investissement. Nous révisons néanmoins nos anticipations à la baisse, l’économie allemande restant vulnérable au choc actuel sur les prix de l’énergie (+0,8% en 2026 [-0,6 pp] et +1,1% en 2027 [-0,4pp]). Celui-ci pèsera sur la consommation privée, via l’impact de la hausse de l’inflation (3,2% en 2027 [+1,6pp] et +3,5% en 2027 [+1,2pp]) sur le pouvoir d’achat des salaires. La trajectoire budgétaire restera quant à elle globalement inchangée. La dette publique poursuivrait sa hausse vers 70% du PIB à l’horizon 2030, ce qui, dans le contexte actuel, maintiendrait une pression à la hausse sur les taux longs.
Le choc énergétique s’est traduit principalement par un comportement de précaution de la part des entreprises qui ont augmenté leurs stocks en mars. Ces dernières font état de la forte hausse des coûts des intrants (qui restent néanmoins inférieurs à leurs niveaux de 2022). À court terme, l’augmentation de leurs stocks (avant l’accélération de l’inflation) a soutenu la production. La hausse des prix de l’énergie ne semble pas avoir affecté, à ce stade, le comportement de dépense des ménages.
Malgré une baisse en décembre dernier (-1,9% m/m), et après deux trimestres de contraction, la production industrielle allemande a progressé de 0,9% t/t au 4e trimestre. Le repli de décembre, dû à l’automobile, masque la poursuite de l’amélioration dans les autres secteurs de l’industrie. Cette embellie devrait se renforcer dans les prochains mois en raison du très net rebond des nouvelles commandes de biens d’équipement sur les deux derniers mois. Cela annonce un nouveau cycle industriel davantage tiré par la demande intérieure. En parallèle, la perspective d’un rebond des exportations prend forme avec un bon chiffre en décembre et un redressement des nouvelles commandes moins marqué, toutefois, que sur le marché domestique.
En Allemagne, la récession industrielle a pris fin au T4 2025. La production a rebondi, tirée par les biens d’équipement, tout comme la demande. Toutefois, le climat des affaires reste mitigé.
Le 4 mars prochain marquera le premier anniversaire de l’annonce, par l’Allemagne, de leurs plans d’investissement massif dans la défense et les infrastructures. L’accroissement de la dépense publique outre-Rhin a d’ores et déjà permis de mettre fin, en 2025, à deux années de récession (2023-2024) – principalement par l’intermédiaire des investissements en défense, selon nos estimations. En revanche, les investissements en infrastructure seraient, pour l’heure, inférieurs aux montants prévus. L’année 2026 devrait cependant marquer une nette accélération de ces plans, qui viendraient soutenir une forte accélération de la croissance, redonnant à l’Allemagne un rôle moteur dans la zone euro.
L’économie allemande est en train d’opérer un virage stratégique, avec l’augmentation de la dépense publique, susceptible de modifier en profondeur son modèle. Ce tournant permettrait de relancer l’investissement des entreprises et la consommation des ménages, et réduire la dépendance du pays aux exportations. La stabilité du PIB au T3 2025 témoigne de cette dualité : la hausse de la dépense publique et de l’investissement privé compense le recul des exportations, qui se poursuit. Après 0,3% en 2025, la croissance de l’Allemagne accélèrerait nettement en 2026 (1,4%) et 2027 (1,5%), la dynamique se diffusant progressivement au secteur privé. La hausse de la dette publique devrait rester contenue et limitée dans le temps
Le déficit primaire allemand devrait se creuser dans les deux prochaines années sous l’effet de la nouvelle stratégie budgétaire. Il se réduirait ensuite progressivement d’ici 2030.
La confiance des ménages allemands progresse en septembre mais reste inférieure à son niveau moyen enregistré entre avril et juillet. Si les anticipations d’augmentations salariales soutiennent le moral des ménages, leurs intentions en matière de dépense se détériorent, laissant augurer une poursuite de l’atonie de leur consommation qui stagnait déjà au T2.
L’indice IFO du climat des affaires s’est replié en septembre à 87,7 contre 88,9 en août (-1,2 point m/m, une variation mensuelle proche de la variation mensuelle moyenne observée historiquement, 1,1 point en valeur absolue). Cette détérioration, après huit mois consécutifs de hausse (84,8 en décembre 2024), touche particulièrement les services. La situation de l’industrie se maintient et reste plus favorable qu’à la fin 2024, avec un gain d’environ dix points tant pour l’activité actuelle que pour les perspectives.
Le redémarrage de la croissance allemande a été freiné par les droits de douane américains. Toutefois, les perspectives continuent de s’éclaircir grâce à la stratégie du gouvernement, articulée autour d’un vaste programme d’investissements publics et d’incitations à l’investissement des entreprises. Au-delà du rebond conjoncturel anticipé, le redressement structurel de la croissance dépendra de la capacité du pays à maîtriser ses chaînes de valeur et à se repositionner dans le commerce mondial, face à une concurrence accrue. L’inflation devrait poursuivre sa décrue. Malgré les évolutions défavorables dans l’industrie, le chômage demeure contenu, et des tensions sur la main d’œuvre pourraient rapidement ressurgir
Le climat des affaires IFO continue de se redresser , porté par des perspectives économiques favorables. Les premières mesures du gouvernement Merz créent de fortes attentes. Elles se reflètent également dans les PMI, qui se redressent tant dans le secteur manufacturier que dans celui des services.
Le gouvernement allemand a présenté son projet de budget pour l’année 2025 qui devrait être adopté en septembre. Il s’agit d’un budget de rupture marqué par un retour affirmé à l’investissement public et par un soutien à l’investissement des entreprises, au prix d’une hausse significative de l’endettement. Ce budget constitue l’un des piliers de la nouvelle politique allemande, dont les retombées sur la croissance devraient être rapidement positives.
Selon l’enquête IFO, le climat des affaires poursuit son redressement au mois de mai (+0,6 point m/m à 87,5), porté par l’amélioration des perspectives économiques. L’indice des services se dégrade pour le 2e mois consécutif. Le secteur manufacturier continue de montrer des signes d’amélioration. L’indice reste néanmoins en dessous de sa moyenne de long terme.
Le climat des affaires demeure fragile. L’indice IFO progresse depuis le début de l’année 2025, y compris en avril (86,9, + 0,2 pp sur le mois, moyenne historique de 95,7). Les perspectives économiques se sont toutefois assombries sous l’effet des tensions commerciales entraînées par le virage protectionniste des États-Unis. Ces tensions gagnent désormais le secteur des services (PMI flash en repli à 48,8 en avril). L’industrie montre quant à elle des signes de stabilisation, mais la situation reste fragile.
Dans un contexte de concurrence internationale renforcée et de tensions commerciales liées à la nouvelle politique tarifaire des États-Unis, l’économie allemande voit ses moteurs de croissance traditionnels remis en question. À court terme, la hausse des droits de douane imposée par l’administration Trump pèsera sur les exportations et accentuera le climat d’incertitude économique.
L’indice IFO du climat des affaires est resté stable en février par rapport à janvier, à 85,2, et demeure proche du plus bas enregistré en novembre 2024 (84,7). C’est l’industrie qui pèse le plus dans cette situation. La production industrielle, qui inclut la construction, s’est de nouveau contractée, de 0,7% (t/t) au T4 (6e baisse en 7 trimestres). Les chiffres de janvier font toutefois état d’un léger rebond (+0,6% en glissement mensuel sur la moyenne mobile 3 mois).
Nous sommes à près d’une semaine d’un vote qui pourrait changer la face de l’Allemagne. Le 18 mars, le Bundestag décidera de l’adoption de deux projets structurants portant sur la défense et les infrastructures. Un plan budgétaire massif qui pourrait dépasser les EUR 1 000 Mds sur les 10 prochaines années et relancer la croissance allemande, aux abonnés absents depuis près de 3 ans.
La République fédérale d’Allemagne est une république parlementaire dirigée par un chancelier et un président. Le pays est organisé en seize Länder (ou Bundesländer). Chacun d’eux a sa propre constitution et jouit d’une large autonomie. Les plus prospères sont la Bavière et le Bade-Wurtemberg dans le sud du pays, où le PIB par habitant est supérieur d’environ 15 % à la moyenne allemande. Le dynamisme de cette région est en grande partie dû à sa spécialisation sectorielle. La production manufacturière, qui représente environ 30 % de la production totale, est concentrée dans les industries de haute technologie.
La République fédérale d’Allemagne compte 83 millions d’habitants. Il s’agit de la première économie de la zone euro. Son produit intérieur brut représente plus d’un tiers de celui de la zone. Le PIB par habitant est supérieur de 20 % à la moyenne de la zone euro, faisant de ce pays l’un des plus prospères de la région. De plus, l’Allemagne est la quatrième puissance économique mondiale, derrière les États-Unis, le Japon et la Chine et le troisième exportateur, derrière la Chine et les États-Unis.
L’industrie manufacturière joue un rôle crucial dans l’économie allemande. Elle représente près de 20% de l’emploi et près d’un quart de la valeur ajoutée totale. Cependant, du fait du rôle central de l’industrie, elle est plus exposée aux fluctuations du cycle économique que l’économie de certains de ses voisins.
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