Arabie Saoudite

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EcoTV Week
30/07/2021 • Par Pascal DEVAUX

L’économie saoudienne a traversé une période difficile en 2020, mais les perspectives sont positives à court terme. Il y a eu un double choc : la pandémie de covid 19 et surtout chute des prix du pétrole.

En effet, en plus des effets directs sur les revenus budgétaires et sur la croissance, le gouvernement a dû prendre des mesures budgétaires défavorables à la consommation des ménages qui ont amplifiées la récession. Le taux de TVA a triplé et des transferts publics aux ménages ont été réduits.

Le déficit a atteint un niveau très élevé à plus de 11% du PIB et la récession économique a été la plus forte depuis plus de vingt ans (-4,1%).

La reprise devrait être modérée cette année (2.3%), favorisée par le rebond des prix du pétrole et la hausse de la production en lien avec l’accord OPEP+. Le déficit budgétaire devrait atteindre environ 3% du PIB.

A moyen terme, cette difficile année 2020 aura quand même eu un effet positif puisqu’elle a permis une accélération de la consolidation budgétaire qui est favorable à la diversification des revenus. Par contre, l’incertitude persistante sur le marché du pétrole va continuer de peser sur le rythme des réformes économiques.

L’Arabie saoudite est le premier producteur et exportateur pétrolier au monde avec près d’un cinquième des réserves pétrolières mondiales prouvées. Le secteur industriel, qui s’appuie sur une énergie abondante et bon marché, occupe une place dominante, notamment dans la pétrochimie. L’activité économique reste liée aux recettes pétrolières, or le bond de la production d’huile de schiste aux États-Unis a remis en question le leadership de l’Arabie saoudite sur le marché pétrolier jusqu’en 2019.

La dette publique, en hausse, est largement compensée par les avoirs publics à l’étranger (d’un montant plus ou moins équivalent au PIB). L’ancrage du riyal saoudien (SAR) au dollar US est solide.

Le pays devra relever deux défis importants à moyen et long terme : la création d’emplois en nombre suffisant dans le secteur privé, pour une population importante et en croissance, ainsi que la réduction de la consommation nationale d’énergie en vue de préserver les capacités d’exportation pétrolière du pays. Le Plan national de transformation (Vision 2030) doit permettre d’accélérer le rythme des réformes et de créer de nouvelles opportunités économiques en dehors du secteur des hydrocarbures, notamment avec le développement de nouvelles villes et du secteur des services. Le Fonds PIF d’investissement public devrait partiellement financer ces investissements. Compte tenu des rigidités dont souffre l’Arabie saoudite, en particulier sur le marché de l’emploi, et d’une compétitivité économique limitée, en dehors des industries à forte intensité énergétique, la diversification de l’économie devrait prendre du temps.

L’Arabie saoudite est membre du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).