La remontée de l’inflation des prix à la consommation depuis février 2026 est beaucoup moins marquée qu’en 2022, et s’est interrompue en mai et juin 2026. Le taux moyen de l’inflation IPC dans les quinze principales économies émergentes est estimé à 4,6% en glissement annuel en juin, contre 4,8% en avril. L’impact inflationniste est plus limité qu’en 2022 en raison, notamment, de moindres effets de contagion sur les prix agricoles et alimentaires.
Dans les économies avancées, l'inflation a temporairement baissé en juin, mais a repris en juillet, influencée par les prix de l'énergie. Les indicateurs avancés de pressions sur les prix ont encore baissé en juillet. Hormis au Royaume-Uni, les anticipations d'inflation à court terme des ménages reculent, celles de long terme restent stables. Il n'y a, à ce stade, pas de signes de boucle prix-salaires. Dans les économies émergentes, l’inflation IPC moyenne est un peu retombée en juin après trois mois de progression. Pour les matières premières, on constate un rebond généralisé des prix dans le sillage de la résurgence des tensions géopolitiques.
La flambée des prix du pétrole, du gaz et des intrants liés à l’énergie a été rapide, mais moins inflationniste qu’en 2022. Bien que les cycles d’assouplissement monétaire aient été interrompus dans de nombreux pays, la plupart des banques centrales ont pu maintenir leurs taux directeurs inchangés depuis février dernier. Les marchés financiers émergents n’ont pas fait face à un mouvement de défiance généralisé, tandis que les fondamentaux macroéconomiques sont plus solides qu’à l’été 2022 et contribuent à amortir la hausse des coûts de l’énergie.
Quelques mois après le déclenchement d’une nouvelle crise énergétique mondiale, on peut s’interroger sur ses conséquences pour la transition bas-carbone dans les pays émergents. La réponse n’a rien d’évident tant les risques géopolitiques et le processus de transition bas-carbone se déroulent selon des temporalités différentes, du moins en partie. Le choc énergétique, déclenché par le blocage du détroit d’Ormuz, appelle des réponses immédiates afin de sécuriser l’approvisionnement en hydrocarbures avec, par exemple, l’utilisation de stocks stratégiques. À l’inverse, la transition est un processus de plus long terme
Malgré la guerre en Iran, la fermeture du détroit d’Ormuz et la flambée temporaire des prix de l’énergie, les économies émergentes évitent jusqu’ici un scénario de crise. Leur croissance ralentit à la marge, l’inflation reste contenue dans la plupart des pays et les marchés financiers n’ont pas décroché. Le moteur de croissance le plus puissant vient d’Asie : la demande mondiale de puces, de centres de données et de biens électroniques liés à l’intelligence artificielle compense une partie du choc pétrolier et redessine les équilibres extérieurs de plusieurs pays émergents.
L'impact du choc énergétique sur les variables économiques des pays émergents.
Les indicateurs clés des principaux pays émergents par région à juillet : PIB réel, inflation, crédit bancaire, solde courant, solde budgétaire et endettement public.
Panoramas au 13 juillet 2026 : un choc sévère aux effets variables dans la zone Afrique du Nord/Moyen-Orient ; des fragilités exacerbées en Afrique subsaharienne ; une Amérique latine moins exposée au choc énergétique ; une Asie qui dispose d'atouts face à la crise énergétique.
Le concept de « pays émergents » par opposition aux pays avancés est multiforme et souvent mal défini. L’indicateur le plus simple et couramment utilisé est le PIB par habitant sur lequel repose en grande partie la classification des institutions financières internationales (IFI)
L’impact négatif du choc sur l’activité manufacturière depuis le début de l’intervention militaire en Iran reste moins marqué qu’en 2022, mais la situation demeure fragile. Selon l’IIF, les flux d’investissements de portefeuille ont connu un nouveau revirement brutal en mai après le rebond observé en avril. Les fluctuations depuis mars traduisent la nervosité des investisseurs au vu du risque géopolitique très élevé.
En avril 2026, l’impact inflationniste de l’envolée des prix du pétrole et du gaz se diffuse, le taux d’inflation moyen pour les principaux pays émergents ayant atteint 4,8% sur un an contre 3,9% en février. Le choc reste contenu par rapport à 2022 en raison d’une faible contagion aux prix agricoles et alimentaires. En revanche, l’opinion des industriels sur l’évolution des prix des intrants s’est fortement dégradée.
Les pays d’Asie émergente sont particulièrement vulnérables au choc énergétique provoqué par le conflit au Moyen-Orient. Au-delà des problèmes d’approvisionnement, la hausse des prix constitue un risque significatif pour ces pays, dont la demande intérieure est un moteur important de la croissance. Pour en limiter les impacts, certains pays d’Asie (notamment l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande) ont choisi de subventionner partiellement l’énergie et les engrais. Le surcoût pour leurs finances publiques devrait rester supportable tant que le prix du pétrole n’excède pas en moyenne USD 100 le baril sur l’année. Mais une telle politique de subvention n’est pas sans risque pour leurs finances publiques, et ce d’autant plus si les conditions de financement extérieures se durcissent
Les économies d’Europe centrale ont connu plusieurs chocs depuis 2020 et elles les ont tous surmontés remarquablement. En 2025, le choc tarifaire américain a eu un impact limité sur l’activité. La croissance régionale a même accéléré, portée par une consommation dynamique. En 2026, la guerre au Moyen-Orient met de nouveau la région à l’épreuve, alors que les marges de manœuvre budgétaire des pays se sont considérablement réduites. Les incertitudes sur la durée de la guerre brouillent les perspectives économiques. Quoi qu’il en soit, l’Europe centrale peut compter sur quatre atouts majeurs pour résister au choc. D’abord, son exposition directe (à un risque de rupture d’approvisionnement en énergie et en matériaux industriels) reste limitée
Nous avons sélectionné un ensemble d’indicateurs pour suivre les répercussions de ce nouveau choc énergétique, dû à la guerre au Moyen-Orient, sur l’activité et les prix dans la zone euro, aux États-Unis, sur les marchés du pétrole et du gaz et dans les pays émergents. Nous pourrons aussi voir dans quelle mesure la situation actuelle se rapproche de celle de 2022 lors du déclenchement du conflit en Ukraine. Ce tableau de bord graphique et commenté sera mis à jour sur une base mensuelle le temps nécessaire.
En mars 2026, l’impact inflationniste de l’envolée des prix du pétrole et du gaz est resté modéré tant en termes absolus, avec un taux d’inflation moyen pour les principaux pays émergents de 4,3% contre 3,9% en février, que par rapport à 2022. L’absence de contagion aux prix agricoles et alimentaires en est la principale explication. L’opinion des industriels sur l’évolution des prix des intrants est d’ailleurs moins dégradée qu’en 2022. Toutefois, une diffusion de la hausse des prix des engrais et des intrants dérivés du pétrole à l’ensemble des prix est attendue.
Ce nouvel épisode d’En Eco Dans le Texte examine comment l’intelligence artificelle redessine la croissance des pays émergents, avec l’éclairage de trois économistes des Études Économiques de BNP Paribas : Lucas Plé, Christine Peltier et Hélène Drouot.L’Asie domine la production de semi-conducteurs, tandis que d’autres pays, comme ceux d’Amérique latine ou d’Afrique, exploitent leurs ressources minières ou restent en retrait.Quels défis devront-ils relever ? Monter en gamme, sécuriser l’énergie et éviter une dépendance géopolitique accrue, pour transformer cette opportunité en gains de productivité durables.
Comme en 2022, le choc énergétique va affecter les économies émergentes et en développement. Aujourd’hui comme hier, c’est un jeu à somme négative entre pays importateurs et pays exportateurs. De plus, bien qu’il s’agisse d’un choc d’offre, les banques centrales des pays émergents pourraient durcir leur politique si elles devaient contrer des pressions à la baisse sur les taux de change, pour éviter une accélération trop forte de l’inflation. Toutefois, par rapport à 2022, il existe des facteurs atténuants : 1/ l’absence de choc sur les prix des matières premières agricoles jusqu’à présent ; 2/ l’IA, qui constitue un moteur de croissance exogène pour les pays d’Asie notamment, et 3/ la Fed sera plus conciliante qu’en 2022 face à l’accélération attendue de l’inflation
CE NUMÉRO A ÉTÉ ACHEVÉ LE 27/02/2026, IL NE TIENT PAS COMPTE DES RÉPERCUSSIONS DES ATTAQUES MILITAIRES INTERVENUES DEPUIS AU MOYEN-ORIENT. Les pays émergents qui possèdent des ressources stratégiques – métaux critiques, capacités de production de semi-conducteurs – sont devenus des acteurs incontournables de l’essor de l’intelligence artificielle (IA). Ceux qui sont bien positionnés dans les chaînes d’approvisionnement de l’IA disposent, à la fois, d’un moteur de croissance et d’un atout géopolitique majeur. Les économies industrialisées d’Asie, qui produisent plus de 85% des puces électroniques exportées dans le monde, sont les plus à même de tirer profit de l’expansion de la demande en IA. Cet avantage les expose néanmoins à une éventuelle correction du boom technologique
Le développement de l’intelligence artificielle (IA) dépend, en grande partie, de la disponibilité d’une électricité abondante et fiable. Le secteur contribue actuellement à 4,5% de la demande d’électricité aux États-Unis, 2% en Europe et environ 1% en Asie (Chine incluse), où se concentrent une grande majorité des data centers. Cette part est inférieure à 0,5% dans le reste du monde, mais elle sera amenée à augmenter dans les prochaines années. Pour attirer les investissements dans le secteur de l’IA, les pays émergents doivent donc envisager d’augmenter fortement leurs capacités de production d’électricité et de se doter de réseaux capables d’alimenter en continu les data centers
Europe centrale : la croissance a progressé en 2025 grâce au dynamisme des économies polonaise et tchèque - Asie : la croissance économique a mieux résisté que prévu - Afrique du Nord et du Moyen-Orient : les perspectives soumises aux risques géopolitiques - Afrique subsaharienne : les perspectives économiques sont encourageantes.
Les indicateurs clés des principaux pays émergents par région : PIB réel, inflation, crédit bancaire, solde courant, solde budgétaire et endettement public.
Avec l’essor de l’intelligence artificielle (IA), les pays émergents dotés de ressources stratégiques – telles que les métaux critiques et les capacités de production de semiconducteurs – deviennent des acteurs clés. Les pays bien positionnés dans les chaînes d’approvisionnement de l’IA bénéficient à la fois d’un moteur de croissance et d’une carte maîtresse dans leurs relations internationales. Les économies industrialisées d’Asie, qui fabriquent plus de 85% des puces électroniques exportées dans le monde, sont les mieux placées pour tirer parti de l’expansion de la demande en IA. Toutefois, cet avantage les expose davantage que d’autres au risque de correction du boom technologique actuel
En 2025, les économies émergentes ont su résister aux chocs - protectionnisme américain, conflits et tensions géopolitiques - grâce notamment aux exportations chinoises, à l’assouplissement monétaire et à la poursuite de la désinflation sur fond de baisse des prix du pétrole. Les conditions de financement sont, dans l’ensemble, restées favorables au moins jusqu’au 1er semestre et la plupart des devises se sont appréciées face au dollar. En outre, les déséquilibres macroéconomiques, notamment extérieurs, ont été limités. Pour 2026, le ralentissement de la croissance est le scénario privilégié mais une stabilisation, voire une consolidation ne sont pas exclues. L’Asie resterait la région la plus dynamique.
Aujourd’hui, nous plongeons dans les finances publiques des économies émergentes en 2025, à travers une analyse exclusive de notre numéro EcoPerspectives consacré aux économies émergentes. Entre croissance solide mais ralentie, endettement public croissant et marges de manœuvre budgétaires réduites, quels sont les défis et les leviers pour ces pays ?
La croissance des économies émergentes est restée solide en 2025, portée par les exportations et l’assouplissement des conditions de financement. Le commerce mondial a été stimulé par les achats anticipés en amont des hausses des droits de douane américains, ainsi que par la reconfiguration des flux de marchandises et le boom du secteur technologique. En 2026, la croissance des économies émergentes devrait continuer de résister mais devenir plus modérée. Les facteurs de soutien pourraient s’atténuer et le commerce mondial s’essouffler. Les politiques budgétaires et monétaires continueront de soutenir la demande intérieure mais seront plus contraintes qu’en 2025
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