Le contexte actuel est difficile pour le grand export. Les débouchés vers la Chine se réduisent drastiquement en raison de la montée en gamme et de la politique de substitution aux importations menées par le pays. L’année 2025 aura marqué à ce titre une inflexion sans précédent : les exportations européennes vers la Chine ont chuté de 14% en nominal et de 10,2% en volume, et la part de la Chine dans les exportations totales de l’UE (7,5%) est désormais à son plus bas niveau en près de quinze ans.
Après l’annonce, faite le 4 mars 2025, d’un plan commun pour investir EUR 800 mds dans la défense au sein de l’Union européenne d’ici à 2030, les États membres se sont mis en ordre de marche. Un an plus tard, le premier bilan est plutôt positif. Les promesses se matérialisent et les pays européens ont, selon nos estimations, dépensé près de EUR 400 mds en 2025, soit un peu plus que ce qui avait été anticipé. L’Allemagne, les pays d’Europe du Nord et ceux qui dépensaient le moins (dont l’Espagne) ont consenti à une montée en charge importante. Ils rejoignent ainsi les pays d’Europe centrale et orientale qui avaient déjà entrepris cet effort (en particulier la Pologne et les pays baltes). L’investissement représente une part croissante des dépenses et la R&D progresse vite
Éléments-clés des politiques européennes, les programmes de transition bas-carbone et de souveraineté énergétique convergent sur de nombreux sujets. La montée des tensions géopolitiques, la crise énergétique européenne de 2022 et l’exacerbation des tensions commerciales internationales ont favorisé cette convergence. À première vue, elle paraît évidente : l’Europe, qui est structurellement dépendante des importations d’énergies fossiles, a intérêt à accélérer la décarbonation de son mix énergétique pour réduire ses importations d’hydrocarbures. Néanmoins, la progression du tandem transition-souveraineté reste un parcours semé d’embûches.
Le vieillissement de la population, la hausse des taux d'intérêt à long terme et celle des dépenses de défense pèsent sur les finances publiques de tous les pays de l'OCDE. L'assainissement budgétaire – qui peut se mesurer par une amélioration du solde primaire d'au moins 3 % du PIB en quatre ans – est essentiel pour nombre d'États. Mais cela semble plus facile à dire qu'à faire. Que nous apprennent vingt ans de finances publiques européennes ? Historiquement, pour les pays de l'UE, un assainissement axé sur les dépenses semble être une approche efficace qui tend à favoriser la croissance ensuite.
L’Europe sort la tête de l’eau. Les chocs ne l’ont pas épargnée, notamment la guerre en Ukraine - son impact sur les prix de l’énergie est largement responsable de la stagnation allemande - et l’incertitude politique en France qui a affecté la croissance du PIB français en 2025. Autant de difficultés que l’Europe est en train de surmonter. Les indicateurs le montrent. La croissance a été solide en 2025, atteignant 1,5% en zone euro, et l’année 2026 devrait être positive au-delà de la résilience affichée en 2025 ; l’industrie est sortie de la récession, soutenue par le réarmement, l’aéronautique et l’IA ; les ménages témoignent d’intentions d’achats inédites depuis février 2022. Autant d’éléments qui aideront l’Europe à poursuivre la construction de son autonomie stratégique
Le sujet de la souveraineté européenne est dans tous les esprits ces derniers temps. Parmi ses nombreuses dimensions, la souveraineté en matière de paiements numériques de détail est souvent évoquée comme une lacune urgente à combler. De fait, les deux-tiers des paiements numériques effectués en zone euro reposent sur des prestataires non-européens, principalement américains. Mais cette situation n’est pas une fatalité, et 2026 pourrait bien être l’année où une alternative européenne prendra son essor et atteindra une taille critique.
Les États ne parviendront pas à limiter le réchauffement planétaire à +1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, comme l’ambitionnait il y a dix ans la conférence de Paris sur le climat. En conclure que celle-ci fut un échec serait pourtant faux. C’est à partir de là que la course à la décarbonation s’est accélérée, dans l’Union européenne mais aussi en Chine, désormais en passe de faire baisser ses émissions de gaz à effet de serre. En dépit du climato-scepticisme de leur président, Donald Trump, les États-Unis continuent de verdir leur production électrique. Le consensus scientifique est qu’il faut maintenant généraliser et intensifier l’effort, ce qui représente un coût, néanmoins bien inférieur à celui du statuquo.
On ne peut que remarquer le manque d’intérêt que l'Europe a suscité lors des récentes réunions économiques et financières internationales comme si, aux yeux de beaucoup, « le moment européen », comme l'avait qualifié la présidente de la BCE, Christine Lagarde, au printemps dernier, était passé. Pendant ce temps, les médias européens se délectent de titres alarmistes sur les risques politiques, le marasme industriel sans fin et l'incapacité de l’Europe à mettre en œuvre des réformes susceptibles de préserver sa place dans un monde de plus en plus dominé par les États-Unis et la Chine. Pourtant, loin des feux de la rampe, les bonnes nouvelles se multiplient.
Pauvre en graisses, riche en fibres, réservant une large place aux fruits et aux légumes : en matière de santé, les vertus du régime méditerranéen ne sont plus à démontrer ; mais qu’en est-il en économie ? Depuis une dizaine d’années, les pays de l’Union économique et monétaire (UEM) formant l’arc méditerranéen (France, Italie, Espagne, Grèce) s’astreignent à un régime similaire, consistant à redresser leur compétitivité. Passage sur la balance dans notre graphique de la semaine.
Dans sa lutte contre le réchauffement climatique, l’Union européenne est en passe de franchir une étape importante : le lancement de la phase opérationnelle de son mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Selon quelles modalités ? Pour quels acteurs concernés ? Avec quelles conséquences économiques ? Le tour de ces questions (et de quelques autres) dans les lignes qui suivent.
Depuis l’arrêt de l’essentiel de l’approvisionnement en gaz russe, la réduction de la vulnérabilité énergétique de l’Europe, et donc l’amélioration de sa sécurité économique, est une question centrale pour les décideurs européens. Or, les récentes pressions exercées par les États-Unis sur l’Europe pour qu’elle augmente ses achats d’hydrocarbures US pourraient faire craindre une nouvelle dépendance significative vis-à-vis du gaz naturel liquéfié (GNL) américain.
Les présidents Trump et von der Leyen ont annoncé hier depuis l'Écosse qu'un accord commercial avait été conclu. Est-ce un bon accord ? La plupart des commentateurs politiques et de nombreux éditorialistes répondaient ce matin par la négative. Mais les marchés boursiers applaudissent. Notre avis : on ne pouvait raisonnablement espérer meilleur accord. En particulier, il élimine le risque d'une escalade de la guerre commerciale entre les deux plus grandes puissances commerciales mondiales et crée un environnement plus prévisible pour les entreprises des deux côtés de l'Atlantique.
Le nombre de défaillances d’entreprises a continué d’augmenter au 1er trimestre 2025. La dynamique a toutefois ralenti et la hausse s’est faite en ordre dispersé. Des records historiques ont été battus au Royaume-Uni, où néanmoins un début de baisse a pu être observé. En revanche, l’augmentation reste beaucoup plus limitée en Italie ou en Allemagne, où elle se poursuit. En France, les chiffres sont élevés, mais la progression a ralenti. En ce qui concerne les secteurs d’activité, les services, le commerce et la construction sont les plus affectés, mais à des degrés divers selon les pays. A contrario, l’industrie apparaît relativement préservée. L’analyse des bilans bancaires, notamment en France, permet de relativiser l’incidence des défaillances
Les ratios des prêts non performants (NPL) aux sociétés non financières se sont repliés dans la plupart des systèmes bancaires de l’UE/EEE entre 2019 et 2024. En moyenne, le ratio a nettement baissé pour s’établir à 3,38% au T4 2024 (-2,4 points de pourcentage depuis le T1 2019). Seuls les systèmes bancaires allemand, autrichien et luxembourgeois ont enregistré une hausse mais ils partaient d’un niveau sensiblement inférieur au ratio de NPL moyen de l’UE/EEE.
Face à la nécessité de trouver les financements nécessaires aux investissements massifs requis au titre des transitions énergétique et technologique, identifiés par Mario Draghi dans son rapport, et de la remobilisation européenne en matière de défense (Readiness 2030), la Commission européenne a dévoilé, le 19 mars dernier, sa stratégie pour l’« Union de l’épargne et des investissements » (UEI) dont la titrisation constitue un maillon essentiel. Le 17 juin dernier, la Commission a, en outre, proposé de nouvelles mesures pour relancer l’activité de titrisation dans l'UE tout en préservant la stabilité financière. Ces mesures constituent une bonne base pour relancer le marché de la titrisation. Pour autant, certains aspects gagneraient à être améliorés
De nombreux pays européens ont décidé d’augmenter significativement leurs dépenses militaires, au premier rang desquels l’Allemagne. Cet effort sera-t-il favorable à la croissance ? Cela dépendra de la capacité de l’Europe à augmenter, ou non, sa production de matériel militaire. Cela dépendra, ensuite, des effets d’éviction éventuels (inflation, taux d’intérêt) liés à une augmentation des dettes publiques. La capacité de l’industrie européenne à répondre à la demande (hausse des dépenses militaires de l’Union européenne de 2 à 3,5% du PIB) sera décisive. Une réallocation de capacités de production actuellement sous-utilisées (automobile, biens intermédiaires principalement) pourrait permettre d’augmenter la production.
Le sommet UE-Royaume-Uni du 19 mai acte une nouvelle phase de rapprochement économique, plus de cinq ans après le Brexit qui a, sans conteste, fragilisé l’économie britannique. Les défis structurels auxquels est confronté le Royaume-Uni – inflation forte, investissements des entreprises atone, productivité faible – en découlent en partie.
Le redressement progressif de la demande, perceptible depuis près de six mois, semble se poursuivre en zone euro. Il reste à confirmer étant donné les incertitudes entourant la politique commerciale américaine. Néanmoins, la tendance à l’amélioration n’a pas été remise en cause par les décisions prises jusqu’ici. À moyen terme, la mise en œuvre du plan de réarmement européen et celle des plans d’investissement allemands devraient renforcer cette dynamique.
Les investissements requis pour répondre aux enjeux de la compétitivité, de la transition énergétique et technologique dans l’Union européenne sont gigantesques et leur besoin, imminent (2025-2030). S’y ajoutent désormais les dépenses visant à renforcer les capacités militaires de l'Union européenne. Pour en assurer le financement, l’UE doit bien sûr accélérer sa feuille de route vers l’Union de l’épargne et des investissements. Mais face à l’urgence, elle doit aussi tenir compte de son écosystème financier et s’appuyer sur ses banques. Le report de la FRTB (Fundamental Review of Trading Book) en 2027 et la proposition législative de la Commission européenne relative à la titrisation, attendue en juin, vont dans ce sens.
• Le déficit public de la zone euro a diminué en 2024 pour s’établir à -3,1% du PIB• L’Italie et la Grèce affichent des excédents primaires même si leurs charges d’intérêts restent élevées• La correction budgétaire, que doivent fournir les pays dont le déficit s’est accru en 2024 (France, Autriche, Belgique, Finlande), agira néanmoins comme un frein à la croissance de la zone
Le scénario économique de la zone euro reste suspendu à l’évolution du conflit commercial et à la mise en œuvre de possibles droits de douane réciproques américains de 20%. La hausse des dépenses militaires soutiendra néanmoins le PIB. Dans ce contexte, et bien que des signaux légèrement positifs émergent dans l’industrie, les difficultés structurelles de secteurs tournés vers l’exportation, comme la chimie, la sidérurgie et l’automobile, pourraient se prolonger.
Le mercredi 5 mars, le rendement du Bund à 10 ans a augmenté de 30 points de base, soit la plus forte hausse depuis la chute du mur de Berlin. Il a continué à augmenter les jours suivants, atteignant un pic le 11 mars. L'élément déclencheur a été l'annonce faite par Friedrich Merz (CDU) et les dirigeants de la CSU et du SPD lors d'une conférence de presse nocturne le mardi 4 mars 2025, durant laquelle ils avaient annoncé leur accord pour :réformer le frein à l'endettementexempter du frein à l’endettement les dépenses de défense supérieures à 1 % du PIB créer un fonds de 500 milliards d'euros pour les investissements dans les infrastructures.L'évolution du marché obligataire allemand a eu des répercussions importantes sur les marchés de la zone euro mais ce n'est pas une surprise.
Face au désengagement américain, l’Union européenne a décidé de serrer les rangs et de réinvestir massivement dans sa défense. Le Conseil européen a ainsi approuvé, le 6 mars dernier, un plan permettant théoriquement de mobiliser 800 milliards d’euros. Ce plan est divisé en deux volets. Le premier permettra à chaque État membre de dévier de sa trajectoire de dépenses à hauteur de 1,5% du PIB en moyenne sur une période de quatre ans, sans être visé par une procédure de déficit excessif. Ce dispositif permettrait – en théorie – de dégager une marge de manœuvre budgétaire supplémentaire de 650 milliards d’euros. Pour l’heure, plusieurs gouvernements nationaux ont annoncé qu’ils ne feraient pas usage de la clause dérogatoire (France) ou y sont défavorables (Italie, Espagne).
Conséquence de l’explosion des dettes post-Covid et de la remontée des taux d’intérêt, la charge financière des États s’alourdit. Dans l’OCDE, elle atteint 3,3% du PIB, son plus haut niveau depuis 2010. Pour l’Union européenne, la fin de la période d’argent facile coïncide avec une augmentation substantielle de ses besoins d’emprunt, liée en partie à l’impératif de réarmement. Les finances publiques, déjà aux prises avec le dérèglement climatique et le vieillissement des populations, sont sous pression et ne pourront pas seules répondre à tous les défis.
Les pourparlers de paix ont débuté. Nous ne savons pas exactement quand ni où ils aboutiront mais les choses évoluent rapidement. Si l'attention se concentre à juste titre sur les défis géostratégiques colossaux qui n’avaient pas été anticipés, il n'est pas trop tôt pour commencer à tracer la carte des principales implications économiques pour l'Europe.
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