Si l’intelligence artificielle (IA) existe depuis longtemps, sa généralisation dans le monde du travail, en particulier dans les services, est un phénomène nouveau qui pose de multiples questions. Quels secteurs ou métiers seront impactés ? Quels autres en tireront bénéfice ? Les gains de productivité escomptés seront-ils au rendez-vous ? L’observation des tendances aux États-Unis, d’où tout est parti, apporte quelques éléments de réponse.
CE NUMÉRO A ÉTÉ ACHEVÉ LE 27/02/2026, IL NE TIENT PAS COMPTE DES RÉPERCUSSIONS DES ATTAQUES MILITAIRES INTERVENUES DEPUIS AU MOYEN-ORIENT. Les pays émergents qui possèdent des ressources stratégiques – métaux critiques, capacités de production de semi-conducteurs – sont devenus des acteurs incontournables de l’essor de l’intelligence artificielle (IA). Ceux qui sont bien positionnés dans les chaînes d’approvisionnement de l’IA disposent, à la fois, d’un moteur de croissance et d’un atout géopolitique majeur. Les économies industrialisées d’Asie, qui produisent plus de 85% des puces électroniques exportées dans le monde, sont les plus à même de tirer profit de l’expansion de la demande en IA. Cet avantage les expose néanmoins à une éventuelle correction du boom technologique
Le développement de l’intelligence artificielle (IA) dépend, en grande partie, de la disponibilité d’une électricité abondante et fiable. Le secteur contribue actuellement à 4,5% de la demande d’électricité aux États-Unis, 2% en Europe et environ 1% en Asie (Chine incluse), où se concentrent une grande majorité des data centers. Cette part est inférieure à 0,5% dans le reste du monde, mais elle sera amenée à augmenter dans les prochaines années. Pour attirer les investissements dans le secteur de l’IA, les pays émergents doivent donc envisager d’augmenter fortement leurs capacités de production d’électricité et de se doter de réseaux capables d’alimenter en continu les data centers
Le modèle de croissance économique de la Chine repose sur des déséquilibres (demande intérieure atone et surcapacités industrielles, exportations vigoureuses et recherche d’autosuffisance) qui se répercutent sur ses partenaires commerciaux. Alors que le FMI a récemment rappelé l’urgence de dynamiser la consommation privée, Pékin persiste à donner la priorité à sa politique industrielle et maintient des politiques budgétaire et monétaire modérément accommodantes pour soutenir la demande. Les secteurs de pointe, l’innovation, l’IA et l’autonomie technologique sont au cœur de sa stratégie de développement. Celle-ci vise à soutenir les gains de productivité et la croissance, ainsi qu’à consolider la domination de la Chine dans l’industrie mondiale et sa « sécurité nationale ».
La croissance indienne est attendue à +7,6% sur l’année budgétaire 2025/2026. L’assouplissement monétaire et la baisse des taux de TVA ont soutenu la demande intérieure. Les perspectives de croissance sont favorables. La baisse des droits de douane américains et la mise en œuvre des accords de libre-échange signés en 2025-26 devraient soutenir les exportations. Après des décennies de politique protectionniste, l’Inde ouvre son économie pour attirer les IDE , développer son industrie et créer des emplois de qualité. Le gouvernement est en effet conscient des risques engendrés par l’utilisation de l’IA, en particulier pour les emplois dans les services informatiques.
La croissance économique de la Malaisie est solide et devrait rester robuste au cours des deux prochaines années, soutenue par la vigueur de la demande intérieure et la forte consommation mondiale de produits électroniques. Cependant, la Malaisie a peu bénéficié du recul des biens exportés par la Chine sur le marché américain, contrairement aux autres pays de l’ASEAN. En outre, ses importations de produits chinois ont accéléré très sensiblement, ce qui pèse sur son secteur manufacturier. À l’image des autres pays d’Asie, la Malaisie cherche à développer ses partenariats commerciaux et financiers pour diversifier ses exportations et attirer les investissements, indispensables pour permettre une montée en gamme dans le secteur des composants liés à l’intelligence artificielle.
La Pologne impressionne par le dynamisme de son économie. En 2025, le pays a affiché la croissance la plus élevée d’Europe centrale et l’une des plus fortes de l’Union européenne. Cela devrait être encore le cas en 2026. L’inflation devrait se maintenir dans sa zone cible en 2026 et 2027. Cependant, le cycle d’assouplissement monétaire touche à sa fin. Les finances publiques se sont dégradées mais le gouvernement polonais parvient sans difficultés à se financer sur le marché obligataire et le risque souverain reste limité. Le secteur de l’intelligence artificielle est encore au stade embryonnaire mais va devenir un levier essentiel.
L’économie turque ralentit modérément malgré un marché du travail à plat depuis 2024 et un tassement des exportations au deuxième semestre de 2025. Les inquiétudes liées aux tensions politiques de mars 2025 se sont dissipées. La consommation décélère mais reste soutenue grâce à la reprise de la désinflation et au recours au crédit. L’investissement s’est redressé après un trou d’air en 2024. Pour 2026, la croissance pourrait légèrement se renforcer, contrairement au scénario d’un ralentissement envisagé jusqu’ici. La consommation continuerait de ralentir, avec un plus fort encadrement de l’usage des cartes de crédit. Mais l’assouplissement de la politique monétaire devrait se poursuivre et la politique budgétaire sera plus accommodante
L’économie argentine a échappé à la récession grâce au soutien des exportations. La politique budgétaire est restrictive et le restera et l’inflation a réaccéléré au cours des derniers mois. La croissance devrait ralentir en 2026 avant de rebondir en 2027. Fort du renforcement de son parti lors des élections de mi-mandat d’octobre 2025, le président Milei espère faire passer ses réformes structurelles à marche forcée. Grâce à l’appui du FMI, du Trésor américain et de grandes banques internationales, les réserves de change se sont reconstituées et la prime de risque a sensiblement baissé. Cependant, les réserves restent encore faibles au regard du service de la dette en dollars pour les deux années à venir
L’économie brésilienne navigue entre deux eaux : d’un côté, les signaux de dégradation conjoncturelle se multiplient sous l’effet du resserrement monétaire ; de l’autre, des mécanismes de rééquilibrage émergent : désinflation, baisses de taux en vue, stabilisation du marché du travail sur des bases plus durables, et activité qui se rapproche de son potentiel de long terme. Le déficit courant résiste au rééquilibrage mais reste bien couvert par des entrées stables de capitaux étrangers. Le positionnement du pays dans les chaînes de valeur de l'IA est à l’image de ses avantages comparatifs : des ressources naturelles et énergétiques abondantes et un écosystème dynamique de startups
La croissance économique chilienne ralentira très légèrement en 2026 et restera proche de son potentiel, tandis que l’inflation fluctuera autour de 3%. Le secteur minier reste un moteur important : les prix élevés du cuivre et du lithium soutiennent les exportations et les projets d’investissement. Le rythme de la consolidation budgétaire et les perspectives d’investissement dépendront largement de la capacité du nouveau gouvernement à mettre en place les mesures annoncées lors de la campagne présidentielle. Malgré la multiplication des initiatives visant à développer le secteur de l'IA, sa contribution à la croissance reste faible. Les ressources minières sont un atout et les projets se multiplient, mais il faudra composer avec les contraintes environnementales et sociales.
Le dynamisme des exportations a permis d'éviter la récession en 2025 malgré les tensions géopolitiques. Les perspectives d’investissement, point faible structurel de l'économie mexicaine, ne sont pas favorables. L'activité devrait pourtant rebondir en 2026, soutenue par la consommation des ménages, et la croissance pourrait atteindre son potentiel. Les perspectives à court et moyen terme dépendent largement de l’issue des négociations sur l’accord entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (USMCA). Le constat est le même dans le secteur de l’IA : la poussée des exportations de produits liés à l'IA vers les États-Unis masque une faiblesse structurelle de l’industrie mexicaine spécialisée dans l’assemblage à faible valeur ajoutée
Face aux chocs qui ont marqué 2025, l’économie sud-africaine fait preuve de résilience. Malgré les mesures protectionnistes sévères des États-Unis, la détérioration des comptes extérieurs est jusqu’ici modérée grâce à la bonne performance des exportations de matières premières. D’un point bas en 2024, la croissance économique a rebondi en 2025 et devrait accélérer progressivement sur les deux prochaines années. Les perspectives sont donc encourageantes, même si la croissance potentielle reste trop faible pour améliorer le PIB par habitant. De plus, avec une dette publique élevée et de nombreuses réformes à mettre en œuvre, notamment pour maîtriser le potentiel de l’IA, les vulnérabilités persistent et la prudence est de mise.
L’intelligence artificielle, ou IA, est devenue un soutien important de la croissance aux Etats-Unis. Ou plutôt, les espérances de gains de productivité durables et de profits futurs lui offrent un coup de boost.
Selon les estimations de l’Institute for International Finance, les sorties nettes de capitaux résidents dans le Golfe ont atteint USD 271 mds en 2025, tandis que les entrées nettes de capitaux étrangers totalisaient USD 228 mds. Depuis le pic de 2022, les prix du pétrole et les recettes d’exportation du Conseil de coopération du Golfe (CCG) diminuent. Pourtant, le CCG n’a jamais autant investi à l’étranger en dépit de la baisse de son excédent courant. De 15,7% du PIB en 2022, l’excédent courant est passé à 8% en 2023, 5,9% en 2024 et 3,8% en 2025. Dans le même temps, les sorties nettes de capitaux résidents de la région ont augmenté de 10% (2023-2025).
L’année économique 2026 pourrait se révéler tout aussi agitée et résistante que 2025. Le qualificatif « agitée » se justifie au regard des développements et des tensions géopolitiques qui ont déjà marqué ce début d’année, et qui constituent un facteur d’incertitudes supplémentaires. S’agissant du second qualificatif (résistante), il est au cœur de notre scénario central. Mais reste à savoir si, effectivement, l’économie mondiale et les économies avancées en particulier (auxquelles cet édito est consacré) parviendront à surmonter, comme elles l’ont fait en 2025, les obstacles qui se dressent sur leur route. Nous pensons qu’en 2026 elles transformeront l’essai et que la résistance s’alliera à une plus grande solidité de la croissance
L’investissement privé aux États-Unis est “en forme de K”. Celui lié à l’intelligence artificielle est désormais un soutien important de la croissance mais, dans le même temps, ses autres composantes se contractent. Toutefois, cet investissement est particulièrement intensif en importations.
Le marché du travail de la zone euro reste dynamique. Le taux de chômage, à 6,3% en septembre, demeure proche des plus bas historiques, tandis que les créations nettes d’emplois, bien qu’en ralentissement en 2025, se sont poursuivies au T3 (+0,1% t/t). Selon Eurostat, depuis la fin de l’année 2019, la zone euro a créé près de sept millions d’emplois supplémentaires.
On ne peut que remarquer le manque d’intérêt que l'Europe a suscité lors des récentes réunions économiques et financières internationales comme si, aux yeux de beaucoup, « le moment européen », comme l'avait qualifié la présidente de la BCE, Christine Lagarde, au printemps dernier, était passé. Pendant ce temps, les médias européens se délectent de titres alarmistes sur les risques politiques, le marasme industriel sans fin et l'incapacité de l’Europe à mettre en œuvre des réformes susceptibles de préserver sa place dans un monde de plus en plus dominé par les États-Unis et la Chine. Pourtant, loin des feux de la rampe, les bonnes nouvelles se multiplient.
Quels sont les défis communs aux banques centrales ? Quelles divergences entre Réserve fédérale, BCE, Banque d’Angleterre ou Banque du Japon ? Comment l’IA, le climat et les tensions géopolitiques rebattent les cartes ?
L’intelligence artificielle (IA) constitue un bouleversement technologique majeur aux implications économiques profondes. Que dit la littérature économique sur les effets de cette technologie sur la productivité et la croissance, d'une part, et l'emploi et les dynamiques de travail, d'autre part?Cette revue de la littérature a été rédigée avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle générative (i.e. OpenAI sur Azure et un modèle interne à BNP Paribas), les références bibliographiques ont été choisies de manière indépendante et un plan détaillé a été établi pour organiser le contenu. L’IA a été sollicitée uniquement pour synthétiser les documents et rédiger une première ébauche du texte final à partir du plan fourni
L'activité humaine est très dépendante de l'information. Qu'est-ce qu'on mange ce soir ? Quel film on va regarder ? Quel voyage on va faire pendant nos vacances ? Quelles études nos enfants devraient faire ? Quel est le métier que je voudrais exercer ? et cetera et cetera.Au niveau de l'activité économique, l'information joue également un rôle clé pour les entreprises. C'est une question de : qu'est-ce qu'on va produire comme produit ou service ? À quelles conditions ? À quel prix on va l'offrir à nos clients ? Où est-ce que se situera la production ? Quelle va être notre stratégie de marketing ? Et ainsi de suite.
L’indice du degré de préparation à l’IA 2023 d’Oxford Insights offre un excellent point de départ pour cerner la fracture numérique à l’œuvre au sein de la région, avec à une extrémité, le Brésil et son secteur très dynamique de la Fintech, et à l’autre, Haïti en manque d’infrastructures de base. À ce classement en coupe instantanée, on peut ajouter deux compléments d’information : une composante rétrospective (taux d’investissement au cours de la dernière décennie) et une autre prospective (projection de l’espace budgétaire à cinq ans) pour évaluer le positionnement et les contraintes des pays de la zone dans le cadre de leur transformation numérique.
Pouvez-vous nous aider à améliorer le site en répondant à ce court questionnaire ?Toutes vos réponses sont anonymes et ne seront utilisées qu’à des fins d’amélioration.Temps estimé : 3 minutes