Les intentions de dépense des ménages s’améliorent en zone euro depuis deux ans et ont retrouvé, en janvier 2026, leur niveau de début 2022, malgré un indice de confiance des ménages qui s’améliore bien plus progressivement (voir notre EcoCharts de janvier – Zone euro : Nette amélioration des perspectives ). Les craintes des ménages vis-à-vis du chômage ou du niveau de vie en général ont pesé sur leur consommation et contribué à sa croissance modérée. En outre, elles continuent de peser sur leur moral. Toutefois, ces inquiétudes s’atténuent et ne semblent plus faire obstacle à un possible rebond de la consommation, comme en témoignent les intentions d’achat.
LES INTENTIONS D’ACHAT DES MÉNAGES REBONDISSENT EN ZONE EURO L’optimisme sur ces intentions de dépense sur l’année à venir est notable en zone euro, en Italie et en Espagne. Le solde d’opinion y dépasse sa moyenne de long terme (z-score positif) et, a fortiori , les attentes qui existaient début 2022. Les intentions de dépense des ménages allemands restent en-deçà de leur moyenne de long terme (z-score négatif), mais elles ont tout de même retrouvé leur niveau de début 2022. En France, malgré une amélioration, un certain retard persiste.
Ce redressement en zone euro s’explique par une diminution des inquiétudes des ménages, notamment vis-à-vis du chômage, à la faveur de sa tendance baissière : le taux de chômage a retrouvé en décembre son plus bas historique (6,2%), grâce aux baisses observées en Europe du Sud. Par ailleurs, l’inflation est repassée sous sa cible de 2% (1,7% en janvier selon l’estimation préliminaire). Selon nos prévisions, ces évolutions favorables sur le front de l’inflation permettront à la BCE de maintenir inchangée et en territoire neutre sa politique monétaire sur l’entièreté de l’année 2026. En conséquence, le taux des nouveaux crédits se stabiliserait, alimentant la poursuite du rebond de la demande de crédit, facteur de soutien de la consommation.
Les conditions pour un rebond de cette dernière en 2026 semblent donc être réunies, et ce davantage qu’en 2025. La consommation serait soutenue à la fois par la progression du pouvoir d’achat des salaires et par une baisse du taux d’épargne (voir notre EcoInsight Consommation des ménages : Vers un rebond en zone euro et une modération aux États-Unis ? ). Le soutien apporté par la politique économique y contribuerait également, avec la hausse du salaire minimum en Allemagne, les baisses d’impôts sur les classes moyennes en Italie, ou encore une consolidation budgétaire qui n’affecte pas les ménages en France.