Basée à Paris, la Direction des Études Économiques de BNP Paribas est composée d’économistes et de statisticiens :
Les Études économiques ont pour mission de répondre aux besoins des clients, des lignes de métiers et des fonctions de BNP Paribas en matière de recherche économique. Notre équipe d’économistes et de statisticiens couvre un nombre important de pays avancés, en développement et émergents, l’économie réelle, les marchés financiers et l’économie bancaire. Ce site, qui présente nos analyses, nos vidéos et nos podcasts, permet de partager le résultat de nos recherches avec tous ceux qui souhaitent mieux comprendre le contexte économique ou qui s’intéressent à des problématiques spécifiques.
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Malgré le choc énergétique induit par le conflit au Moyen-Orient et la concurrence accrue venant de Chine, l’Allemagne devrait voir sa croissance s’accélérer en 2026 et en 2027 porté par un effort d’investissement massif. Néanmoins, sa dépendance à ses industries traditionnelles et sa forte exposition à la Chine posent des défis structurels, qui nécessiteront un renforcement des efforts d’innovation.
Les pays avancés ont fait preuve de résilience en 2025 malgré le choc tarifaire qui affecte le commerce mondial. Début 2026, ils étaient en passe de voir leur croissance accélérer et leur inflation ralentir. Confrontés à un nouveau choc lié à la guerre au Moyen-Orient, ces économies subissent, au contraire, une accélération de l’inflation et un ralentissement de leur croissance. Cette conjonction s’explique notamment par l’impact sur la consommation des ménages d’un probable repli de leur pouvoir d’achat.Toutefois, une grande partie des facteurs qui ont soutenu la croissance en 2025 se maintiendraient en 2026 : le développement de l’IA, le renforcement de la défense (en particulier en Europe) et la progression du commerce international
La hausse de l’inflation se poursuit globalement dans les pays avancés comme émergents, et reste majoritairement tirée par les prix de l’énergie.
Au sommaire de ce nouveau numéro : Dynamiques générales de l’inflation : une reprise nette, tirée par la composante énergie, généralisée à tous les pays.Inflation et données d’enquêtes : les indicateurs de pressions sur les prix bondissent, signal avancé d’une plus forte remontée à venir. Anticipations d’inflation (ménages, prévisionnistes, marchés) : pour le moment, les anticipations d’inflation à court terme — des ménages (en particulier aux États-Unis), des prévisionnistes ou des marchés — remontent assez nettement. Celles à plus long terme restent stables. Évolution inflation-salaires : l’enclenchement d’une boucle prix-salaires est peu probable à ce stade et le risque est contenu
Après deux années de récession, la croissance allemande a amorcé une reprise en 2025. Nous prévoyons qu’elle se renforce en 2026, portée par la montée en charge des plans d’investissement. Nous révisons néanmoins nos anticipations à la baisse, l’économie allemande restant vulnérable au choc actuel sur les prix de l’énergie (+0,8% en 2026 [-0,6 pp] et +1,1% en 2027 [-0,4pp]). Celui-ci pèsera sur la consommation privée, via l’impact de la hausse de l’inflation (3,2% en 2027 [+1,6pp] et +3,5% en 2027 [+1,2pp]) sur le pouvoir d’achat des salaires. La trajectoire budgétaire restera quant à elle globalement inchangée. La dette publique poursuivrait sa hausse vers 70% du PIB à l’horizon 2030, ce qui, dans le contexte actuel, maintiendrait une pression à la hausse sur les taux longs.
L’économie espagnole est engagée dans un cycle long favorable, marqué par une croissance élevée, soutenue par la demande intérieure. En 2026, la surperformance par rapport à la zone euro se maintiendrait, mais la croissance ralentirait, pénalisée par l’affaiblissement de ses soutiens structurels (main-d’œuvre disponible), le manque de relais (faible productivité) et le choc inflationniste. Elle atteindrait 2,3% en 2026 (révisée à la baisse de 0,2pp). L’inflation accélérerait à 3,3% (révisée à la hausse de 1pp) et pèserait sur le pouvoir d’achat des ménages. Les finances publiques auraient la capacité de modérer cet impact, sans remettre en cause la trajectoire de réduction du ratio de dette publique.
Selon notre nowcast, la croissance se renforcerait en zone euro (+0,4% t/t, après +0,2% au T4) et en France (+0,3% t/t, après +0,2% au T4), portée par des dynamiques favorables malgré le choc énergétique enclenché en mars. Aux États-Unis, le rebond suggéré par le GDP Now (+0,3% t/t, après +0,1% au T4) est sous-estimé. En effet, cet indicateur ne prend pas en compte l’effet favorable post-shutdown (ce que fait notre prévision à 0,9% t/t non annualisé).
Le choc énergétique s’est traduit principalement par un comportement de précaution de la part des entreprises qui ont augmenté leurs stocks en mars. Ces dernières font état de la forte hausse des coûts des intrants (qui restent néanmoins inférieurs à leurs niveaux de 2022). À court terme, l’augmentation de leurs stocks (avant l’accélération de l’inflation) a soutenu la production. La hausse des prix de l’énergie ne semble pas avoir affecté, à ce stade, le comportement de dépense des ménages.
Le climat des affaires reste pour le moment solide malgré le choc énergétique. Les entreprises signalent surtout une hausse des coûts des intrants, qui se traduirait par une augmentation, dans les prochains mois, des prix des produits vendus. La production reste bien orientée, tant dans l’industrie que dans les services. En revanche, la confiance des ménages se détériore nettement, sous l’effet d’anticipations d’inflation en forte hausse.
En janvier, l’inflation recule aux États-Unis, en zone euro, au Royaume-Uni et au Japon. Le Royaume-Uni conserve l’inflation la plus élevée, devant les États-Unis. La zone euro suit, et le Japon enregistre le plus faible taux d’inflation. Les dynamiques sous-jacentes et salariales s’orientent globalement à la modération, une tendance confortée par l’ancrage des anticipations d’inflation.
Les intentions de dépense des ménages s’améliorent en zone euro depuis deux ans et ont retrouvé, en janvier 2026, leur niveau de début 2022, malgré un indice de confiance des ménages qui s’améliore bien plus progressivement. Les craintes des ménages vis-à-vis du chômage ou du niveau de vie en général ont pesé sur leur consommation et contribué à sa croissance modérée. En outre, elles continuent de peser sur leur moral. Toutefois, ces inquiétudes s’atténuent et ne semblent plus faire obstacle à un possible rebond de la consommation, comme en témoignent les intentions d’achat.
Croissance au beau fixe au T4 2025 avec +0,4% t/t en zone euro, selon notre nowcast, et +1,3% t/t aux États-Unis selon le GDP Now . En France, notre nowcast suggère un nouveau bon chiffre (+0,3% t/t). Nos prévisions tablent sur une accélération trimestrielle en Espagne, au Royaume-Uni, en Italie et au Japon. Il en va de même du chiffre publié en Chine.
Malgré le repli de décembre 2025, le climat des affaires reste bon en Italie. La confiance des ménages est stable sur les deux derniers mois de l’année 2025. Le taux de chômage a atteint un plancher historique et parallèlement le nombre de personnes en emploi reste à son point haut.
En Espagne, le climat des affaires se renforce et la confiance des ménages soutient la consommation. Le marché du travail reste dynamique et les salaires horaires négociés (+3,5% a/a au T4 2025) progressent plus vite que l’inflation, ce qui augmente le pouvoir d’achat des Espagnols.
Aujourd’hui, nous nous intéressons à la consommation des ménages, qui reste le principal moteur de la croissance, tant en zone euro qu’aux Etats-Unis. Nous le savons tous, durant la pandémie de Covid-19, la consommation des ménages a subi un gros choc négatif. Depuis, sa croissance est restée très modérée en zone euro, alors qu’elle a nettement accéléré aux Etats-Unis. Après ces dernières années marquées par la pandémie, la crise inflationniste et des politiques économiques contrastées, où en sommes-nous des deux côtés de l’atlantique ?
La croissance espagnole devrait continuer de surpasser celle de la zone euro. Elle repose sur la dynamique de son marché du travail, qui engendre des gains de pouvoir d’achat et soutient la consommation. De son côté, l’investissement bénéficie de la baisse des taux d’intérêt, mais aussi des financements européens. Cette forte croissance du PIB permettra de dégager des excédents primaires et de poursuivre la réduction du ratio de dette publique. L’activité espagnole devrait toutefois se heurter à la contrainte du plein-emploi à la fin de la décennie, en l’absence de gains de productivité significatifs.
Deux fois par an, les Études Économiques de BNP Paribas vous proposent de faire le point sur la situation économique mondiale lors d'une conférence dédiée. Pour l'édition de décembre 2025, l'équipe a choisi de faire un bilan de l'année écoulée et de présenter ses perspectives pour l'année 2026 avec Jean Lemierre, Président du Conseil d'administration de BNP Paribas. Nous vous en proposons ici la retransmission.
Nonobstant la nouvelle politique économique américaine, très interventionniste en matière de politique commerciale et conflictuelle, avec le plus long shutdown de l’histoire, le maître mot de l’année 2025 aura été la résilience des performances de croissance. 2026 devrait débuter sous les mêmes auspices, l’administration Trump poursuivant son agenda, avec pour élément essentiel le renouvellement du gouverneur de la Fed et le risque d’une perte d’indépendance de cette dernière. En Europe, les défis sont importants, avec un agenda politique conséquent, dont la mise en œuvre de Rearm EU, mais qui ne s’y limite pas. Dans un contexte toujours incertain, nous pensons toutefois que la croissance devrait de nouveau être au rendez-vous, malgré une concurrence croissante de la Chine
Depuis la pandémie, la consommation des ménages a évolué différemment en zone euro et aux Etats-Unis. En Europe, la faible progression du revenu disponible brut réel, la modération des effets de richesse et la hausse des taux d'intérêt réels ont freiné la demande. Aux Etats-Unis, en revanche, la consommation a dépassé ce que les fondamentaux suggéraient, portée par un effet de richesse immobilière et le stimulus budgétaire. Cette divergence devrait toutefois s'atténuer : la zone euro corrigerait progressivement sa sous-performance, de façon hétérogène selon les pays, tandis qu'aux Etats-Unis la surperformance devrait prendre fin sans enregistrer toutefois de sous-performance
Jusqu’en 2027, la croissance nominale devrait rester supérieure au taux d’intérêt apparent en raison d’une accélération de la croissance réelle.
À partir de 2026, la part des recettes publiques dans le PIB espagnol dépassera celle des dépenses.
En septembre, l’inflation a légèrement rebondi aux États-Unis, en zone euro et au Japon, tandis qu’elle est restée stable au Royaume-Uni. Côté américain, l’effet inflationniste des droits de douane demeure jusqu’à présent contenu (cf. graphique du mois). Dans les autres pays, on notera des signaux favorables : la stabilité des anticipations d’inflation autour de 2% en zone euro, la modération de la croissance des salaires au Royaume-Uni et la baisse des prix à la production au Japon.
Nos nowcasts pour le T3 2025 soulignent une résilience de la croissance du PIB en zone euro (0,2% t/t) et en France (0,3% t/t comme au T2). En Italie et en Allemagne, deux économies qui ont subi un contrecoup au T2 après un très bon T1, la croissance devrait se raffermir au T3 et de façon plus marquée au T4. Le Royaume-Uni, quant à lui, verrait sa croissance ralentir au T3 (après un très bon S1), avant un rebond au T4. Aux États-Unis, le GDP Now de la Fed d’Atlanta suggère une nouvelle surprise à la hausse pour la croissance au T3 (1% t/t), avant un net ralentissement au T4. Au Japon et en Chine, le ralentissement interviendrait dès le T3, après un bon 1er semestre.
En septembre, l’indice de sentiment économique reste sous sa moyenne de long terme, freiné par l’industrie (-7,8 ; -0,1pt), avec un indice de production toujours en territoire négatif et des prévisions de production qui reculent. Cela contraste avec la hausse de la production industrielle (+0,7% a/a en juillet). Dans les services, le sentiment s’améliore mais l’activité peine à décoller. Toutefois, les anticipations concernant la demande dans les prochains mois progressent.
Le climat des affaires se renforce en septembre (ESI à 104,7 ; +3 pts m/m) et reste nettement au-dessus de sa moyenne de long terme. Dans l’industrie espagnole, l’indice demeure en zone de contraction mais s’améliore. Les anticipations de production sur les prochains mois ont nettement augmenté depuis le printemps (3,2 contre -0,4 en moyenne au T2), même si elles s’érodent par rapport au mois dernier.
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