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Baromètre de l'inflation – février 2026 | La désinflation se confirme dans les grandes économies avancées

27/02/2026
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En janvier, l’inflation recule aux États-Unis, en zone euro, au Royaume-Uni et au Japon. Le Royaume-Uni conserve l’inflation la plus élevée, devant les États-Unis. La zone euro suit, et le Japon enregistre le plus faible taux d’inflation. Les dynamiques sous-jacentes et salariales s’orientent globalement à la modération, une tendance confortée par l’ancrage des anticipations d’inflation.

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Aux États-Unis, l’inflation (IPC) a reculé en janvier (-0,3 pp à 2,4% a/a)

L’inflation sous-jacente s’est également modérée (-0,1pp m/m à 2,5%). Les salaires poursuivent progressivement leur décélération (page 22) et les anticipations d’inflation des ménages à un an (page 16) continuent de refluer nettement (3,3% en février 2026, contre 6,6% en mai 2025). Celles à cinq ans restent toutefois élevées sur une base historique. En parallèle, l’indice de pression sur les prix repart légèrement à la hausse (page 14) et les prix à la production demeurent dynamiques (+3% a/a en décembre). L’ensemble conforte le scénario d’une inflation durablement plus élevée aux États-Unis qu’en zone euro.

Ce scénario est d’autant plus probable que l’inflation en zone euro a de nouveau ralenti en janvier, atteignant un plus bas depuis avril 2021 (+1,66% a/a ; -0,3pp m/m)

L’inflation sous-jacente s’inscrit également en baisse (-0,1pp à 2,2%). Les écarts entre pays persistent : la France (+0,4%), l’Italie (+1,0%) et la Finlande (+1,0%) enregistrent les rythmes les plus modérés, tandis que la Slovaquie (+4,3%), l’Estonie (+3,8%) et la Croatie (+3,6%) continuent de subir les plus fortes hausses (page 9). Les perspectives demeurent favorables à la désinflation, malgré une forte hausse de l’indicateur de pressions sur les prix depuis mai (+5pts) (page 14). Les anticipations d’inflation des prévisionnistes et des ménages restent stables (page 17). Et la croissance des salaires négociés ralentit nettement (+1,9% contre 4% en octobre, page 22), tout comme les prix à la production (page 8).

Au Royaume-Uni, l’inflation reste élevée

Mais la désinflation se poursuit (3,0% a/a ; -0,4pp m/m), portée notamment par le ralentissement de la composante sous-jacente (3,1% ; -0,2pp ; plus bas depuis septembre 2021).

Les signaux prospectifs sont orientés à la baisse : les prix à la production ralentissent depuis octobre (-1 pt à 2,6% entre octobre et janvier), la croissance des salaires s’est nettement modérée en un an (de 5,3% en janvier 2025 à 2,5% en janvier 2026) et les anticipations d’inflation des ménages sont désormais stables à court et moyen terme (autour de 3,5%).

C’est au Japon que l’inflation est la plus faible en janvier (1,5% a/a ; -0,5pp m/m)

L’indice d’ensemble retrouve son plus bas niveau depuis mars 2022, sous l’effet de contributions désormais négatives des composantes énergie et alimentaire (page 6). L’inflation sous-jacente ralentit également nettement (-0,4pp à 2,0% selon la mesure BoJ) (page 12). Si les pressions salariales restent élevées en comparaison historique (+2,1% en décembre), les autres indicateurs suggèrent une stabilisation de l’inflation : les prix à la production se sont nettement modérés (+2,3% en janvier 2026 contre +4,2% un an plus tôt), les anticipations des prévisionnistes à un an ont reculé (1,85% en janvier contre 2,75% en décembre), et les pressions sur les prix se sont atténuées.

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Graphique du mois | Perspectives d’inflation en zone euro à horizon 2027 : En dessous ou au-dessus de la cible ?

Zone euro : prévisions d'inflation totale et sous-jacente

L’année 2027 reste un horizon relativement lointain, mais la différence de trajectoire d’inflation entre nos prévisions (traits pleins sur le graphique) et celles de la BCE (traits pointillés) n’en est pas moins notable et intéressante. Il convient de noter que les prévisions BCE sont celles établies en décembre 2025 et qu’elles pourraient être révisées le 19 mars prochain, lorsque la BCE se réunira pour sa prochaine réunion et qu’elle publiera son nouveau jeu de prévisions économiques.

Si le point d’arrivée, à la fin 2026, est proche dans les deux scénarios, le profil diffère sensiblement en cours de période. Dans notre scénario, l’inflation totale (courbe noire) passerait plus nettement sous la cible de 2%, sous l’effet d’un repli plus marqué de l’inflation sous-jacente (courbe verte). Celle-ci serait tirée à la baisse par le fort effet désinflationniste que nous anticipons via le recul des prix des exportations chinoises, ainsi que par l’aboutissement du processus désinflationniste dans les services.

Après une année 2026 encore marquée par la désinflation[1], dans notre scénario, 2027 s’inscrirait ensuite dans une phase de « reflation », caractérisée par une poursuite du renforcement cyclique de l’activité (découlant notamment des dépenses accrues en matière de défense et d’infrastructures)[2] et entraînant l’inflation dans son sillage[3]. Dans cette perspective, la hausse attendue de l’inflation en zone euro est à voir comme un signe positif : celui du dynamisme retrouvé de l’activité économique.

Plus globalement, 2027 pourrait aussi marquer un autre changement, et pas seulement pour la zone euro : celui d’un probable non-retour dans le monde prépandémie de l’inflation basse, proche mais en-deçà de la cible des 2%. Du fait d’une fréquence sans doute plus élevée des chocs d’offre négatifs (pénuries, difficultés d’approvisionnement, perturbations climatiques), et malgré les gains de productivité espérés du déploiement de l’IA, le nouveau régime pourrait en effet être caractérisé par une inflation plus volatile et qui serait, en moyenne, proche mais supérieure à la cible.

[1] En moyenne annuelle, l’inflation s’inscrirait à 1,9% en 2026, selon nos prévisions et celles de la BCE, après 2,1% en 2025.

[2] La croissance du PIB est attendue à 1,6% en moyenne annuelle après une performance similaire en 2026. La BCE est moins optimiste, avec 1,2% et 1,4% de croissance attendue, respectivement, cette année et en 2027.

[3] L’inflation totale remonterait à 2,3% en moyenne annuelle en 2027, selon nos prévisions, et à 1,8% selon la BCE.

LES ÉCONOMISTES AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE
Equipe : Économies avancées