Les mêmes causes produiront-elles les mêmes effets ? Autrement dit, est-ce que le déclenchement de la guerre en Iran et la flambée associée des prix du pétrole et du gaz entraîneront un choc inflationniste comparable à celui de 2022 ? Leurs effets négatifs sur la croissance seront-ils du même ordre que ceux de la guerre en Ukraine et du choc énergétique qui s’est ensuivi ? Des similitudes existent mais les incertitudes sont nombreuses.
Le bilan des données disponibles pour le mois d’avril penche davantage du côté négatif qu’en mars. L’inflation a gagné 1,1 point de pourcentage en deux mois, une hausse qui reste toutefois tirée uniquement par la composante «énergie». Hors énergie ainsi que «hors énergie et alimentation», l’inflation enregistre une nouvelle baisse légère en avril. Mais les pressions inflationnistes se renforcent.
L’inflation CPI a enregistré au mois de mars sa hausse mensuelle la plus importante depuis 2022 avant d’atteindre +3,8% a/a en avril (+1,4pp en deux mois et un plus haut depuis 2023) – presque exclusivement du fait du prix de l’essence, l’indice hors énergie enregistrant une hausse plus modérée (+0,2pp).
En avril 2026, l’impact inflationniste de l’envolée des prix du pétrole et du gaz se diffuse, le taux d’inflation moyen pour les principaux pays émergents ayant atteint 4,8% sur un an contre 3,9% en février. Le choc reste contenu par rapport à 2022 en raison d’une faible contagion aux prix agricoles et alimentaires. En revanche, l’opinion des industriels sur l’évolution des prix des intrants s’est fortement dégradée.
La perte croissante de barils disponibles sur le marché due à la fermeture du détroit d'Ormuz, les atteintes répétées aux capacités de production dans le Golfe et les contraintes sur la circulation dans le détroit augmentent le risque de pénurie physique de pétrole à court terme. Cela s’est traduit par une forte réaction des cours du baril physique (dated Brent). Au cours des dernières semaines, la meilleure prise en compte de ce risque a fait converger le cours à terme du baril (Brent) vers celui du baril physique (dated Brent). Par ailleurs, la forte hausse des exportations de pétrole provenant des États-Unis et, dans une moindre mesure, la baisse des importations chinoises ont réduit les tensions sur le marché physique et orienté son cours à la baisse.
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