Dynamique démographique défavorable
L’Europe centrale fait face depuis plusieurs années à un déclin démographique marqué, dont l’ampleur varie selon les pays (voir Graphique 1). La baisse de la population totale sur la période 2004-2025 est comprise entre -0,3% pour la Slovaquie et -17,2% pour la Bulgarie. La République tchèque est le seul pays de la région à avoir enregistré une hausse de sa population sur la même période. La population en âge de travailler (15-64 ans) diminue aussi. Toutefois, son évolution est moins défavorable en Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie, tandis que la Roumanie et la Bulgarie subissent un recul plus important, en raison des mouvements migratoires. Les flux migratoires nets étaient négatifs jusqu’en 2019 pour la Bulgarie et jusqu’en 2021 pour la Roumanie. Cependant, sur la période récente, cette tendance s’est inversée. Plus récemment, l’afflux de réfugiés ukrainiens a atténué les pressions pesant sur la population en âge de travailler, notamment en Pologne et en République tchèque. Les réfugiés ukrainiens représentent désormais environ 5% de la main-d’œuvre en Pologne.
Préoccupations à moyen terme
D’ici 2030, les dynamiques démographiques devraient se dégrader davantage, laissant craindre des pressions à la hausse sur les salaires, une perte de compétitivité et un affaiblissement structurel de la croissance potentielle.
D’autres atouts pour soutenir la croissance
Malgré le frein démographique, les économies d’Europe centrale s’en sont plutôt bien sorties jusqu’à présent, notamment grâce à plusieurs facteurs clés :
1) L’afflux de fonds européens (environ EUR 430 mds entre 2004 et 2024, soit 20% du PIB). Le soutien des fonds européens devrait se maintenir et ces pays resteront des bénéficiaires nets à moyen terme.
2) Une productivité en progression plus soutenue que les coûts salariaux sur les vingt dernières années. Cela a permis aux pays d’Europe centrale de gagner des parts de marché en Allemagne (voir Graphique 2), ainsi que de réaliser un rattrapage économique notable.
3) Une main-d’œuvre qualifiée (les diplômés du secondaire et de l’enseignement supérieur avoisinent 90% de l’emploi total).
Certains secteurs stratégiques, tels que la mobilité électrique, l’IA et la défense, devraient continuer d’attirer des investissements directs étrangers. La Hongrie et la Pologne visent à devenir des puissances régionales en matière de mobilité électrique, notamment grâce à la production de batteries pour les véhicules électriques. S’agissant de l’IA, les pays d’Europe centrale s’appuient déjà sur des infrastructures numériques performantes et les gouvernements de la région mettent en œuvre des stratégies très ambitieuses pour faire de leur pays respectif des hubs d’investissement incontournables (voir les volets Hongrie et Pologne de notre « EcoPerspectives Économies Émergentes » de mars 2026). Pour ce faire, ils ont élaboré des plans nationaux dédiés à l’IA.