Pour le moment, les cours du pétrole et du gaz européen semblent réagir davantage au choc énergétique lié à la guerre au Moyen-Orient que lors du choc qui a suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Pétrole
La perte croissante de barils disponibles sur le marché due à la fermeture du détroit d'Ormuz, les atteintes répétées aux capacités de production dans le Golfe et les contraintes sur la circulation dans le détroit augmentent le risque de pénurie physique de pétrole à court terme. Cela s’est traduit par une forte réaction des cours du baril physique (dated Brent ). Au cours des dernières semaines, la meilleure prise en compte de ce risque a fait converger le cours à terme du baril (Brent) vers celui du baril physique (dated Brent ). Par ailleurs, la forte hausse des exportations de pétrole provenant des États-Unis et, dans une moindre mesure, la baisse des importations chinoises ont réduit les tensions sur le marché physique et orienté son cours à la baisse.
Gaz
La réaction du prix du gaz spot en Europe (TTF) est plus modérée que celle du pétrole. Cela est notamment dû à 1/ la dépendance directe limitée des pays européens au gaz provenant du Golfe, 2/ la réduction de la demande européenne au sortir de l’hiver et 3/ la baisse de la demande asiatique. Néanmoins, les cours du TTF restent élevés et ont été orientés à la hausse durant le mois dernier en raison de la persistance du blocage du détroit et de l’entrée dans la période de reconstitution des stocks en Europe.
Électricité
Contrairement à 2022, les prix de gros de l’électricité en Europe sont, pour le moment, orientés à la baisse depuis le déclenchement du conflit. Les prix du gaz restent un déterminant important du prix de l’électricité de gros, mais les progrès dans la décarbonation du mix électrique depuis 2022 et des conditions météorologiques favorables expliquent cette évolution récente.