Nous avons sélectionné deux mesures de l’inflation (avec et hors énergie) et six données d’enquête : la confiance des entreprises au travers des indices PMI du climat des affaires dans le secteur manufacturier et celui des services ; les composantes « prix des intrants » et « prix de vente » de l’indice PMI composite (pour identifier les pressions inflationnistes directes) ; la composante « délais de livraison » du PMI manufacturier (indicateur direct d’éventuelles difficultés d’approvisionnement et du déséquilibre offre-demande et donc, indirectement, des pressions inflationnistes à l’œuvre) ; la confiance des ménages au travers de sa composante « appréciation de la situation financière » (pour capter l’effet de l’inflation sur le pouvoir d’achat). L’évolution de chacun de ces indicateurs est observée par rapport au mois m=0 qui correspond au déclenchement du conflit, peu ou prou pendant l’année qui suit et celle qui précède cet évènement. L’indicateur n’est pas représenté en niveau mais en variation, cumulée, par rapport au mois m=0.
Le bilan des données disponibles pour le mois d’avril penche davantage du côté négatif qu’en mars . L’inflation a gagné 1,1 point de pourcentage en deux mois, une hausse qui reste toutefois tirée uniquement par la composante « énergie ». Hors énergie ainsi que « hors énergie et alimentation », l’inflation enregistre une nouvelle baisse légère en avril. Mais les pressions inflationnistes se renforcent, via la hausse des prix des intrants et - nouveauté d’avril - un début de remontée des prix de vente d’après les enquêtes PMI sur le climat des affaires. L’allongement des délais de livraison n’est pas de bon augure non plus. La bonne nouvelle, venue des enquêtes, est la nouvelle amélioration du climat des affaires dans le secteur manufacturier (portée par le stockage en anticipation des hausses de prix). Mais elle est fragilisée par la nouvelle détérioration forte du climat des affaires dans les services et par celle de la confiance des consommateurs.