EcoWeek

Le cycle boomerang de l’économie

Eco week 20-25 // 26 juin 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
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ÉDITORIAL  
LE CYCLE BOOMERANG DE L’ÉCONOMIE  
La confiance des entreprises a bondi quand les mesures de restriction ont été assouplies. Attention, toutefois, à ne  
pas verser dans un enthousiasme excessif car ces données ne disent rien du niveau d’activité et de la demande.  
Le rebond actuel est mécanique : l’offre redémarre. La véritable question qui se pose est celle de l’évolution de  
la demande dans les trimestres à venir. Les entreprises et les ménages sont confrontés à une visibilité limitée. La  
prudence reste donc de mise.  
On pourrait le qualifier de cycle boomerang. En début d’année, alors depuis le début de la série en 1980, le niveau de l’indicateur du climat  
que le confinement se durcissait, le climat des affaires, tel que mesuré des affaires reste très en deçà de la moyenne de longue période. La  
par les indices composites des directeurs d’achat, s’est sensiblement même observation vaut pour l’Allemagne où l’indice Ifo du climat des  
détérioré. Comme le montre le graphique 1, il existe une relation entre affaires s’est aussi nettement amélioré. La principale question est de  
la sévérité des mesures de confinement — l’indice de sévérité — et savoir comment la situation va évoluer après le rebond mécanique  
l’effondrement des indices PMI. À partir du mois de mai, ce mouvement actuel. Ce rebond est mécanique car il est très largement lié à la fin  
s’est inversé ; les mesures ont été assouplies et la confiance des du confinement, ce qui revient à dire «l’économie rouvre!» et l’offre  
entreprises a rebondi. Ce retournement a été plus prononcé en France, redémarre. Cela a entraîné une réduction rapide de l’écart entre les  
néanmoins au Royaume-Uni comme en Allemagne, l’écart entre les conditions actuelles et celles d’une activité économique normale. Ainsi,  
chiffres du PMI flash pour le mois de juin et son niveau de janvier s’est selon l’Insee, la perte d’activité en France par rapport à une situation  
nettement resserré.  
«normale» s’est limitée à 12 % en juin, après 29 % en avril et 22 % en  
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mai . La véritable question qui se pose néanmoins est celle de l’évolution  
Il convient, toutefois, de ne pas verser dans un enthousiasme excessif  
à la lecture de ces données. Après tout, les séries PMI nous apprennent  
seulement qu’en mai, les chefs d’entreprises interrogés se disaient plus  
de la demande dans les trimestres à venir. Les entreprises, confrontées  
à une visibilité limitée — leur principale préoccupation étant de savoir  
s’il y aura ou non une deuxième vague et, si oui, quelles mesures seront  
adoptées pour y faire face — se montreront réticentes à investir.  
1
confiants à l’égard des perspectives qu’en avril . Ce sentiment était  
encore plus prononcé en juin. L’enquête ne livre pas d’informations sur  
le niveau d’activité. Lorsque l’on entre dans une pièce non chauffée,  
après être resté longtemps dans le froid, l’on se sent mieux mais sans  
avoir vraiment chaud. Lors des phases de récession et de reprise,  
les prévisions en cours de période (nowcast) du taux de croissance  
trimestriel du PIB réel, basées sur les indices PMI, présentent  
généralement des erreurs plus importantes qu’en temps normal.  
Compte tenu du plongeon du niveau d’activité au deuxième trimestre,  
cette problématique devrait se poser lorsque la reprise se met en  
place. Les optimistes y trouveront une raison de plus d’être confiants.  
Comme le montre le graphique 2 pour la zone euro, l’indicateur PMI  
a tendance à surestimer la croissance pendant un repli et à la sous-  
estimer en période de reprise. Ce dernier point pourrait signifier que la  
croissance au deuxième trimestre pourrait dépasser les prévisions et  
créer ainsi la surprise.  
INDICE DE SÉVÉRITÉ DES MESURES DE CONTRÔLE DE L’ÉPIDÉMIE DE  
COVID-19 ET PMI COMPOSITE (PÉRIODE COUVERTE : JANVIER - JUIN 2020)  
1
00  
9
8
7
6
5
4
3
2
0
0
0
0
0
0
0
0
Allemagne  
France  
Espagne  
Italie  
janvier  
juin  
R.U.  
10  
0
Cependant, cela ne nous apprend pas grand-chose sur la vigueur  
sous-jacente ou, plutôt, sur la faiblesse de l’économie. Comme l’a  
souligné l’Insee, cette semaine, malgré une remontée record en juin,  
0
10  
20  
30  
40  
50  
PMI Composite  
GRAPHIQUE 1  
SOURCES : UNIVERSITY OF OXFORD, MARKIT, BNP PARIBAS  
1
«Les personnes interrogées doivent indiquer si, d’après plusieurs variables, la conjonc-  
ture s’est améliorée, détériorée ou est restée inchangée par rapport au mois précédent».  
Source : brochure IHS Markit).  
(
2 Source : INSEE, Point de conjoncture, 17 juin 2020  
Ce rebond est mécanique car il est très largement lié à la fin du  
confinement, ce qui revient à dire «l’économie rouvre!» et l’offre  
redémarre. La véritable question qui se pose est celle de l’évolution  
de la demande dans les trimestres à venir. Les entreprises et les  
ménages sont confrontés à une visibilité limitée.  
La banque  
d’un monde  
qui change  
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Les ménages se heurtent, pour leur part, à une dégradation du marché  
du travail, ce qui devrait peser sur leurs dépenses. La mise à jour, en  
juin, des Perspectives de l’économie mondiale du FMI donne à réfléchir :  
ZONE EURO : ERREURS DES PRÉVISIONS EN COURS DE PÉRIODE (NOWCAST)  
RELATIVES À LA CROISSANCE TRIMESTRIELLE DU PIB RÉEL, D ’A PRÈS LE PMI  
MANUFACTURIER DU DERNIER MOIS DU TRIMESTRE  
1
.0  
0.5  
.0  
0.5  
-1.0  
«
la reprise devrait être plus progressive que ce à quoi on s’attendait…  
La chute brutale de l’activité économique a des effets désastreux sur  
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le marché du travail au niveau mondial» . Le Fonds cite à cet égard  
0
une étude du Bureau international du travail (BIT), selon laquelle la  
baisse du nombre d’heures travaillées au niveau mondial, enregistrée  
au deuxième trimestre 2020 par rapport au dernier trimestre 2019,  
représentera probablement l’équivalent de plus de 300 millions  
d’emplois à plein temps. Si l’on ajoute à cela le fait que dans un certain  
nombre de pays, et dans plusieurs États américains, la pandémie n’a  
toujours pas été endiguée, le risque d’une deuxième vague à l’automne  
prochain et une incertitude économique omniprésente, force est de  
conclure que la prudence est plus que jamais de mise dans l’exercice  
de prévision. Dans un tel contexte, le Fonds note que «l’ampleur de  
la récente embellie sur les marchés financiers semble décorrélée de  
l’évolution des perspectives économiques… il est donc possible que les  
conditions de financement se durcissent davantage que ne l’a prévu  
le scénario de référence». Si tel était le cas, ce serait un autre effet  
boomerang, dont on préférerait se passer.  
-
-
-
1.5  
2.0  
Residual (Actual - Estimate)  
-2.5  
-
-
3.0  
3.5  
9
8
00 02 04 06 08 10 12 14 16 18 20  
GRAPHIQUE 2  
SOURCES : MARKIT, BNP PARIBAS  
William De Vijlder  
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Source : FMI, Mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale (juin). Concernant le  
choc sur le marché du travail, le Fonds cite une étude du Bureau international du travail,  
selon laquelle la baisse du nombre d’heures travaillées au niveau mondial, enregistrée au  
deuxième trimestre 2020 par rapport au dernier trimestre 2019, représentera probablement  
l’équivalent de plus de 300 millions d’emplois à plein temps.  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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