Quelle convergence entre transition bas-carbone et souveraineté énergétique en Europe ?

14/01/2026

Sur la question énergétique, l’Union européenne a deux objectifs : poursuivre la transition bas-carbone, afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et accroître sa souveraineté énergétique, dans un contexte de hausse des tensions géopolitiques.

Transcription

Sur la question énergétique, l’Union européenne a deux objectifs : poursuivre la transition bas-carbone, afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et accroître sa souveraineté énergétique, dans un contexte de hausse des tensions géopolitiques.

A priori ces objectifs sont convergents puisque la transition bas-carbone, en réduisant la dépendance aux importations d’hydrocarbures, améliore la souveraineté énergétique. Dans le détail, la situation est plus complexe.

Le bilan de l’Union européenne en termes de transition est plutôt positif puisque la part des énergies renouvelables dans les mix énergétiques primaire et électrique a doublé depuis 2010.

Mais, l’amélioration de la souveraineté énergétique est moins évidente. En effet, autant au niveau des hydrocarbures que de la chaine de valeur des technologies vertes - et cela va des matériaux critiques aux équipements, tels que les panneaux solaires, les éoliennes, les véhicules électriques, et les batteries -, la dépendance européenne vis-à-vis des importations et la concentration des principaux fournisseurs peuvent être très élevées.

Dans ce contexte, quelles sont les perspectives en termes de convergence entre transition et souveraineté ?

On peut distinguer deux types de contraintes et quelques motifs d’optimisme

Un premier obstacle est lié à la hausse des tensions géopolitiques et des enjeux géo-économiques. En effet, la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine perturbe la chaine de valeur des technologies vertes. Elle accroît aussi l’attractivité du marché européen pour les exportations chinoises et, par ailleurs, elle contraint l’accès à certains matériaux critiques.

Un second obstacle tient au fait que les étapes de la transition s’effectuent suivant des rythmes différents, et cela peut créer des décalages et des goulets d’étranglement. Le retard européen dans l’électrification des usages et la question de l’intégration des énergies renouvelables dans les systèmes électriques existants peuvent à la fois ralentir la transition et contraindre la souveraineté. Par exemple en maintenant le rôle du gaz comme énergie de transition ou en nécessitant des investissements importants dans les capacités de stockage électrique.

Enfin, deux exemples peuvent inciter à l’optimisme :

- Le Critical Raw Material Act européen devrait réduire la vulnérabilité européenne dans le domaine des matériaux critiques en favorisant la diversification des sources d’approvisionnement, grâce à des partenariats internationaux, et en soutenant les investissements européens dans la production et le recyclage.

- Même si la compétitivité européenne restera structurellement insuffisante dans certains segments des technologies vertes, l’Union européenne ne doit pas manquer l’étape de l’investissement dans les réseaux électriques et la production de batteries stationnaires. Ce seront des éléments décisifs de la progression de la transition et de la souveraineté énergétique.

LES ÉCONOMISTES AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE