7 Jours d'économie

Actualité économique de la semaine

Semaine du 01 au 07 avril 2020
Mardi 7
Etats-Unis : État d’urgence
La population et l’économie des États-Unis ne seront pas plus épargnées que d’autres par l’épidémie de coronavirus. Arrivée tard sur le sol américain, longtemps minimisée par le président Trump, celle-ci progresse désormais rapidement, à tel point que l’Organisation mondiale de la santé pourrait déclarer les États-Unis nouvel épicentre de la maladie. Espace fédéral, le pays a réagi en ordre dispersé, les mesures de confinement restant à l’appréciation des États ; et si la Maison Blanche a fermé les frontières (à l’Union européenne, au Canada…) elle répugne par principe à restreindre les flux intérieurs de biens et de personnes. Anticipant une récession, les marchés ont lourdement chuté, la banque centrale déclenchant, quant à elle, un véritable « plan Marshall » monétaire.
Jean-Luc PROUTAT 07/04/2020
Chine : Le pire est-il passé ?
La population et l’économie chinoises ont été les premières frappées par l’épidémie de coronavirus. L’activité s’est brutalement et fortement contractée pendant le mois de février, pour repartir ensuite très progressivement. Alors que la situation du côté de l’offre devrait se normaliser au T2, le choc de demande va se prolonger. Aux effets de la perte de revenus qu’entreprises et ménages viennent de subir vont s’ajouter ceux de l’effondrement de la demande mondiale. Les autorités ont encore des moyens d’intervention conséquents pour aider au redressement de l’économie. Les finances du gouvernement central ne sont pas menacées. En revanche, après le choc sur la croissance, la hausse attendue de l’endettement aggravera à nouveau les vulnérabilités du secteur financier.
Christine PELTIER 07/04/2020
Japon : Récession attendue malgré un nouveau soutien budgétaire
Le Japon doit affronter le choc pandémique de Covid-19 après une fin d’année 2019 déjà difficile sur le plan économique. Le pays est, comme de nombreux autres, exposé aux retombées économiques de cette crise. Toutefois, sa dépendance importante à l’économie chinoise via ses importations, ses exportations et ses flux touristiques fragilise davantage l’économie nippone. D’après les derniers indicateurs conjoncturels, le choc est rude. Le Japon devrait ainsi entrer en récession cette année. En l’absence de marge de manœuvre suffisante sur le plan monétaire, la politique budgétaire sera en soutien. Un nouveau plan de relance de grande ampleur serait à ce titre en préparation par le gouvernement Abe.
Louis BOISSET 07/04/2020
Zone Euro : Un choc nouveau, massif et incertain
La pandémie de Covid-19 précipite la zone euro dans une récession a priori courte mais marquée. Après une année et demi compliquée sur le plan économique, la zone euro semblait faire preuve de résilience et commençait même à montrer des signes de stabilisation. Le choc actuel - à la fois d’offre, de demande et d’incertitudes - vient complètement modifier les prévisions. Les mesures sanitaires prises, nécessaires pour endiguer la propagation du virus, créent les conditions d’une récession. Les décideurs, sur le plan monétaire et budgétaire, ont réagi vite et de manière jusqu’ici relativement appropriée. Toutefois, le profil du rebond de l’activité reste inconnu et sera déterminant afin d’évaluer les dégâts globaux causés par la pandémie.
Louis BOISSET 07/04/2020
Allemagne : Plan de relance historique face à la crise du coronavirus
L’économie allemande est à l’arrêt en raison du confinement quasiment complet de la population. Pour lutter contre les conséquences économiques de cette crise, le gouvernement a lancé un plan de relance massif visant à accroître les dépenses dans le secteur de la santé, à protéger l’emploi et à soutenir les entreprises. Quoi qu’il en soit, la chute de la production et la contraction de la croissance pourraient atteindre des niveaux bien supérieurs à ceux enregistrés lors des récessions antérieures. En cas de confinement d’une durée de trois mois, correspondant au scénario du pire, la croissance du PIB pourrait baisser d’environ 20 points de pourcentage et six millions de personnes pourraient relever du dispositif d’indemnisation du chômage partiel.
Raymond VAN DER PUTTEN 07/04/2020
France : Choc récessif massif
2020 ne sera pas une année de croissance peu élevée mais résistante comme cela était anticipé au trimestre dernier. Il faut désormais s’attendre à un choc récessif massif, provoqué par la pandémie de Covid-19. La perte d’activité économique instantanée directement liée aux mesures d’endiguement est, à ce jour, estimée à 35% par l’INSEE, ce qui équivaut à amputer le PIB annuel de 3 points par mois de confinement. La chute libre du climat des affaires en mars donne aussi un tout premier aperçu de l’ampleur du choc. Un arsenal de mesures a été déployé pour amortir autant que possible ce choc. D’après nos prévisions, le PIB français se contracterait de 3,1% en 2020, plus qu’en 2009 (-2,8%), avant de rebondir de 5,4% en 2021. Ces prévisions sont hautement incertaines et assorties d’un risque baissier.
Hélène BAUDCHON 07/04/2020
Italie : L’Italie en guerre contre le virus
Lorsque l’épidémie de Covid-19 a frappé l’Italie, l’économie se contractait déjà. Devant l’augmentation fulgurante du nombre de personnes infectées, le gouvernement a pris des mesures draconiennes, dont l’arrêt de toutes les activités économiques non essentielles et le placement de l’ensemble de la population en confinement. Les chocs d’offre et de demande induits vont entraîner une récession, qui devrait être profonde et durer au moins jusqu’au mois de juin. Malgré le puissant soutien des politiques budgétaire et monétaire, la croissance économique italienne devrait être amputée de quelques points de pourcentage sur l’ensemble de l’année 2020. 
Paolo CIOCCA, Simona COSTAGLI 07/04/2020
Espagne : Touchée de plein fouet par le Covid-19
Deuxième foyer de l’épidémie de Coronavirus en Europe, l’Espagne va subir une forte chute d’activité cette année. L’impact économique reste néanmoins, pour l’heure, difficile à quantifier. Le PIB devrait enregistrer une baisse de plus de 3% en 2020, avant de se redresser en 2021. La structure de l’économie espagnole – orientée vers les services et dotée d’une large proportion de PME – suggère que le choc économique sera plus marqué que dans d’autres pays industrialisés. Le chômage endémique risque de s’amplifier, laissant des traces durables sur la croissance à moyen terme. Néanmoins, l’amélioration des comptes publics (pré-coronavirus) et une situation politique plus stable offrent quelques marges de manœuvre au gouvernement pour faire face à la crise.
Guillaume DERRIEN 07/04/2020
Pays-Bas : Plan d’urgence pour protéger les emplois et les entreprises
Après la mise en confinement restreint des Pays-Bas, la confiance des chefs d’entreprises s’est effondrée. Afin de limiter les répercussions sur l’économie, le gouvernement a annoncé un plan complet de mesures visant à protéger les emplois et les entreprises. Le pays bénéficie, en effet, d’une position budgétaire favorable, qui lui confère une puissance de feu suffisante. Quoi qu’il en soit, chaque mois de confinement pourrait amputer la croissance du PIB d’environ 2 points. En cas de redressement rapide de l’économie néerlandaise, le repli du PIB pourrait être contenu aux environs de 3,5 % en 2020.
Raymond VAN DER PUTTEN 07/04/2020
Belgique : Action gouvernementale résolue pour soutenir l’économie
Sous l’effet de l’épidémie de Covid-19, nos prévisions de croissance reculent de cinq points de pourcentage, à -3,5 % pour 2020, malgré l’action engagée par les pouvoirs publics pour atténuer son impact. La plupart des secteurs sont lourdement frappés, notamment la construction et l’immobilier. La Première ministre, Sophie Wilmès, s’est vue accorder des pouvoirs spéciaux par une « coalition Corona ». Un répit bienvenu, bien que temporaire, dans une situation de blocage des négociations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement.
Arne Maes 07/04/2020
Portugal : Rattrapé par la crise
En 2019, après un ralentissement somme toute limité, la croissance du PIB portugais s’était finalement établie dans la fourchette haute des attentes, à 2,2%. L’épidémie de coronavirus va faire disparaître ces performances enviables, mettre toute une partie de l’économie à l’arrêt et plonger le pays dans une récession majeure au cours des prochaines semaines. Dans la ligne de ses homologues européens, le gouvernement Costa met progressivement en place une série de mesures qui visent à préserver le tissu économique le temps du choc et préserver les capacités de reprise.
Frédérique CERISIER 07/04/2020
Suède : Résistante mais pas épargnée
Alors que le ralentissement de l’économie était avéré en 2019, le choc constitué par l’épidémie mondiale de coronavirus fera très probablement basculer la Suède en récession en 2020. La baisse de la demande mondiale, notamment celle de l’Union européenne et de la Chine, se traduira par une chute des exportations et un grippage temporaire des circuits de production. L’investissement ainsi que la consommation seront touchés. La Banque centrale a adopté des mesures de soutien inédites, tandis que le gouvernement emploie ses marges de manœuvre financières au service d’une politique budgétaire de soutien à l’emploi et aux entreprises.
Jean-Luc PROUTAT 07/04/2020
Norvège : L’autre choc
L’épidémie de coronavirus et ses conséquences induites sur les prix du pétrole, en chute libre, entraineront une contraction de l’économie norvégienne en 2020. Les exportations, qui représentent 41% du PIB, devraient être les premières touchées. La Banque centrale (Norges Bank), qui a abaissé son taux directeur au voisinage de zéro et augmenté considérablement ses prêts en couronnes et dollars, approvisionne l’économie en liquidités et soutient la monnaie. Les mesures budgétaires du gouvernement visent, quant à elles, à amortir le choc subi par les entreprises et les ménages.
Jean-Luc PROUTAT 07/04/2020
Danemark : Pas épargné
L’épidémie de coronavirus sévit aussi au Danemark, où des mesures de confinement relativement sévères sont désormais en place. L’économie, au demeurant très ouverte - elle exporte plus de 50% de son PIB - se contractera en 2020. Pour atténuer le choc, le gouvernement a mis en place des mesures de soutien budgétaire importantes, consistant notamment à payer tout ou partie des salaires sur une durée de trois mois. La Banque centrale assure la liquidité en couronnes et euros, après avoir noué un accord de swap avec la BCE.
Jean-Luc PROUTAT 07/04/2020
Finlande : L’économie entre en récession
L’épidémie mondiale de coronavirus entrainera une chute de l’activité en Finlande, via le canal des exportations mais pas seulement. La récession pourrait être plus virulente si la consommation des ménages et les circuits de production venaient à se gripper. Au-delà du soutien apporté par la politique monétaire de la Banque centrale européenne, la politique budgétaire tentera d’amortir les effets du choc, et de limiter le recul de l’emploi.
Jean-Luc PROUTAT 07/04/2020
Royaume-Uni : Dans l’épreuve
Aujourd’hui répandue mondialement, l’épidémie de coronavirus s’est déclarée relativement tard au Royaume-Uni, et n’a pas donné lieu à des mesures de protection immédiates. Après avoir opté pour une stratégie d’« immunité collective », le gouvernement de Boris Johnson a finalement décidé, le 24 mars, d’un confinement à l’échelle nationale. Comme en Italie, en France ou plus généralement en Europe continentale, les mouvements et rapprochements de personnes sont désormais limités outre-Manche. La maladie progresse, quant à elle, à un rythme rapide, comparable à celui observé dans les pays les plus touchés. Face aux risques, sanitaires et économiques, qu’elle représente, les autorités monétaires et gouvernementales ont décidé de mesures de soutien exceptionnelles.
Jean-Luc PROUTAT 07/04/2020
Global : Arrêt soudain et généralisé, reprise graduelle et inégale
La pandémie de Covid-19 a provoqué un arrêt brutal de l’activité économique dans un nombre croissant de pays. Ce coup de frein a eu des répercussions internationales avec la baisse du commerce extérieur et la hausse de l’aversion au risque des investisseurs. Celle-ci a déclenché une quête mondiale effrénée de liquidité en dollar ainsi que des sorties de capitaux dans les pays en développement. Les grandes économies ont réagi en prenant des mesures énergiques de politique monétaire et budgétaire. L’évolution à court terme de la demande et de l’activité dépendra entièrement de la durée et de la sévérité du confinement des populations. Une fois qu’il sera levé, la reprise sera probablement progressive et inégale. L’action des pouvoirs publics devra évoluer, les mesures d’aide face à la pandémie cédant la place aux mesures de relance de la croissance, avec des finances publiques encore mises à l’épreuve.
William DE VIJLDER 07/04/2020
Vendredi 3
Mercredi 1
Italie : Banques italiennes : La non-distribution de dividendes représenterait 4,1% de fonds propres bancaires supplémentaires
À l’instar de ce que la BCE demande aux établissements bancaires importants[1], la Banque d’Italie a décidé de recommander aux banques placées sous sa supervision directe (les établissements moins importants) de ne pas distribuer, ou de ne pas s’engager à distribuer, de dividendes au moins jusqu’au 1er octobre 2020[2]. En outre, les rachats d’actions devront être restreints et les établissements italiens les moins importants devront être « prudents » dans le versement des rémunérations variables. Les cinq plus grands groupes bancaires italiens, qui concentrent près de la moitié de l’actif total du système bancaire domestique, sont ainsi susceptibles de mobiliser (en plus des bénéfices qui n’auraient pas été distribués de toute façon), au titre de l’exercice 2019, EUR 4,8 mds de fonds propres supplémentaires éligibles au titre de CET1[3], soit 4,1% de leur encours actuel (EUR 116,9 mds). Ces mises en réserve vont permettre d’absorber une partie de la hausse du coût du risque en 2020 et limiteront la baisse des fonds propres dont le montant a augmenté de 61% depuis 2008.   [1] BCE, ECB asks banks not to pay dividends until at least October 2020, 27 mars 2020 [2] Banca d’Italia, Recommendation of the Bank of Italy on the dividend distribution policies of less significant Italian banks during the Covid-19 pandemic, 27 mars 2020 [3] Montant estimé sur la base des taux de distribution proposés par les banques ou de ceux observés au cours des années les plus récentes.
Thomas HUMBLOT 01/04/2020
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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