7 Jours d'économie

Actualité économique de la semaine

Semaine du 18 au 22 octobre 2021
Vendredi 22
France : France, budget 2022 : réduction mécanique du déficit
Dans son projet de loi de finances pour 2022, le gouvernement français prévoit un déficit de 8,4% du PIB en 2021 et de 4,8% en 2022 (après 9,1% en 2020). Le ratio de dette publique s’élèverait à 115,6% du PIB en 2021 (après 115% en 2020), avant de refluer légèrement à 114% en 2022. La réduction importante du déficit entre 2021 et 2022 est de nature mécanique. L’amélioration du déficit conjoncturel y contribue pour 1,6 point, tandis que la diminution de 2,1 points du déficit structurel est imputable à l’arrêt de l’essentiel des mesures d’urgence. Cette disparition contribue à la forte baisse du poids des dépenses publiques dans le PIB (-4,3 points), qui fait plus qu’expliquer la réduction du déficit budgétaire (-3,6 points) et couvre également la baisse de la pression fiscale (-0,8 point). L’heure de la consolidation budgétaire discrétionnaire n’a pas encore sonné. L’ombre de la crise de la Covid-19 plane toujours sur ce budget 2022 : l’économie et la société française ont encore besoin d’être soutenues, et elles le sont (montée en puissance du plan France Relance, plan France 2030 à venir, hausse des dépenses ordinaires). Bien que dans des proportions nettement moindres qu’en 2020 et 2021, la logique du « quoi qu’il en coûte » continue de prévaloir : aucune mesure de financement n’est mise en face des mesures de soutien. Le Haut Conseil des Finances Publiques estime « prudente » la prévision de croissance du gouvernement pour 2021 (6%) et « plausible » celle pour 2022 (4%). S’agissant des prévisions de déficit budgétaire, le HCFP ne s’est pas prononcé sur leur plausibilité, faute de disposer d’un PLF complet. En effet, certaines dépenses, annoncées mais non finalisées (nouveau plan d’investissement France 2030, revenu d’engagement notamment), ne sont pas intégrées au PLF 2022. Il est prévu qu’elles le soient par voie d’amendement lors du débat parlementaire. Les prévisions de déficit budgétaire du gouvernement sont donc susceptibles de bouger dans les prochaines semaines. Le gouvernement a déjà rehaussé sa prévision de croissance pour 2021 à 6,25%. Un déficit plus dégradé en 2022 n’est toutefois pas une certitude, la sous-estimation actuelle des dépenses pouvant être contrebalancée par celle des recettes.
Hélène BAUDCHON 22/10/2021
Mercredi 20
Pays Émergents : Tensions inflationnistes dans les pays émergents
Les pressions inflationnistes se renforcent dans les pays émergents depuis le début de l’année 2021. L’inflation totale a poursuivi son accélération au cours de l’été (à l’exception de l’Asie), principalement, sous l’effet conjugué de la hausse des prix des produits alimentaires et de l’énergie et du fléchissement des monnaies face à l’USD. Cependant, l’inflation sous-jacente s’est aussi globalement accélérée. Conséquence, les banques centrales d’Amérique latine et d’Europe centrale ont commencé à relever leurs taux directeurs. En Asie, l’inflation est restée faible (notamment en Asie du Nord) ou s’est stabilisée (Inde) de sorte que la politique monétaire est demeurée accommodante. Jusqu’à présent, les banques centrales engagées dans un cycle de resserrement monétaire ont fait preuve de retenue. Même les plus réactives (comme celles du Brésil et de la Russie) sont restées « behind the curve » (autrement dit, si le taux directeur réel est toujours négatif ou s’il n’a pas été relevé dans les mêmes proportions que la hausse de l’inflation). L’augmentation de l’inflation sera-t-elle transitoire ou s’inscrira-t-elle dans la durée ? La question reste ouverte. L’impact d’une forte reprise sur les prix du pétrole devrait s’atténuer avec l’augmentation programmée des quotas de production des pays de l’OPEP et dans l’hypothèse d’une fin rapide des perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales. Cependant, les pressions sur les prix risquent de persister si la hausse des prix des produits alimentaires et de l’énergie continue de se répercuter sur l’inflation totale. Mais également si les goulets d’étranglement du côté de l’offre tardent à se résorber, et/ou si les salaires nominaux rattrapent rapidement les prix, entraînant un désancrage potentiel des anticipations d’inflation. Une inflation élevée dans la durée pourrait faire peser un risque à la baisse sur les perspectives de croissance économique. De plus, les hausses affectant les produits alimentaires ont été plus importantes dans les pays particulièrement frappés par l’insécurité alimentaire, exerçant des pressions plus fortes sur les ménages les plus pauvres et renforçant le risque de troubles sociaux.
François FAURE 20/10/2021
Lundi 18
Global : Risques associés à une inflation transitoire mais élevée
La hausse significative de l’inflation dans la plupart des pays avancés devrait être transitoire. Il convient néanmoins d’examiner les conséquences possibles d’une inflation transitoire élevée sur la durée. Comment les entreprises, jusque-là hésitantes, répercuteront-elles la hausse des coûts sur les prix ? Quel sera l’impact sur les dépenses, mais aussi sur les revendications salariales ? Les anticipations d’inflation évolueront-elles à la hausse ? Quid de la sensibilité accrue du marché aux surprises concernant la croissance et l’inflation ? Sans oublier les craintes d’une modification de la fonction de réaction de la banque centrale. Dans les prochains mois, les investisseurs et les banques centrales scruteront les données, mais la réaction des premiers sera plus rapide si l’inflation devait rester élevée.
William DE VIJLDER 18/10/2021
Italie : Optimisme modéré
Même si plus de 80% de la population italienne adulte a reçu un schéma vaccinal complet, le gouvernement a décidé d’instaurer de nouvelles contraintes pour maîtriser l’épidémie de Covid-19. Au niveau économique, l’impact de cette décision pourrait se faire ressentir principalement sur la main d’œuvre, en accentuant les pénuries, notamment dans le secteur des transports, où près de 25 à 30% des travailleurs n’auraient toujours pas de pass sanitaire, selon les estimations de la Confreta, le syndicat du secteur.
Guillaume DERRIEN 18/10/2021
Espagne : Le resserrement budgétaire attendra
Les sections du baromètre sur la production industrielle et les ventes de détail se sont détériorées significativement. Cela reflète principalement des effets de base liés au rattrapage d’activité marqué au premier semestre 2021. Au cours des prochains mois, la dépense des ménages pourrait être freinée par la hausse des prix de l’énergie, qui ne montre aucun signe d’essoufflement, et possiblement aussi par le rallongement des délais d’approvisionnement de certains produits. 
Guillaume DERRIEN 18/10/2021
Japon : La flambée des prix de l’énergie obscurcit l’horizon
Au cours des derniers mois, l’état d’urgence en vigueur dans une grande partie du pays a freiné l’activité, notamment dans les services. De plus, le secteur manufacturier a été confronté à des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement, en particulier dans l’industrie automobile. Enfin, les importants effets de base liés à la pandémie compliquent l’interprétation des données en glissement annuel.
Raymond VAN DER PUTTEN 18/10/2021
Global : Mobilité : la fréquentation passe sous son niveau pré-Covid dans les pays développés
Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 dans le monde est passé sous la barre symbolique des 3 millions durant la semaine du 7 au 13 octobre, enregistrant ainsi une baisse de -7% par rapport à la semaine précédente. Cette diminution touche l’ensemble des régions à l’exception de l’Europe où le nombre de cas continue d’augmenter pour la troisième semaine consécutive.
Tarik Rharrab 18/10/2021
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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