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EcoEmerging// 1 trimestre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
Russie  
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019 : une année plus incertaine  
L’année 2018 a été marquée par une reprise de la croissance, un retour du surplus budgétaire, une hausse de l’excédent courant et la  
création d’un organisme de défaisance pour assainir le secteur bancaire. Le « nouveau » gouvernement Poutine a par ailleurs affirmé  
sa volonté de soutenir la croissance potentielle en augmentant l’âge de départ à la retraite et en adoptant un vaste programme de  
dépenses publiques pour les six prochaines années. Néanmoins, les risques qui pèsent à court terme sur l’économie sont en  
hausse. L’activité pourrait être pénalisée par le durcissement monétaire et la hausse de la TVA au 1er janvier. Par ailleurs, un  
renforcement des sanctions américaines est à craindre, lequel pourrait générer de nouvelles pressions à la baisse sur le rouble.  
Ralentissement de la croissance au T3 2018  
1-Prévisions  
Au troisième trimestre 2018, la croissance économique russe a  
décéléré à 1,5% en glissement annuel (g.a.) après 1,9% au  
trimestre précédent. Elle a atteint 1,6% sur les trois premiers  
trimestres de l’année 2018. La production de pétrole a rebondi de  
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017 2018e 2019e 2020e  
PIB réel, variation annuelle, %  
Inflation, IPC, var. annuelle, %  
Solde budg.du gouvernement % PIB  
Dette publique, % du PIB  
1,5  
3,7  
1,7  
2,8  
1,5  
5,1  
1,8  
4,1  
-1,5  
15,5  
2,2  
2,5  
0,9  
0,5  
5
%, reflet de la hausse progressive des quotas (+4% au deuxième  
semestre) mais l’activité s’est contractée dans le secteur agricole, la  
croissance dans l’industrie a légèrement décéléré alors qu’elle a  
fortement augmenté dans les services. Les indicateurs avancés  
dans le secteur manufacturier comme dans les services restent  
favorables mais la décélération du pouvoir d’achat des salaires  
14,9  
5,7  
15,8  
2,7  
16,4  
2,3  
Balance courante, % du PIB  
Dette externe, % du PIB  
32,9  
347  
29,5  
372  
12,8  
69,4  
27,0  
413  
12,9  
71,0  
26,5  
446  
13,0  
70,0  
Réserves de change, mds USD  
Réserves de change en mois d'imports  
Taux de change USDRUB (fin d'année)  
10,3  
58,3  
enregistrée depuis le mois d’août et la hausse du taux de TVA, de  
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1
8% à 20%, le 1 janvier devraient peser sur la consommation des  
e: estimations et prévisions BNP Paribas Recherche Economique Groupe  
ménages.  
Depuis le début du deuxième semestre 2018, l’inflation a accéléré  
pour atteindre +3,8% en g.a. en novembre contre 2,3% en moyenne  
sur les six premiers mois de l’année. Pour l’instant, elle reste en  
deçà de la cible de 4% fixée par les autorités monétaires. Cette  
accélération reflète l’augmentation des prix des produits  
alimentaires, non alimentaires et des services. Elle s’explique par  
trois facteurs : des effets de base défavorables (en 2017 la récolte  
agricole avait été particulièrement bonne et ainsi favorisé une  
détente des prix alimentaires), la hausse des prix de l’essence qui  
s’est traduite par une hausse des coûts de transport et la  
dépréciation du rouble. A horizon des deux prochaines années, les  
perspectives de croissance restent modestes et les risques qui  
pèsent sur l’économie sont élevés. En premier lieu, la Russie s’est  
engagée en décembre 2018 à réduire sa production de pétrole de  
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- Ralentissement de la croissance au T3 2018  
PIB, g.a. Consommation des ménages (pp) Dépenses publiques (pp)  
 Investissement (pp)  Exportations nettes (pp)  Erreurs statistiques (pp)  
1
0
5
0
-5  
-10  
-15  
2
30 000 barils par jour (l’équivalent de 2% de la production actuelle)  
2012  
2013  
2014  
2015  
2016  
2017  
2018  
à partir du mois de janvier 2019. Par ailleurs, l’activité domestique  
devrait être pénalisée par la hausse de la TVA et les effets de  
second tour qu’elle pourrait générer. A ce jour, la Banque centrale  
russe estime que la hausse des prix sur l’ensemble de l’année 2019  
devrait être comprise entre 5% et 5,5% pour revenir à 4% en 2020  
en moyenne. Néanmoins, le risque inflationniste pourrait être revu à  
la hausse si le Congrès américain décidait d’imposer des sanctions  
supplémentaires à l’encontre de la Russie, lesquelles pourraient  
alors générer de nouvelles pressions à la baisse sur le rouble. Pour  
contenir les risques de dérapage inflationniste, les autorités  
monétaires ont relevé de 25 points de base leurs taux directeurs en  
décembre dernier, à 7,75%, et annoncé d’ores et déjà de possibles  
nouvelles hausses de taux. Le durcissement de la politique  
Source : CEIC  
monétaire pourrait pénaliser l’investissement, dont la croissance a  
déjà commencé à décélérer au deuxième trimestre.  
A plus long terme, la Banque mondiale estime que la croissance  
potentielle de la Russie continuerait de s’éroder de 1,5% en 2017 à  
1,3% d’ici 2022. L’institut estime néanmoins qu’elle pourrait être  
1
relevée à 3% si d’importantes réformes étaient mises en oeuvre  
afin d’accroître la population active (relèvement de l’âge de départ à  
la retraite, politique en faveur de l’immigration) et favoriser la  
diffusion du progrès technique  
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Russia, Economic Report, November 2018.  
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EcoEmerging// 1 trimestre 2019  
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Une politique budgétaire pour soutenir la croissance  
3- Le rouble reste déconnecté du pétrole depuis 2017  
Les finances publiques russes se sont sensiblement consolidées  
sur les onze premiers mois de l’année 2018 conjointement à la forte  
hausse des revenus et à la bonne maîtrise des dépenses publiques.  
Néanmoins, le gouvernement a provisoirement abandonné son  
objectif d’équilibrer le solde primaire pour les six prochains  
exercices budgétaires et prévoit désormais un déficit primaire de  
Prix du pétrole (USD, éch. gauche)  
▪▪ Cours de change du RUB par USD (échelle inversée, droite)  
40  
120  
00  
1
0
1
0
0
2
1
0
,5% du PIB. Le gouvernement s’est, en effet, engagé à accroître  
les dépenses structurelles afin de soutenir la croissance. Ce  
dérapage » devrait toutefois être contenu.  
30  
40  
50  
8
0
0
«
6
6
7
8
0
0
0
Sur les 11 premiers mois de l’exercice 2018, l’excédent budgétaire  
du gouvernement fédéral a atteint 3,7% du PIB alors qu’en 2017 à  
la même époque, il affichait un déficit de 0,7%. Dans le même  
temps, le déficit hors revenus pétroliers et gaziers a été ramené à  
40  
20  
0
90  
2012  
2013  
2014  
2015  
2016  
2017  
2018  
4
,9% du PIB, soit un point de pourcentage de moins qu’en 2017,  
Sources : Irving, NBER  
reflet de la baisse du ratio des dépenses rapportées au PIB. Le  
solde primaire du gouvernement et des administrations a enregistré  
un excédent de plus de 3% sur les 10 premiers mois de l’année.  
atteignant 11,9% en octobre contre 10,5% fin 2017). Les secteurs  
d’activité les plus fragiles sont ceux de la construction et de  
l’immobilier la part des crédits risqués a continué d’augmenter au  
cours des douze derniers mois. Les entreprises endettées en  
devises pourraient voir leur situation se dégrader encore davantage  
suite à la dépréciation du rouble.  
En 2018, la consolidation des finances publiques devrait permettre  
de réduire le ratio de la dette publique rapportée au PIB avant qu’il  
n’augmente progressivement au cours des six prochaines années  
suite à la hausse des dépenses publiques à partir de 2019.En mai  
2018, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures visant  
notamment à inverser la dynamique démographique, élever le PIB  
potentiel, réduire la pauvreté, et allonger la durée de vie, à l’horizon  
La forte accélération du crédit aux ménages au cours des douze  
derniers mois pourrait devenir une source de préoccupation. Elle a  
atteint +22,5% en octobre en g.a. (vs 10,7% il y a un). Jusqu’à  
présent, la baisse des taux d’intérêt sur les crédits aux ménages à  
plus d’un an (-165 pb en un an) avait permis de contenir  
partiellement la hausse de leur charge d’endettement. Néanmoins,  
la croissance du crédit étant supérieure à celle des revenus des  
ménages, le ratio de dette rapportée à leur revenu a augmenté,  
même s’il reste encore très modéré autour de 25%. A ce jour, les  
arriérés de paiement sur les crédits à la consommation ou sur les  
crédits hypothécaires n’ont pas augmenté. Cependant, pour  
contenir les risques, la banque centrale a pris en mai et en  
septembre 2018 des mesures visant à renforcer la pondération des  
crédits à la consommation et des crédits hypothécaires (pour ceux  
avec des acomptes minimes) dans le calcul des actifs pondérés à  
risque afin dinciter les banques à réduire leur exposition aux  
ménages. Fin octobre 2018, les ratios de solvabilité des banques  
étaient satisfaisants. Le CAR et le Tier-1 CAR atteignaient  
respectivement 12,4% et 9,5% en octobre 2018.  
2024. Pour ce faire, le ministère des finances s’est engagé à  
augmenter les dépenses dans de nombreux domaines (’éducation,  
santé, infrastructures, soutien aux PME, etc.). Le coût de ces  
dépenses est estimé à 1,1% du PIB par an au cours des six  
prochaines années. Le gouvernement prévoit de les financer en  
partie par la hausse de la TVA (laquelle devrait générer une hausse  
des recettes de 0,5 à 0,6 point de PIB tous les ans) et par une  
rationalisation de la fiscalité sur le secteur pétrolier d’ici 2024. Le  
solde serait financé par des émissions de dette sur le marché  
domestique. La hausse de la dette publique resterait néanmoins  
limitée à cinq points de pourcentage de PIB.  
Le secteur bancaire toujours fragile  
Le secteur bancaire reste fragile car exposé au risque de crédit,  
d’une part, et au risque de taux d’intérêt, d’autre part. Néanmoins le  
soutien du gouvernement, l’amélioration des fondamentaux  
macroéconomiques et les mesures prises par les autorités  
monétaires sont favorables à sa consolidation.  
La hausse du risque de taux d’intérêt est l’autre source d’inquiétude.  
Selon la banque centrale, l’exposition des banques au risque de  
taux d’intérêt s’est accentuée en raison des déséquilibres croissants  
d’échéances entre leurs avoirs (longs) et leurs engagements  
(courts). En octobre 2018, leurs avoirs à moins d’un an ne  
couvraient que 61% de leurs engagements à moins d’un an (contre  
63% en janvier 2018).  
Au cours des douze derniers mois, la qualité des actifs bancaires ne  
s’est pas améliorée, en dépit d’une meilleure situation financière  
des entreprises depuis la reprise de l’activité économique (les  
entreprises reçoivent 70% des prêts bancaires). La part des  
créances douteuses dans l’ensemble du secteur bancaire est restée  
quasiment stable à 10,7% au T3 2018 selon le FMI contre 10,2% fin  
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017). En revanche, la part des prêts en défaut ou sur le point de  
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l’être , a continué d’augmenter, selon la banque centrale russe,  
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Catégorie IV et V. Ces statistiques intègrent les mauvaises créances détenues par  
les banques publiques recapitalisées en 2017 Promsvyazbank, Otkritie, B&N.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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