EcoWeek

Des enquêtes d’opinion trop optimistes ?

Eco week 21-22 // 7 juin 2021  
economic-research.bnpparibas.com  
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BAROMÈTRE  
ESPAGNE : DES ENQUÊTES D’OPINION TROP OPTIMISTES ?  
Les dernières données économiques venant d’Espagne indiquent, pour l’heure, un écart de dynamique important entre les signaux – très positifs  
envoyés par les enquêtes d’opinion, et les données plus « tangibles », notamment celles relatives à la consommation, dont l’effet de rattrapage  
ne s’est toujours pas matérialisé. Cela peut s’expliquer en partie par le plongeon de l’activité touristique jusqu’en avril.  
Côté sondages, le rapport PMI publié par Markit la semaine dernière montre une nouvelle hausse marquée de l’indice composite (+4 points à  
5
9,2), porté par les services (+4,8 points à 59,4), tandis que l’indice manufacturier a atteint un nouveau record historique (59,4). Cela fait suite  
aux enquêtes de la Commission européenne, elles aussi en très nette amélioration puisque l’indicateur de sentiment économique a atteint, en  
mai, son meilleur niveau depuis août 2019.  
Notre baromètre montre une hausse marquée des ventes de détail en trompe-l’œil qui reflète principalement des effets de base liés au plongeon  
de la consommation au printemps 2020. Les ventes de détail ont, en effet, une nouvelle fois baissé en avril (-0,8% m/m) et restent bien en deçà  
du niveau observé avant la pandémie. Même constat pour le volume des ventes automobiles. Il est néanmoins évident que la consommation  
progressera significativement cet été si l’épidémie continue de régresser et que les conditions d’activité et de voyage se normalisent. Sur le front  
de la Covid-19, le nombre de contaminations journalières continue de baisser – désormais sous la barre des 130 cas pour un million d’habitants  
tandis qu’un peu moins de 40% de la population avait, au 31 mai, reçu une première injection du vaccin.  
L’agence pour le travail espagnol (SEPE) a, par ailleurs, dévoilé ses dernières estimations du nombre de demandeurs d’emploi. Elles témoignent  
d’un très léger reflux du chômage le mois dernier (-29 429 ou -0,8% après ajustements saisonniers), principalement dans les services. En termes  
non ajustés, la baisse a été néanmoins la plus importante jamais enregistrée par le SEPE. Le nombre de travailleurs affiliés à la sécurité sociale a  
de nouveau progressé, après trois mois consécutifs de déclin, et le taux de chômage s’est établi à 15,4% en avril. Enfin, le nombre de travailleurs  
en chômage partiel reste important bien qu’au plus bas depuis le début de la pandémie. Plus de 542 000 travailleurs étaient couverts par le  
dispositif ERTE en mai. Pour rappel, près de 3 600 000 personnes étaient au chômage partiel au plus fort de la première vague en avril 2020.  
Guillaume Derrien  
ESPAGNE : ÉVOLUTION TRIMESTRIELLE DES INDICATEURS  
Production industrielle  
Moyenne mobile sur 3 mois (actuel)  
3
.0  
-
-- Moyenne mobile sur 3 mois (il y a 4 mois)  
PMI emploi  
2.5  
Taux de chômage  
2
1
1
0
0
.0  
.5  
.0  
.5  
.0  
PMI nouvelles commandes à l’export  
IPCH  
-
-
0.5  
1.0  
PMI services  
-1.5  
Climat des affaires - Construction  
PMI manufacturier  
Climat des affaires -Industrie  
Exportations  
Confiance des ménages  
Ventes de détail  
SOURCES : REFINITIV, BNP PARIBAS  
Les indicateurs du radar sont transformés en « z-scores » (écarts par rapport à la valeur moyenne de long terme exprimée en écart-type). Ces z-scores ont une moyenne de zéro  
et leur valeur fluctue ici entre -1,5 et +3. Sur le radar, la zone en bleu indique les conditions économiques actuelles. Elle est comparée aux conditions 4 mois auparavant (pointillés)  
:
un élargissement de la zone bleue indique une amélioration de l’indicateur d’activité.  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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