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Alors que l’économie repart, le Brexit inquiète de nouveau

Eco week 20-33// 11 septembre 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
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BAROMÈTRE  
ROYAUME-UNI : ALORS QUE L’ÉCONOMIE REPART, LE BREXIT INQUIÈTE DE NOUVEAU  
D’après les données du Bureau de la statistique nationale (Office for partiel (Coronavirus Job Retention Scheme, CJRS), prévue pour octobre,  
National Statistics, ONS), le Royaume-Uni a enregistré une chute de son fait craindre une envolée du chômage à la fin de l’année, ce qui  
PIB de plus de 20% au deuxième trimestre, soit la plus grosse baisse en s’accompagnerait certainement d’une rechute de la consommation. De  
Europe. Sur l’ensemble du premier semestre, seule l’Espagne a fait pire. fait, selon une étude du Chartered Institute of Personnel and Development  
et du groupe Adecco, publiée le mois dernier, une entreprise sur trois au  
Royaume-Uni prévoit de licencier au troisième trimestre.  
Les mesures de restriction ayant été levées pendant l’été, l’activité  
économique est maintenant logiquement en phase ascendante.  
D’après les données mensuelles de l’ONS, le PIB a rebondi en mai puis Pendant ce temps-là, les inquiétudes à propos du Brexit sont revenues  
il a continué d’augmenter en juin et juillet. Les indicateurs d’activité sur le devant de la scène. Le Premier ministre Boris Johnson a annoncé  
économique montrent eux aussi des signes d’amélioration. Les indices que le Royaume-Uni « passerait à autre chose » si un accord n’était pas  
des directeurs d’achat (PMI) du secteur manufacturier et de celui des trouvé avant le 15 octobre. De plus, le gouvernement a présenté cette  
services ont atteint respectivement 55,2 et 58,8 en août – soit des semaine un projet de loi qui permettrait au Royaume-Uni de rompre avec  
niveaux confortablement supérieurs à 50, qui marque la limite entre certains aspects de l’Accord de retrait conclu avec l’Union européenne.  
détérioration et amélioration des conditions.  
Si le but pourrait être d’obtenir des concessions de la part de l’UE, les  
possibilités d’une sortie sans accord sont bien réelles. En conséquence,  
la livre sterling s’est dépréciée de près de 4% face à la fois au dollar et  
à l’euro depuis le début du mois – même si son taux de change effectif  
reste supérieur à sa moyenne depuis le début de la crise.  
Cependant,lesindicesdeconfiancedesentreprisesetdesconsommateurs  
britanniques peinent à retrouver leurs niveaux d’avant la crise. Il y a  
plusieurs raisons à cela.  
D’une part, les inquiétudes vis-à-vis de l’évolution de la pandémie  
demeurent. La résurgence des cas de Covid-19 ces derniers jours a  
augmenté la peur d’une deuxième vague qui viendrait anéantir la  
faible reprise actuelle. D’autre part, la fin du programme de chômage  
Hubert de Barochez  
ÉVOLUTION TRIMESTRIELLE  
Moyenne mobile sur 3 mois (actuel)  
-- Moyenne mobile sur 3 mois (il y a 4 mois)  
Taux de change effectif  
-
2
.0  
PMI manufacturier - emploi  
1.0  
Production industrielle  
0
.0  
-
-
1.0  
2.0  
PMI manufacturier  
Taux de chômage  
nouvelles commandes à l’export  
-3.0  
-
-
-
-
4.0  
5.0  
6.0  
7.0  
PMI services  
-8.0  
IPC  
PMI manufacturier  
Climat des affaires - industries  
Exportations  
Confiance des ménages  
Ventes de détail  
SOURCE: THOMSON REUTERS, BNP PARIBAS  
Les indicateurs du radar sont transformés en « z-scores » (écarts par rapport à la valeur moyenne de long terme exprimée en écart-type). Ces z-scores ont  
une moyenne de zéro et leur valeur fluctue ici entre -8 et +2. Sur le radar, la zone en bleu indique les conditions économiques actuelles. Elle est comparée  
aux conditions 4 mois auparavant (pointillés) : un élargissement de la zone bleue indique une amélioration de l’indicateur d’activité.  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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