Comme un boomerang…

16/01/2022

Défilés militaires, concerts de rue et concours de pudding : alors qu’outre-Manche, la reine Elisabeth II s’apprête à célébrer avec faste son jubilé de platine (70 ans de règne), son premier ministre, Boris Johnson, est confronté à une actualité moins glorieuse. Fragilisé par l’affaire dite du « partygate » (la tenue en plein confinement de « réunions récréatives » au 10 Downing Street), ce dernier voit sa cote de popularité chuter en même temps que celle du Brexit, dont les supposés bienfaits se font attendre. Un an après la sortie effective du Royaume-Uni du marché unique, le solde d’opinions concernant le cavalier seul britannique n’a jamais été aussi défavorable (50% de la population estime qu’il s’agit d’une mauvaise décision, contre 38% seulement, une bonne, et 12% qui n’a pas d’opinion[1]).

Si le choc constitué par la pandémie de Covid-19 complique son chiffrage, le coût du Brexit n’en reste pas moins évident à travers quelques tendances, à commencer par celle du commerce extérieur. Comparés à leur niveau pré-pandémique, les volumes d’échanges ont chuté, bien davantage que dans n’importe quel autre pays avancé. Alors qu’elles ont globalement rattrapé leur niveau du quatrième trimestre de 2019 en zone euro, les exportations de biens et services à prix constant sont encore en baisse de 21% au Royaume-Uni[2]. Sans surprise, c’est vis-à-vis de l’Union européenne, où les formalités aux frontières (déclarations de TVA, contrôles sanitaires…) ont été rétablies, que le décrochage est le plus sensible.

Les investissements directs ne sont plus, non plus, ce qu’ils étaient. En anticipation du Brexit, les banques étrangères, en particulier américaines, ont eu tendance à réallouer leurs portefeuilles vers la zone euro[3]. Sans aller jusqu’à s’inverser, les flux nets, traditionnellement entrants vers le Royaume-Uni, ont été divisés par huit depuis la victoire du « Leave » en 2016[4]. Le Global Britain, tant vanté par le premier ministre Johnson, est loin de correspondre à la réalité des chiffres.


[1] Source : NatCen Social Research, 7 janvier 2022.

[2] Selon les données de comptabilité nationale disponibles jusqu’au troisième trimestre de 2021.

[3] Choulet C. (2021), Etats-Unis, réallocation des portefeuilles bancaires vers la zone euro depuis le Brexit, BNP Paribas « Graphique de la semaine », novembre.

[4] En données cumulées sur cinq ans de 2017 à 2021 (troisième trimestre), les flux nets entrants d’investissements directs étrangers s’établissent à GBP 51 milliards, contre GBP 425 milliards sur le période des cinq ans précédents (2012-2016). Source : Office for National Statistics.

Evolution trimestrielle des indicateurs

Découvrir les autres articles de la publication

États-Unis
Au revoir à l’assouplissement quantitatif, bienvenue au resserrement quantitatif

Au revoir à l’assouplissement quantitatif, bienvenue au resserrement quantitatif

Les minutes du Comité de l’Open market (FOMC) du mois de décembre ont révélé un revirement brusque de la politique monétaire américaine en direction d’un durcissement [...]

LIRE L'ARTICLE
Italie
En attendant l’échéance présidentielle 

En attendant l’échéance présidentielle 

Moins de deux semaines avant le scrutin présidentiel (le premier tour aura lieu le 24 janvier prochain), une possible candidature de l’actuel Premier ministre, Mario Draghi, reste d’actualité [...]

LIRE L'ARTICLE
Espagne
La confiance s’effrite, l’emploi résiste

La confiance s’effrite, l’emploi résiste

La révision assez significative du PIB pour le T3 2021 a souligné une nouvelle fois les difficultés auxquelles l’Institut national espagnol de la statistique (INE) est actuellement confronté dans sa collecte de données [...]

LIRE L'ARTICLE
Global
Le nombre de contaminations au Covid-19 poursuit sa forte progression

Le nombre de contaminations au Covid-19 poursuit sa forte progression

Le nombre hebdomadaire de contaminations au Covid-19 se maintient à un niveau très élevé dans la plupart des régions du monde en raison du variant Omicron [...]

LIRE L'ARTICLE
LES ÉCONOMISTES EXPERTS AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE
William DE VIJLDER
Equipe : Etudes économiques
Guillaume DERRIEN
Equipe : Economies OCDE
Jean-Luc PROUTAT
Equipe : Projections économiques
Tarik Rharrab
Equipe : Statistiques