L’histoire a tendance à se répéter pour les économies avancées. Une nouvelle fois, la croissance a finalement très peu déçu au premier semestre 2026, et ce malgré le conflit en Iran. En 2025, déjà, l’impact des tarifs douaniers s’était révélé plus limité que redouté. C’est le signe que des éléments structurels (IA, défense et électrification, notamment) soutiennent la croissance de ces pays et devraient continuer de le faire en 2027. Des risques importants pèsent toutefois sur les perspectives économiques, principalement de nature géopolitique, avec un risque à la hausse important sur l’inflation et les taux
La croissance américaine se maintient malgré les chocs successifs. Elle devrait atteindre, selon nos prévisions, 2,2% en 2026 et 2,3% en 2027. Son principal moteur reste l’investissement lié à l’intelligence artificielle (IA) qui n’est nullement affecté par le choc énergétique. Le marché du travail se caractérise par une nette amélioration des créations d’emplois et la baisse du taux de chômage. L’inflation sous-jacente demeure rigide et au-dessus de la cible de la Réserve fédérale (Fed). Dans ces conditions, la Fed a initié un cycle de hausses de taux en septembre, qui porterait la cible des Fed Funds à 4,50% (limite supérieure) au T1 2027, d’après notre scénario. Dans le même temps, les taux longs subissent une pression haussière.
La croissance a surpris à la hausse au T2 et continuerait de se raffermir dans les prochains trimestres pour atteindre, selon nos prévisions, 1,5% en 2027 après 1,1% en 2026. Elle serait portée par l’investissement et son effet d’entrainement sur les exportations. En moyenne annuelle, l’inflation s’élèverait à 3% en 2026 et 2,8% en 2027, avec un pic à fin 2026. La BCE devrait poursuivre son resserrement monétaire. À ce stade, une seule hausse de taux supplémentaire, destinée à préserver l’ancrage des anticipations d’inflation, est attendue en décembre. L’impact de la remontée des taux d’intérêt (taux directeurs et taux de marché) sur les finances publiques et les conditions de financement au secteur privé sera à surveiller.
La croissance, amorcée au quatrième trimestre 2025, s'est renforcée au premier semestre 2026. Cette dynamique devrait se maintenir, avec une progression attendue de 1,1 % en 2026 et de 1,3 % en 2027. À court terme, le principal moteur restera les exportations, notamment vers l’Europe, qui contribueront à la recomposition de l’industrie. Les retombées des plans d’investissement devraient se renforcer en 2027, tandis que la demande intérieure resterait contrainte par l’inflation (2,7% en 2026 et 2,6% en 2027), qui pèserait sur le pouvoir d’achat. L’impulsion budgétaire et les réformes structurelles devraient continuer de soutenir la croissance. Toutefois, la hausse du déficit et de l’endettement implique que la remontée des taux longs observée jusqu’ici soit, en bonne partie, structurelle.
La croissance française enregistre, en 2026, une sous-performance pour partie liée à la multiplication d’éléments exceptionnels. En 2027, elle rebondirait à 1% (contre 0,5% en 2026), soutenue par l’augmentation de la demande externe (notamment européenne). Les entreprises et les ménages semblent jusqu’ici amortir relativement bien la remontée de l’inflation, même si elle se poursuivrait pendant quelques mois (nous prévoyons 2,3% d’inflation en 2027, après 2,4% en 2026). La principale problématique concerne la consolidation budgétaire, compliquée par la faible croissance observée en 2026, et qui resterait progressive. Ainsi, la dette publique devrait continuer d’augmenter avec un risque modéré à la hausse en raison de la remontée des taux obligataires souverains.
La croissance italienne a atteint 0,2% t/t au T2 2026, soutenue par la consommation des ménages et les investissements financés par les fonds européens. Toutefois, l’industrie manufacturière ne se redresse pas autant que dans d’autres pays du fait de sa moindre exposition au secteur technologique qu’ailleurs en Europe. Nous prévoyons une croissance stable en 2026 (0,9%) et en 2027 (0,8%) malgré l’amélioration de la dynamique dans la zone euro. L’accélération de l’inflation est principalement liée aux prix de l’énergie qui freinent la reprise du pouvoir d’achat. Néanmoins une désinflation est attendue en 2027 (avec une inflation de +2,1% a/a après +2,9% en 2026)
La croissance espagnole demeurerait stable à un bon niveau selon nos prévisions (2,6% en 2026 et 2,2% en 2027), nettement supérieure à celle de la zone euro. La dynamique est portée par la consommation, l’investissement et un marché du travail toujours dynamique. Le rebond industriel est plus prononcé que dans la moyenne européenne en raison d’un avantage en matière de salaires et d’énergie (mix et coûts). Néanmoins, en l’absence de gains de productivité, le marché du travail se rapproche de ses limites structurelles, ce que traduit notamment une inflation supérieure à la moyenne européenne. En parallèle, la trajectoire budgétaire demeure favorable avec un déficit et un ratio de dette en baisse, ainsi qu’un spread contenu.
La croissance britannique se maintient confortablement au-delà de 1% malgré les chocs successifs, et ce momentum favorable se perpétuerait en 2027 (croissance prévue à 1,3% après 1,2% en 2026). Le développement de l’intelligence artificielle soutient l’activité, de même que l’industrie, avec un impact qui a tendance à se renforcer. L’accélération attendue de l'inflation en fin d’année devrait entraîner une hausse de taux de la Banque d'Angleterre, qui accroîtrait le caractère restrictif de la politique monétaire et pèserait sur la demande intérieure, tandis que la contribution du commerce extérieur resterait neutre. Ce ralentissement devrait ensuite laisser place, dès 2027, à une reprise progressive de l'activité à mesure que les conditions monétaires se normaliseraient
La sortie de la période de stagnation et de déflation ne fait plus de doute. La croissance, aidée par le cycle mondial de l’IA, devrait à nouveau excéder son rythme potentiel (0,6%) en 2026 (+1%) et en 2027 (+1,2%). La fin de la déflation se confirme : bien qu’amoindrie par les aides gouvernementales, l’inflation devrait atteindre 2% en 2026, puis 2,5% en 2027. La contradiction perdure entre une politique budgétaire expansionniste et l’accélération de l’ajustement monétaire avec un taux final de 2,5% (au-dessus du niveau neutre) en 2028. Ces conditions sont propices à une poursuite de la remontée des taux.
PIB, inflation, chômage, balance courante, déficit public et dette publique : les principaux indicateurs au 2e semestre 2026
Comment chaque pays étudié contribue-t-il à la croissance économique ?
Les principales prévisions économiques et financières à septembre 2026
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