Allemagne : le retour à la croissance se confirme L’Allemagne met en œuvre ses plans d’investissement ( voir notre analyse ) et la croissance de son PIB s’en ressent. Notre nowcast Allemagne (que nous publions pour la première fois) suggère qu’elle aurait atteint 0,2% t/t au 2e trimestre , soit un 3e trimestre consécutif de croissance (+0,2% au T4, +0,3% au T1), une performance inédite depuis 2022. La dépense publique en est le premier soutien avec les dépenses sociales en tête (notamment celles liées au vieillissement de la population). Les dépenses de défense montent également en puissance : les dépenses de l’État représentaient au T1 2026 le quart de la croissance de la consommation publique (vs un dixième un an plus tôt). Cette hausse des dépenses publiques soutient les travaux publics, dont la production atteint son plus haut historique sur les deux premiers mois du T2 (+6% t/t). L’industrie allemande en bénéficie aussi, ainsi que du rebond de la demande européenne : les commandes domestiques à l’industrie augmentent de 2,6% a/a depuis début 2026, mais leur hausse est encore plus nette à destination de la zone euro (+6,2% a/a).
Allemagne États-Unis : croissance limitée par les tensions inflationnistes Les indicateurs d’activité sont au beau fixe, tant l’ISM non manufacturier, qui se maintient à un haut niveau (54 en juin, après un pic à 56,1 en février), que l’ISM manufacturier qui a nettement augmenté depuis le début de l’année (52,9 en moyenne, contre 47,5 au second semestre 2025). Toutefois, la croissance du PIB devrait peu bénéficier de cette accélération de l’activité car la hausse des importations (notamment d’intrants pour l’IA) a elle aussi accéléré. Cela limite le nowcast de la Fed d’Atlanta à 1,7% t/t pour le 2e trimestre (en rythme annualisé) tandis que notre prévision est un peu plus haute, à 2,2% en annualisé (0,55% t/t non annualisé) . Ce chiffre, relativement modéré au regard du niveau élevé de l’ISM, s’explique aussi par les tensions inflationnistes rencontrées par l’économie américaine. Celles-ci sont liées aux contraintes d’offre sur l’IA et à la vigueur du marché du travail, aggravées depuis mars par le rebond du prix du pétrole. En conséquence, s’il est plausible que la consommation continue à être portée au T2 par l’effet richesse des ménages les plus fortunés, le moral et les dépenses des autres américains souffriraient de la persistance de l’inflation.
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