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Choc énergétique : tableau de bord 2026 vs 2022 - Numéro spécial zone euro (données de juin 2026)

10/07/2026
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Zone euro : repli limité du climat des affaires dans le secteur manufacturier en juin 2026 et redressement dans les services

Les mêmes causes produiront-elles les mêmes effets ? Autrement dit, est-ce que le déclenchement de la guerre en Iran et la flambée associée des prix du pétrole et du gaz entraîneront un choc inflationniste comparable à celui de 2022 ? Leurs effets négatifs sur la croissance seront-ils du même ordre que ceux de la guerre en Ukraine et du choc énergétique qui s’est ensuivi ?

Nous avons sélectionné un ensemble d’indicateurs pour suivre les répercussions de ce nouveau choc énergétique, dû à la guerre au Moyen-Orient, sur l’activité et les prix dans la zone euro, aux États-Unis, sur les marchés du pétrole et du gaz et dans les pays émergents. Nous pouvons ainsi voir aussi dans quelle mesure la situation actuelle diffère de celle de 2022 au déclenchement du conflit en Ukraine.

Ce tableau de bord graphique et commenté sera mis à jour sur une base mensuelle le temps nécessaire.

L’anticipation que la poussée de l’inflation, sous l’effet de ce nouveau choc énergétique, serait plus modérée qu’en 2022 (la demande étant moins dynamique et l’offre moins contrainte) se confirme. À la suite du protocole d’accord signé mi-juin entre les États-Unis et l’Iran, le risque inflationniste s’est atténué mais il n’a pas disparu. Ce protocole a écarté le risque d’une escalade sévère du conflit mais le regain de tensions et des frappes militaires à la mi-juillet rappelle que la situation est loin d’être résolue.

Si l’on compare l’impact sur l’activité économique du choc énergétique actuel de celui de 2022 (consécutif au conflit en Ukraine), le point favorable en 2026, pour la zone euro, est le climat des affaires dans le secteur manufacturier qui résiste mieux qu'en 2022. La confiance des consommateurs a nettement baissé mais dans une ampleur moindre en 2026 qu'en 2022. Quant à la détérioration du climat des affaires dans le secteur des services, elle a été immédiate en 2026 alors qu’elle s’est produite avec quelques mois de décalage en 2022.

Zone euro : la baisse des prix du pétrole entraîne l'inflation dans son sillage, tempère les pressions inflationnistes et soutient les enquêtes de confiance

Nous avons sélectionné deux mesures de l’inflation (avec et hors énergie) et six données d’enquête : la confiance des entreprises au travers des indices PMI du climat des affaires dans le secteur manufacturier et celui des services ; les composantes « prix des intrants » et « prix de vente » de l’indice PMI composite (pour identifier les pressions inflationnistes directes) ; la composante « délais de livraison » du PMI manufacturier (indicateur direct d’éventuelles difficultés d’approvisionnement et du déséquilibre offre-demande et donc, indirectement, des pressions inflationnistes à l’œuvre) ; la confiance des ménages au travers de sa composante « appréciation de la situation financière » (pour capter l’effet de l’inflation sur le pouvoir d’achat). L’évolution de chacun de ces indicateurs est observée par rapport au mois m=0 qui correspond au déclenchement du conflit. L’indicateur n’est pas représenté en niveau mais en variation, cumulée, par rapport au mois m=0.

Le bilan des données disponibles de la zone euro pour le mois de juin est positif et conforte les signaux encourageants du mois de mai. De manière symétrique à sa remontée, qui avait été majoritairement tirée par la composante « énergie », l’inflation a nettement reflué sous l’effet de la baisse marquée des prix du pétrole en juin. D’après les enquêtes PMI sur le climat des affaires, les pressions inflationnistes se sont également détendues. Les délais de livraison bénéficient aussi de l’effet de soutien du protocole d’accord (signé mi-juin entre les États-Unis et l’Iran) et s’améliorent légèrement. Le climat des affaires dans le secteur manufacturier se replie de nouveau mais de façon marginale. Le climat des affaires dans les services et la confiance des consommateurs poursuivent leur redressement. L’amélioration attendue à la faveur de la diminution du risque d’une escalade sévère du conflit en Iran est au rendez-vous. Il reste à voir désormais si elle résistera à la persistance des incertitudes et au regain des tensions de la mi-juillet.

LES ÉCONOMISTES AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE