Le choc énergétique provoqué par la guerre en Iran relance l’inflation, mais de façon nettement plus contenue qu’en 2022. Les données de mai confirment cette tendance. Mais il faut continuer de suivre la situation de près. Le protocole d’accord États Unis Iran constitue un soulagement mais de nombreuses incertitudes subsistent. Le retour à la normale prendra du temps et la détente actuelle des cours du pétrole doit s’inscrire dans la durée. L’inflation, alimentée par les effets retardés des tensions sur le pétrole, les matières premières et les chaînes de valeur, devrait rester élevée pendant encore plusieurs mois. Cela imposera aux banques centrales une posture plus restrictive.
Le bilan des données disponibles pour le mois de mai penche du côté positif. L’inflation continue de monter mais la contribution de la composante « énergie » domine toujours. La confiance s’offre un répit : le climat des affaires dans les services a interrompu sa détérioration et la confiance des consommateurs s’est légèrement redressée.
Le climat des affaires résiste mais fait apparaître une hausse du prix des intrants plus importante et un allongement des délais de livraison. En outre, les ménages voient leurs perspectives se dégrader. Les conditions macroéconomiques sont toutefois nettement moins inflationnistes qu’en 2022. Mais les petites entreprises projettent davantage d’augmenter leurs prix de vente.
L’impact négatif du choc sur l’activité manufacturière depuis le début de l’intervention militaire en Iran reste moins marqué qu’en 2022, mais la situation demeure fragile. Selon l’IIF, les flux d’investissements de portefeuille ont connu un nouveau revirement brutal en mai après le rebond observé en avril. Les fluctuations depuis mars traduisent la nervosité des investisseurs au vu du risque géopolitique très élevé.
Jusqu’à l’accord prolongeant le cessez-le-feu (2e quinzaine de juin), les cours du pétrole et du gaz européen avaient réagi davantage au choc énergétique lié à la guerre au Moyen-Orient que lors du choc qui a suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Ce n’est plus le cas depuis que les perspectives d’une reprise du trafic dans le détroit deviennent plus tangibles.
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