Jusqu’à l’accord prolongeant le cessez-le-feu (2e quinzaine de juin), les cours du pétrole et du gaz européen avaient réagi davantage au choc énergétique lié à la guerre au Moyen-Orient que lors du choc qui a suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Ce n’est plus le cas depuis que les perspectives d’une reprise du trafic dans le détroit deviennent plus tangibles.
Pétrole Les cours du baril de Brent avaient atteint des niveaux très élevés durant les trois premiers mois du conflit en Iran. La crainte de pénuries à court terme (en raison de la baisse du volume de pétrole disponible sur le marché due à la fermeture du détroit d'Ormuz, des atteintes répétées aux capacités de production dans le Golfe et des contraintes sur la circulation dans le détroit) s’est traduite par une forte réaction des cours du baril physique (dated Brent ). Mais depuis le début du mois de juin, les cours du Brent ont fortement reflué et l’écart entre le cours à terme du baril (Brent) et celui du baril physique (dated Brent ) s’est réduit pour deux raisons : 1/ dans un premier temps, la réduction accélérée des stocks OCDE, la baisse des importations chinoises de pétrole et l’amorce d’un retour de la circulation dans le détroit ; 2/ l’annonce, ensuite, de la prolongation du cessez-le-feu et du début des négociations entre les belligérants.
Gaz La réaction du prix du gaz spot en Europe (TTF) à l’accord entre l’Iran et les États-Unis est plus modérée que celle des prix du pétrole. Cela est notamment dû à 1/ la demande européenne qui reste soutenue par la nécessité de reconstituer les stocks, 2/ au temps nécessaire à la remise en production de l’ensemble des installations qui sera plus long pour le gaz (destruction de capacités importantes de production/liquéfaction au Qatar) que pour le pétrole.
Électricité Contrairement à 2022, les prix de gros de l’électricité en Europe sont, pour le moment, orientés à la baisse depuis le déclenchement du conflit. Les prix du gaz restent un déterminant important du prix de l’électricité de gros, mais les progrès dans la décarbonation du mix électrique depuis 2022 et des conditions météorologiques favorables expliquent cette évolution récente. Néanmoins, la vague de chaleur durable que connaît une partie de l’Europe en juin, devrait faire remonter significativement la demande d’électricité et pousser les prix à la hausse.